‹ Manuel encyclopédique du commerceChapitre 178 sur 1459 · AFRIQUE. — SAHARA ET SOUDAN · texte numérisé non relu

AFRIQUE. — SAHARA ET SOUDAN

Le commerce du Soudan est encore aujourd'hui entouré de dangers et de difficultés de toute espèce, qui le rendent inaccessible aux Européens, au moins sans intermédiaires. Les brigandages des Touaregs et des Maures nomades, la méfiance des populations contre tout étranger et surtout contre les chrétiens, les dangers sans nombre de la traversée du désert, le prix élevé des transports (145 francs pour 68 journées de Tripoli à Kouka ou à Kanou, pour un chameau portant 160 kilog.), les guerres continuelles qui bouleversent l'Afrique intérieure, les exactions des despotes petits et grands qui s'y disputent l'autorité, feraient désirer que des voies nouvelles s'ouvrissent au commerce soudanien, soit par la Guinée et le cours inférieur du Niger et du Binoué, un de ses affluents, soit par le Sénégal et la vallée supérieure du grand fleuve africain. Les Anglais et ies Français ont déjà fait dans ce sens des tentatives qui ne peuvent manquer d'être renouvelées, et qui offriraient beaucoup plus de garanties de succès que les négociations ouvertes avec les Touaregs voisins de notre frontière algérienne, pour essayer d'établir par leur entremise des relations avec Tombouctou. Le Sénégal, navigable jusqu'à 200 lieues des côtes pour les bâtiments d'un faible tirant d'eau, et séparé de la vallée du Niger par une traversée de quelques jours, est la véritable route du Soudan : il dépend de la France de l'ouvrir au commerce européen.

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