‹ Manuel encyclopédique du commerceChapitre 207 sur 1459 · ASIE. — CHINE · texte numérisé non relu

ASIE. — CHINE

Kong (125,000 hab.), aux Anglais (cap. Victoria), la première station des paquebots européens (Messageries et Compagnie anglaise), le siège des grandes maisons anglaises, le centre des entreprises d'émigration et des opérations financières dans l'extrême Orient; la ville chinoise de Canton, sur le Tchukiang ou Tigre de Canton (1,500,000 hab.), principal marché des riz, du thé, des soies, du camphre et des épices de la Chine méridionale, avec son avantport Whampoâ, l'un des entrepôts pour l'importation de l'opium ;

Soua-to (Chan-taou) , Emouï (Amoy) [800,000 hab.], qui se partagent le commerce des sucres, du riz et le monopole de l'émigration des coolies; Kioukiang et Ning-po (120,000 hab.), débouchés des thés verts, du poisson salé, de la cire, etc.; Fou-tclieou-Fou (650,000 hab.), le grand marché des thés noirs; Hang-tcheou (1,200,000 hab.), à la tête du Grand-Canal qui longe sur une étendue de 1,420 kilomètres le littoral chinois; Kiloung, Tamsouï, Ta-Kou et Taïhouan-Fou, dans l'île de Formose ; Ting-Haï, dans l'île de Chusan ;

Shanghaï (300,000 hab.), résidence des consuls européens, siège des principales maisons étrangères, tête de ligne des paquebots français, anglais et américains, entrepôt de l'importation et principal marché des thés, des soies, du coton, des soieries et des porcelaines de Sou-tcheou, etc., (mouvement de 2 millions de tonneaux, sous pavillon étranger) ;

Tchin-Kiang, au-dessous de Nankin, sur le Fleuve-Bleu; Han-keou (Hankao), sur le même fleuve, à 1 ,000 kilomètres de son embouchure, au cœur d'une des régions les plus fertiles de la Chine, l'un des grands marchés du thé, de la soie, du riz, etc.; Tchê-Fou, à l'entrée du golfe de Pé-tché-li; Tien-Tsin (950,000 hab.), sur le Peï-ho, l'un des débouchés du commerce de Pékin, la capitale de l'empire chinois, et Nieou-tcliouang, débouché des produits de la Mandchourie et de la Corée, dont les ports ne sont pas ouverts au commerce européen.

Malgré d'innombrables cours d'eau : Fleuve-Bleu (Yang-tsé-Kiang), Fleuveïaune (Hoang-Ho), Peï-ho, etc., et un système de canalisation qui peut rivaliser avec celui des contrées les plus civilisées de l'Europe, les communications sont difficiles dans l'intérieur. La plupart des routes de terre sont très-imparfaites ; le brigandage désole les plus riches provinces, tandis que la piraterie infeste le littoral; à l'exception de la Chine proprement dite, il n'existe dans la partie occidentale, septentrionale et méridionale de l'empire, que des routes de caravanes dont la plus connue est celle qui conduit de Pékin à Kiachta, entrepôt du commerce avec la Russie, par Kalgan, Ourga et les steppes de la Mongolie.

Commerce extérieur. — Le commerce des ports chinois ouverts aux étrangers s'élevait en 1876 à 2,870,000,000 francs, dont 980,000,000 pour les échanges avec la Grande-Bretagne et ses possessions, 70 à 100 millions pour les États-Unis, 45 millions pour le Japon, 80 pour la France, et le reste réparti entre le cabotage des ports chinois et le commerce avec les villes hanséatiques, la Prusse, l'Autriche, l'Italie, la Hollande, etc.

Le commerce avec la Russie par Kiachta s'élève à 60 ou 80 millions; il consiste, à l'exportation, en thés dits de caravane, soies, porcelaines, etc.; àl'importation, en tissus et pelleteries.

Dans les échanges par voie de mer, les soies, le thé, le coton, le riz, la cannelle, les épices, la cire, les plantes médicinales (rhubarbe, etc.), la noix de galle, le musc, le safran, jouent le principal rôle à l'exportation; quant aux marchandises importées, sans compter l'opium qui figure pour la somme énorme de 260 millions, les plus recherchées sont les draps, les étoffes dites Ca-

melots, Brocades, Drills, Damas, Spanisli stripes, Lustrings et Lastings à dessins ou unies, et de couleur écarlate, noire, bleu foncé, pourpre ; Velveteens, CIoIIls, Long-ells, etc., les mouchoirs de coton, les velours de coton, les popelines, les mousselines grises, les parapluies de soie et de coton, les passementeries et les rubans de soie, de laine et de coton, les objets de lingerie cousus, les montres, les horloges, les boîtes à musique, la bijouterie, le corail brut, les verres à vitre, la poterie et les cristaux, la mercerie, les aiguilles à coudre, les machines et mécaniques, les outils, la bimbeloterie, les armes, les vins et spiritueux, etc.

L'Angleterre a presque le monopole des importations, où nous ne figurons que pour quelques millions. Cette infériorité ne saurait subsister aujourd'hui que des lignes de navigation régulières nous rattachent à l'extrême Orient, que des traités nous ouvrent les ports et l'intérieur de l'empire aux mômes titres qu'aux Anglais, et que le nom de la France et les produits de son industrie sont connus et appréciés sur le marché chinois.

État social. — Il faut seulement, pour réussir dans le commerce de la Chine, s'instruire avec cette minutieuse exactitude qui fait le succès du commerçant anglais, des goûts et des usages de la population, au lieu de prétendre lui imposer les nôtres, respecter les coutumes et même les préjugés d'un pays dont la civilisation, bien qu'inférieure à la nôtre, est après tout une des plus anciennes du globe, et se persuader que le Chinois n'est pas un sauvage facile à tromper, mais un des commerçants les plus habiles, les plus rusés et les plus actifs qui existent dans le monde. Étranger du reste au fanatisme religieux si redoutable dans certaines contrées de l'Orient, moins convaincu peut-être de sa supériorité sur les barbares d'Occident que ne le ferait supposer le langage officiel, n'ayant d'autre souci que le gain et les préoccupations de la vie matérielle, le Chinois accueille avec avidité toute occasion de bénéfice, et ne se montre d'ordinaire inhospitalier ou déloyal que par représailles.

La langue est une des difficultés que rencontre l'Européen; cependant la connaissance de l'anglais se répand de plus en plus dans les villes de la côte, et presque tous les négociants et les marins des ports ouverts aux étrangers parlent une sorte de patois à demi anglais, à demi chinois, qui se nomme le pitsch-english, et qui s'est formé dans des circonstances analogues à celles où naquit autrefois la langue franque des Échelles du Levant.

Les relations de la France et de l'Angleterre avec l'empire chinois ont été réglées parles traités de 1858 et 1 860, qui ont stipulé l'ouverture des principaux ports, le libre exercice des cultes chrétiens, la liberté de commerce, de résidence et de circulation pour les Européens dans les places ouvertes et l'autorisation de voyager dans l'intérieur avec un passe -port délivré par les consuls et les autorités chinoises, la présence à Pékin et dans les grandes places de commerce de ministres et de consuls, et l'abolition de toutes les prohibitions, monopoles et privilèges commerciaux.

Situation et productions. — Le Japon, situé entre 29° et 48° de lat nord, 426° et 150° de long, est, et séparé de la Chine par la mer du Japon, se compose d'un groupe d'îles volcaniques dont les principales sont, du sud au nord : Kieou-Siou, Sikhofk, Niplwn et Yéso, sans compter l'archipel des Kouriles

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