CHAPITRE SEPTIEME
mense de crédit; le commerce, dès lors, n'a plus connu d'autres limites que celles du monde 1. »
Origine. — On n'est pas d'accord sur l'origine de la lettre de change. Les uns en attribuent l'invention aux Florentins qui, chassés de leur patrie par les gibelins, s'étaient réfugiés en France, où ils auraient commencé le commerce des lettres de change pour tirer de leur pays le principal ou le revenu de leurs biens. — Les autres prétendent que ce furent les juifs qui, chassés de France pour la seconde fois, en 4 1 80, sous Philippe-Auguste, et retirés en Lombardie, auraient eu l'idée première de cette création. Ils se seraient servis de voyageurs et pèlerins étrangers venant en France, en leur remettant des lettres en style concis pour toucher l'argent qu'à leur sortie de France ils avaient confié à leurs amis. Ils auraient ensuite initié à cette industrie les négociants d'Amsterdam, place centrale du commerce, d'où elle se serait répandue dans toute l'Europe, notamment en France.
Cette seconde version paraît préférable, surtout si l'on songe qu'au moyen âge les juifs seuls étaient en possession du commerce. L'usage de la lettre de change, de ce puissant moyen de commerce, n'a pu vraisemblablement être introduit que par ceux-là qui pratiquaient exclusivement les transactions commerciales.
Quoi qu'il en soit et en présence de l'incertitude des faits historiques, il est permis de se demander s'il faut « chercher l'origine des lettres de change ailleurs que dans les progrès heureux du commerce qui a produit la nécessité de balancer les valeurs réciproquement acquises ou déposées entre des négociants éloignés les uns des autres et mutuellement créanciers et débiteurs ? » (Locré, Esprit du Code de commerce.)
Forme. — La lettre de change peut être définie un acte par lequel une personne s'oblige à faire payer à une autre personne, ou à celle qui exercera ses droits, dans un lieu déterminé, une somme dont elle a reçu la valeur.
En voici un modèle :
Paris, le 6 mai 1877.
Au quinze juillet prochain, il vous
plaira payer à M. Bertran
d, négociant à
Bordeaux, ou à son ordre, la somme de
mille francs, valeur reçue
comptant (ou,
suivant le cas, valeur reçue en marchandises ou en compte).