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ABYSSINIE

L'Egypte est jusqu'à ce jour à peu près le seul intermédiaire du commerce européen avec l'Abyssinie ou plutôt l'Ethiopie, vaste plateau borné au nord par les possessions égyptiennes, à l'est par la mer Rouge et le détroit de Bab-el-Mandeb, au sud et à l'ouest par les contrées peu explorées qu'occupent les Somaulis et les Gallas. Arrosée par le Nil bleu et le Tacazzé et par d'innombrables torrents qui tarissent dans la saison sèche, jouissant d'un climat plus tempéré que celui de la Nubie, grâce à l'élévation du plateau, l'Abyssinie produit les gommes, l'encens, le café, les céréales, le coton, les graines oléagineuses, les bois de toute espèce, la soie, les laines, la cire, le musc, l'ivoire ; le bétail y est nombreux, et l'on a constaté les traces de mines presque toutes inexploitées; mais la difficulté des communications, les continuelles agitations du pays livré, depuis la mort du négus Théodoros, à une anarchie qu'il n'avait pas imême entièrement domptée de son vivant, les pillages des tribus nomades de la frontière, le peu de besoins des populations rendent le commerce insignifiant. Le principal rendez-vous des caravanes est l'île de Massaouâh, sur la mer Rouge, possession turco-égyptienne dont le climat insalubre force les consuls européens et les marchands à résider pendant huit mois sur le continent (mars à octobre) . Zeïlah, en face d'Aden, sert de débouché à l'Abyssinie méridionale. Les cotonnades, quelques soieries et quelques lainages, la quincaillerie, les armes et les marchandises spéciales au commerce du Soudan (verroterie, etc.) sont les articles qui présentent le plus de chances de succès à l'importation. La majorité du peuple abyssin appartient à la religion chrétienne; beaucoup de marchands sont mahométans ; les langues du commerce sont l'éthiopien et l'arabe.

USAGES COMMEKCIAUX.

Alexandrie. — Le régime douanier et les droits généraux de navigation sont réglés d'après le tarif qui régit nos relations avec la Turquie. Le droit de phare est de 0 fr. 20 par tonne (30 paras par tonmeau turc de 887 kilogr.) jusqu'à 800 tonneaux turcs, de 0 fr. 10 par chaque tonne en sus; le courtage d'affrètement est de 3 % du montant du fret.

Les produits du pays se vendent au comptant; les produits d'importation avec d< s crédits qui varient de trois à huit mois, suivant les articles. La commission est de 2 "„ et le courtage de 1 % pour les articles d'exportation ; les marchandises d'importation déposées chez un consignataire supportent, outre la commission de 2 °/0 et le courtage de 1 %» un droit de consignation de 15 à 16 %, un droit de magasinage do 1 %, etc.

Les lois de change sont les mêmes qu'en France.

Le Caire est le centre des transactions pour les marchandise» européennes destinées à la consommation de la moyenne ei de la haute Egypte, ou à l'exportation dans l'Afrique intérieure, pour les produits égyptiens de la vallée du Nil, et pour les articles importés du Soudan par les caravanes (ivoire, écaille, musc, gommes, cire, plumes d'autruche).

Les marchandises se vendent au kantar, au rottolo et à l'oka; mais ces poids varient suivant la nature de la marchandise.

Des foires importantes ont lieu à Tantah (janvier, avril et août) et à Damanhour.

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