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ROUTES DE L'ASIE MÉRIDIONALE PAR LTSTHME DE SUEZ

ARABIE

(Entre 32° et 57° long, est, 12° et 34° 6' lat. nord. 2,800,000 kilom. carrés. 6 à 8 millions d'habitants.)

L'Arabie, presqu'île aride, montagneuse sur la côte, couverte de steppes ou de plateaux sablonneux dans l'intérieur, habitée par des populations, les unes nomades, les autres sédentaires, mais qui ont conservé tous les préjugés orientaux et tout le fanatisme musulman, doit son importance moins encore à ses productions : fruits (dattes), plantes médicinales, ricin, aloès, séné, manne, plantes tinctoriales, indigo, henné, etc., gommes, aromates, encens et benjoin, cotons, calés si célèbres sous le nom de Mokas, chevaux, laines, plumes d'autruche, perles et corail du golfe Persique, sel gemme, pierres précieuses, etc., qu'à sa situation sur la grande route du commerce de l'Orient, entre la mer Rouge, la mer d'Oman et le golfe Persique, dont elle commande les débouchés.

Les seuls points accessibles au commerce européen sont les ports : sur la mer Rouge., Djeddah, débouché de la Mecque et de Mêdine, dont les pèlerinages et les foires entraînent encore chaque année un mouvement de 160,000 personnes et de 130 millions de francs; Hodeidah, Konfouda et Lohéia, qui ont remplacé pour le commerce des cafés et des aromates le port déchu de Moka, et

qui appartiennent comme Djeddah à la Porte-Ottomane; sur le détroit de Babel-Mandeb, Aden, colonie anglaise, station des lignes de paquebots qui desservent par Suez toutes les routes de l'Orient, port franc et entrepôt du commerce de l'Arabie méridionale, de l'Abyssinie, etc. ; sur la mer d'Oman, à l'entrée du détroit d'Ormuz, et commandant le golfe Persique, Mascate, capitale d'un État dont le souverain a longtemps exercé une influence prépondérante sur le Sud- Est de l'Arabie, le golfe Persique et la côte orientale d'Afrique. Le commerce est libre à Mascate, et n'est soumis pour tout droit de port, de douane, etc., qu'à une taxe uniforme de 5 % de la valeur sur toute marchandise importée. Il n'existe ni prohibitions ni droits de sortie.

Notre commerce avec l'Arabie est insignifiant; cependant nos tissus, notre verrerie, notre quincaillerie, nos armes, nos bougies, nos savons, nos sucres raffinés et même nos farines pourraient y trouver un débouché avantageux, si nous savions lutter pour le bon marché avec l'Angleterre, la Belgique et l'Autriche, dont les produits n'ont pas d'autre supériorité sur les nôtres.

Usages commerciaux. — Il n'existe ni système régulier de poids, mesures et monnaies, ni Gode de commerce, ni tares normales.

Les monnaies européennes d'argent circulent dans toute l'Arabie ; les plus estimées sont la piastre espagnole, la couronne anglaise et surtout la piastre autrichienne à l'effigie de Marie-Thérèse, ou talari.

Voies de communication. — Huit paquebots anglais (Compagnie péninsulaire et orientale) et quatre paquebots français (Messageries maritimes) touchent chaque mois à Aden; le trajet de Marseille à Aden par Suez est de 13 jours; le prix de passage est de 300 fr. en 4e classe, 450 en 3e, 750 en 2e, et 1,000 en 1re par les paquebots fiançais; de 750 fr. (2e classe) et 1,125 ()r* classe) par les paquebots anglais (voie de Brindisi).

L'assurance pour Aden, la mer Rouge et le golfe Persique est de 2 à 3 % pour voiliers (voie du Cap) et de 1 °/0 pour vapeurs (voie de Suez).

Service des postes. — Il n'existe pas de moyens réguliers de correspondance avec l'intérieur de l'Arabie. Les lettres ne peuvent être portées que par les bâtiments de commerce, ou adressées à un intermédiaire résidant à Aden.

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