‹ Manuel encyclopédique du commerceChapitre 176 sur 1459 · AFRIQUE. - ÉTATS BARBARESQ UES · texte numérisé non relu

AFRIQUE. - ÉTATS BARBARESQ UES

au nord et la Tunisie à l'ouest, est un pays sablonneux, peu cultivé, sans routes, habité par des populations grossières, à demi nomades et encore imbues de tous les préjugés musulmans. Le pays de Tripoli appartient à la Porte Ottomane. La seule importance de cette région, qui entretient peu de relations avec l'Europe, c'est le transit des produits du Soudan que les caravanes apportent à Mourzouk et à Ghadamès, les deux grands entrepôts situés sur les limites du Sahara, et qui de là se dirigent sur Tripoli et Benghazi, les deux principaux débouchés maritimes. ( Mouvement d'échanges, 30 millions; — Mouvement de la navigation, 400,000 tonneaux.)

Régence de Tunis. — La régence de Tunis (119,000 kil. car.; 2,000.000 d'habit.) doit à la variété de ses productions qui sont analogues à celles de l'Algérie (céréales, laines, huiles, peaux, dattes, bois, éponges, corail, plomb, etc.], ,)ii voisinage de notre grande possession africaine, à l'influence exercée par les idées et les^ mœurs européennes, et à ses relations suivies avec la France, l'Italie, Malte, la Grèce, l'Espagne, l'Angleterre, etc., un mouveme it d'échanges qui varie entre' 35 et 40 millions. Les ports de Tunis (125,000 habitants), de S fax, de Soussa et de Hammamet sont les grands débouchés maritimes. Dans l'intérieur, le manque de routes et l'absence de sécurité au milieu de populations arabes ou berbères qui n'observent pas toujours les ordres du gouvernement tunisien, rendent les opérations commerciales plus que hasardeuses pour les négociants européens. Les principales marchandises d'importation sont les tissus, les armes, ta bijouterie, les bois, les métaux, les sucres, les vins, etc.

Maroc. — L'empire du Maroc (670,000 kil. car.; 5 à 8 millions d'habitants), borné au nord par la Méditerranée et le détroit de Gibraltar, à l'ouest par l'Atlantique, au sud par le Sahara, à l'est par l'Algérie, est mieux arrosé que l'Algérie, jouit d'un climat plus tempéré, et offre une variété de productions de toute espèce non moins remarquable ; mais le manque de routes, le fanatisme, l'anarchie et le brigandage rendent le commerce à peu près impossible dans l'intérieur pour les Européens.

Les principaux ports sont, sur la Méditerranée, Tétouan; sur le détroit de Gibraltar, Tanger, résidence des consuls européens ; sur l'Atlantique, Rabat et Salé, Casablanca, Mazagan; Saffy et Mogador, centres du commerce des laines, des peaux brutes, de la cire et des huiles, qui constituent la majeure partie des exportations. (Mouvement de 500,000 tonneaux.)

Les villes de l'intérieur, Fez, Méquinez, Maroc, Tafîlet, sont les points de départ des caravanes qui font le commerce du Soudan.

Le commerce extérieur du Maroc s'élève à 40 ou 50 millions ; les tissus, les fers et ouvrages en métaux, les soieries, les armes, les sucres, les cafés, sont les principaux objets d'importation. Les exportations consistent en produits naturels du pays, tels que les laines fort employées dans nos fabriques du Midi, la cire, les peaux de chèvre, les dattes, les amandes, les huiles d'olive, ou en produits du Soudan apportés par les caravanes (plumes d'autruche, gommes, etc.).

Presque tout le commerce est entre les mains des juifs, qui, pour la plupart, parlent l'espagnol, la vraie langue commerciale du Maroc. Quelques maisons européennes sont établies à Mogador ou à Casablanca. Les indigènes parlent l'arabe et le berbère.

Page 1