‹ Manuel encyclopédique du commerceChapitre 203 sur 1459 · ROYAUME DE SIAM · texte numérisé non relu

ROYAUME DE SIAM

Le royaume de Siam, borné au nord par la Chine, à l'est par l'empire annamite et le Cambodge, à l'ouest par l'Indo-Chine anglaise et la Birmanie (800,000 kil. car.; 7,000,000 d'hab.), habité par des populations indolentes, mais qui ne manquent pas d'intelligence, et qui semblent disposées à accepter la civilisation européenne, a pour principal débouché le port de Bang-Kok (500,000 hab.), sur le fleuve Meïnam, qui entretient des relations actives avec la Chine, Singapour, Batavia, l'Angleterre et l'Amérique du Sud (600 navires, 220,000 tonneaux et 75,000,000 d'échanges dont 40 à l'exportation) .

Les principaux articles d'exportation sont le riz, le sucre, la laque, les poissons salés, le poivre noir, le chanvre, le sésame, le benjoin, le coton, les peaux brutes, la gomme gutte, le cardamome, les bois de sapin et de teck, la soie, l'ivoire, la cire et l'étain. Les tissus, la verrerie, la poterie, les armes, les machines, outils ou ouvrages de toute nature en métaux, les vins et spiritueux, l'opium, sont les principaux objets d'importation.

La religion est le boudhisme ; le dialecte national se rapproche du chinois, qui du reste est compris à Bangkok, ainsi que le malais, par tous les commerçants. Le voisinage de notre colonie de Cochinchine et les relations sympathiques qui existent avec le royaume de Siam permettraient à la France de s'assurer sur le marché de Bangkok une place des plus importantes.

(Voiries Annales du commerce extérieur, novembre 1876.)

EMPIRE n'ANNAM.

L'empire d'Annam, borné au nord par la Chine, à l'est par la mer de Chine et le golfe de Tonkin, au sud par les possessions françaises, à l'ouest par le royaume de Siam (510,000 kil. car. 20 à 21 millions d'habitants), est traversé par un des plus beaux fleuves de l'Asie, le Meï-Kong; il joint à toutes les productions du royaume de Siam la houille, le zinc, le cuivre, le fer, etc. Les populations sont plus intelligentes et plus énergiques que la plupart de celles de l'extrême Orient, mais un despotisme énervant, un régime de monopole qui concentre tout le commerce dans les mains du gouvernement rendent le progrès impossible et perpétuent la misère et le brigandage. Les principaux ports sont Tourane, à 8 kil. de Houé, la capitale; Hanoï (150,000 hab.), dans le Ton-kin, sur le Song-Koï, navigable jusqu'aux frontières de Chine, et Quin-Hon, par 13° 50' de latitude nord.

Il n'existe dans l'intérieur aucune sécurité pour les négociants étrangers; les côtes mêmes étaient infestées de pirates; mais la surveillance européenne les a fait à peu près disparaître. — Les exportations consistent en soies, soieries, laques, étain, coton; les importations, en objets manufacturés, vins, pétrole, etc.

BASSE COCHINCH1NE.

La France possède dans T Indo-Chine les six provinces de la basse Gochinchine détachées de l'empire annamite [Saigon, Mytho, Bien-Hoâ, Vinh-long, Chaudôc et Ha-tien (56,250 kil. carrés, 1,560,000 habitants). Elle exerce de plus un protectorat sur le royaume de Cambodge, situé au nord-ouest de nos établissements et possède le groupe des îles Poulo-Condor, à peu de distance des bouches du Meï-Kong.

Cette vaste colonie, située à l'entrée de l'océan Pacifique, arrosée par les branches du Meï-Kong ou rivière du Cambodge, et par les canaux ou arroyos qui les unissent, habitée par une population qui ne demande qu'à exploiter en paix les richesses d'un sol fertile, et par de nombreux émigrants chinois doués de l'activité et du génie mercantile particulier à leur race, assure à la France une des plus belles positions commerciales de l'extrême Orient.

Le climat, brûlant vers la fin de la saison sèche (février et mars), humide et insalubre pendant la mousson du sud-ouest (mai-septembre), est cependant plus supportable que celui du Sénégal et de la Guyane. La principale production est le riz; le coton, le sucre, le tabac, les arachides, l'indigo, le bétel, la canne à sucre, le maïs, réussissent dans toute la basse Cochinchine; le thé, les gommes et les résines, les huiles de coco, les noix d'arec, le poivre, le cardamome, les fruits des tropiques et quelques bois complètent la liste de ses productions végétales. La soie, le poisson d'eau douce, les bœufs, les buffles, les porcs, la volaille, sont les principales richesses animales; les minéraux sont rares; la principale industrie est le travail du bois, où les Annamites excellent.

Les débouchés de la colonie sont le chef-lieu, Saïgon, sur un des bras du Donnai, à 100 kilomètres de la mer; la ville chinoise de Cho-len, l'un des grands marchés du pays, et Mytho, sur les bords du Meï-Kong. Les chefs-lieux de nos six provinces sont en communication par des lignes télégraphiques.

La difficulté des transports par les routes de terre, la piraterie et le brigandage qui, du reste, diminuent chaque jour, et le climat, tels sont les principaux obstacles que nous avons à vaincre; mais les progrès déjà réalisés sont immenses. Le commerce de la colonie montait en 1863 à 20 millions; il dépassait en 1876 80 millions, et les revenus 9e sont élevés de 2 à 9 millions. Il n'existe ni droits d'entrée ni droits de sortie, et le commerce est entièrement libre.

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