‹ Manuel encyclopédique du commerceChapitre 208 sur 1459 · ASIE. — JAPON · texte numérisé non relu

ASIE. — JAPON

et celui des îles Lieou-Kieou, qui dépendent du Japon (384,000 kil. car.; 34

à 35 millions d'hab.). , ,

Aussi fertile et aussi bien cultivé que la Chine, produisant avec une égale abondance les soies, les thés, les épices, le riz, les céréales, le tabac, la canne à sucre, les plantes oléagineuses, le coton, le camphre, la cire végétale, les bois de toute espèce, possédant des mines d'or et d'argent, de cuivre, de houille, de soufre, le Japon est supérieur à la Chine pour la fabrication des laques, des cristaux, des porcelaines, des soieries; sa population intelligente et active montre une 'remarquable aptitude pour nos sciences et nos procédés industriels; malheureusement des idées fausses sur la constitution japonaise ont longtemps prévalu en Europe et présidé à nos premières relations avec le Japon en 4 858. On a cru voir dans le taïcoun résidant à Yédo le véritable souverain du Japon, tandisque la souveraineté de droit appartenait au Mikado, ce prétendu chef spirituel de l'empire qui résidait à Myako (Kioto), et dont le taïcoun n'était que le mandataire. Une puissante aristocratie territoriale dont les membres portent le nom de daïmios, et qui jouit sur ses domaines de tous les droits souverains, .rappelle notre organisation féodale du moyen âge. Ces grands feudataires n'acceptaient nullement l'autorité du taïcoun, qui n'avait pas qualité pour traiter au nom de princes souverains et considérés comme ses égaux. De là les erreurs de la diplomatie européenne et les embarras de notre commerce au Japon.

La révolution qui a renversé le pouvoir du taïcoun n'a pas eu de suites fâcheuses pour le commerce européen, que le gouvernement central et les daïmios sont disposés à admettre dans tous les ports de leur dépendance.

Principaux ports. — Les ports ouverts par les traités sont ceux de Yokohama, Kanagawa et Yédo (600,000 hab.), qui dépendaient directement du taïcoun avant sa chute ; celui d'Osaka, débouché du commerce de Myako, l'ancienne capitale de l'empire, dont les foires n'ont pas d'égales dans l'extrême Orient; eaux de Hiogo et de Neegata, dans l'île de Niphon, ainsi que les précédents; celui de Nagasaki, dans l'île de Kieou-Siou, et celui de Hakodadi, près de Matsmaï, dans l'île d'Yéso (bois de construction, huile de poisson, tripangs, herbes marines, cornes de cerf, soies, soufre).

Commerce extérieur. — Les échanges avec l'Europe et les États-Unis s'élevaient en \ 875 à 260 millions environ, dont 98 pour les soies, les graines de vers à soie, les thés, le cuivre, les laques et les porcelaines, qui forment la presque totalité des exportations japonaises, et 160 millions pour l'importation européenne, qui consiste en cotonnades écrues, taffachelas à raies bleues étroites, brocades, andrinoples, perses et indiennes, draps, serges, velours de coton, couvertures, toiles à voiles, horlogerie, quincaillerie, instruments de précision et de chirurgie, livres, armes, bateaux à vapeur, vins blancs mousseux, liqueurs fines, sucres raffinés, conserves alimentaires, médicaments, etc.

USAGES COMMERCIAUX

Bangkok. — Le port de Bangkok ne peut guère recevoir de bâtiments audessus de 300 tonneaux à cause des vases accumulées à l'embouchure du Meïnam.

Les produits du pays se vendent au comptant, les produits européens à trois mois de de crédit. Le riz et le sésame se vendent au koyan de 1,200 kilogr.; les autres marchandises au picul de 60 kilog., et se facturent en piastres et cents (la piastre = 6 fr. 20).

Régime du commerce en Chine. — Dans toutes les places ouvertes au commerce européen, les loyers et le prix des terrains sont très-élevés; les vivres, au contraire, se maintiennent à des prix modérés. Les relations avec les marchands et la population indigène ont pour intermédiaires des espèces d'intendants, en même temps

courtiers et commissionnaires, nommés meï-pan, ou compradores, qui dirigent les domestiques, achètent et vendent les marchandises, sans avoir toutefois le droit de garantir les marchés, servent d'interprètes et perçoivent sur chaque opération une commission de 2 % environ, qu'ils doublent souvent par des fraudes, en partie prévenues aujourd'hui par l'habitude de ne vendre et de n'acheter qu'au comptant.

Il n'existe en Chine d'autre monnaie légale que la sapèque, formée d'un alliage de cuivre et d'étain, et dont la valeur varie de 0,005 à 0,018. L'or et l'argent ne circulent qu'à l'état de lingots et ne représentent que des valeurs nomina'es et variables, dont l'unité de poids est le taël (37 grammes, 79), divisé en 10 tsien (mace), 100 fen (condarins) et 1000 ly. Le poids et le titre des lingots varient à l'infini, et il est nécessaire de les essayer avant de les recevoir. Le taël au premier degré de fin ou sy-cée représente environ 8 francs. Il existe des essayeurs officiels dans les principaux ports.

Canton. — Les droits de tonnage sont uniformément fixés dans tous les ports chinois ouverts au commerce étranger, à 4 maces (3 fr. 20) par tonneau pour les navires français de 150 tonneaux ou au-dessus; à 1 mace par tonneau (0 fr. 80) pour les navires au-dessous de 150 tonneaux. Les embarcations chinoises affrétées par des négociants étrangers sont exemptes de droits; le droit de tonnage ne doit être acquitté qu'une fois, quel que soit le nombre des ports chinois visités par le navire.

Le droit de pilotage est de 0 fr. 30 par tonneau à Canton.

La commission de vente et d'achat est de 5 %. Tous les articles d'exportation se vendent au picul net mis à bord, les droits de douane ayant été payés par le vendeur. Les remboursements se font par traites sur Londres ou sur Paris à six mois de vue ; la commission de remboursement est de 1 %•

Hong-kong est un port franc, où il n'existe aucun droit de douane ni de navigation. C'est l'entrepôt d'une grande partie du commerce d'importation de la Chine méridionale, et le grand marché financier de l'extrême Orient.

Victoria est le siège du comptoir de la Banque orientale, de la Banque d'Agrah, de la Banque mercantile, etc.; il y existe plusieurs maisons françaises.

Shang-haï. — Le pilotage d'entrée et de sortie se paye 5 taëls par pied de tirant d'eau. (Le taël de Shang-haï égale 7 fr. 00 en moyenne.)

Les ventes et les achats se traiient au comptant (escompte 3 % par jour jusqu'au départ de la malle). La commission d'achat est de 2 1/2 % sur les soies et sur la plupart des autres marchandises; la commission de vente varie de 2 1/2 à 5 %; la commission de négociation pour traites est de 1 °/0. Les prix se cotent en taëls.

Shang-haï est le siège d'agences du Comptoir d'escompte de Paris, de la Banque commerciale des Indes, de la Banque d'Agrah, etc.; les banques indigènes mettent en circulation un grand nombre de bons de caisse payables à dix jours et désignés sous le nom de taëls; mais il ne faut pas les confondre avec la monnaie de compte du même nom.

Han-keou. — Ce port, situé sur le Fleuve-Bleu, à 1,000 kilomètres de la côte, est accessible aux navires de 10 pieds de tirant d'eau, qui peuvent y arriver directement.

Le service du remorquage et de la navigation du Fleuve-Bleu est fait par les vapeurs anglais et américains, qui prélèvent en moyenne un fret de 26 francs par tonneau. Le prix de passage de Shang-haï à Han-keou est de 470 fr., et le voyage dure trois jours.

Le thé, la soie, la rhubarbe, le suif végétal, le tabac, la noix de galle, les bois et les charbons de terre sont les principales marchandises d'exportation. Les affaires se traitent presque toujours au comptant.

Han-keou, ainsi que Shang-haï, est le siège d'une Chambre de commerce européenne.

Yédo (Yokohama), la ville la plus peuplée du Japon et le principal marché pour la soie, le dispute à Nagasaki pour les thés, la cire, etc. Il existe à Kanagawa et à Yokohama plusieurs maisons américaines, anglaises, françaises, suisses et allemandes.

La commission d'achat pour la soie et le thé est de 2 1/2 %; la marchandise est achetée aux risques du commettant jusqu'à l'embarquement; la tare est la tare réelle qui se porte en déduction du prix lors de la vente.

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