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CHAPITRE III

Après la division du travail, le capital est la plus essentielle condition de la

Définition du capital. — Le capital, ce n'est pas, comme on l'entend trop ordinairement, l'or, l'argent ou les billets : c'est l'ensemble de toutes les choses destinées à aider l'homme dans la production de tout ce qui sert à la satisfaction de ses besoins, c'est-à-dire tout d'abord les avances ou provisions, qui permettent à l'homme de songer à autre chose qu'à sa nourriture de chaque jour; les matériaux indispensables pour la production; les instruments, sans lesquels il ne pourra les utiliser; enfin les connaissances et Y énergie de volonté, dont l'absence paralyserait tout.

Raisons de sa productivité. — La merveilleuse productivité du capital vient de ce qu'il force les agents naturels de féconder, de remplacer le travail de l'homme : c'étaient des forces aveugles, brutales, ennemies même, écrasant sans peine le pauvre roseau que nous sommes ; mais le roseau pensant, plus grand que l'univers qui l'écrase, suivant l'admirable expression de Pascal, a d'abord conquis la matière par la science, puis, grâce au capital, il l'a combattue, subjuguée, vaincue, enchaînée à son service; l'ennemi est devenu un esclave obéissant.

Par exemple, pour moudre le blé, l'homme était réduit à faire tourner une meule à force de bras par des esclaves, des femmes captives , douze personnes étaient employées à ce service dans la maison d'Ulysse; bientôt c'est le vent, une chute d'eau ou la vapeur qui, grâce au capital (ailes de moulin, roues hydrauliques, pistons de machine, etc.), ont pris avantageusement la place du travailleur. Les quarante meules du moulin de Saint-Maur, que vingt hommes suffisent à faire marcher jour et nuit, pourraient moudre le blé nécessaire à soixante-douze mille personnes !

La chaleur du soleil, la lumière, la pluie, ont été employées, grâce au capital (instruments d'agriculture, engrais, semences), à développer au profit de l'homme la vie des végétaux et leur prodigieuse fécondité sur la surface du sol.

C'est le capital encore qui en a fouillé les entrailles, qui a doté l'humanité des deux plus riches présents, peut-être : le fer et la houille, c'est-à-dire une force motrice immense et le plus puissant de nos organes.

C'est grâce au capital (bateaux, navires, voiles, hélices, etc.) que les cours d'eau, les courants de la mer, ont été transformés en routes qui marchent.

C'est grâce au capital (chaudières, arbres de couche, etc.) que l'élasticité de la vapeur, mise au service de l'homme, a transformé l'industrie et le monde.

C'est grâce au capital ( armes, art de la domestication, routes, voitures, charrues, etc.) que la force des animaux est venue relever l'homme de fatigues abrutissantes

C'est grâce au capital, en un mot, que toutes les forces naturelles : gravitation, élasticité, affinité, magnétisme, électricité, calorique, ductilité et malléabilité des métaux, vie végétale et animale, courants de l'atmosphère ou des eaux, sont en quelque sorte devenues les forces mêmes de l'homme, si nu, si faible, si désarmé à l'origine.

Division des capitaux. — Le tableau suivant résume et fait saisir

d'un seul coup d'œil la savante et complète analyse du capital, faite par Adam

Smith

Aliments.

provisions, ir.x

. , , . J Vêtements

ou fonds de consommation

immédiate

j Meubles.

( Maisons d'habitation.

( Machines.

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