AMÉRIQUE. — ÉTATS-UNIS
soit par le système des canaux de Pensylvanie qui aboutissent à Philadelphie et à Baltimore, soit enfin par les chemins de fer qui se dirigent des principales villes de la région des lacs vers tous les ports de l'Atlantique;
2° La route du Mississipi à l'océan Atlantique, soit par le réseau de voies ferrées qui partent de Memphis, sur le Mississipi et aboutissent à Savannah, Charleston, Wilmington et Richmond, sur le littoral de l'Atlantique; soit par les chemins de fer qui conduisent de Saint-Louis (230,000 hab.), dans le Missouri, le point central de la navigation du Mississipi, à Philadelphie et à New-York; soit par les canaux qui rattachent les ports de l'Ohio (Louisville, Cincinnati et Pittsbourg) au système des canaux de Pensylvanie et de New-York et aux ports des grands lacs.
3° La route de transit de l'océan Pacifique à l'océan Atlantique par les voies ferrées de New- York à San-Francisco, par Chicago, et de Saint-Louis à Santa-Fé (Nouveau-Mexique, ligne en construction), traversant les grandes prairies de l'Ouest et les montagnes Rocheuses.
Commerce. — Le commerce extérieur des États-Unis s'est relevé du coup que lui avaient porté la guerre de la sécession et la perturbation profonde que la brusque abolition de l'esclavage, l'augmentation de la dette publique, la suspension de la production cotonnière avaient jetée dans toutes leurs relations, Les échanges, en 4875-76, ont dépassé 5,600,000,000 ; la France y figure pour environ 500 millions.
Les principales marchandises que nous tirons des États-Unis sont les cotons, les tabacs, les huiles de pétrole, les potasses, les merrains de chêne et bois de construction, les graisses de toute sorte, les peaux brutes, les produits' de te pêche (huiles de poisson, fanons de baleine, éponges, écailles de tortue, etc.), les alcools, les peaux brutes et pelleteries, les laines, les viandes salées, les houblons, les résines, les sucres bruts, les cafés des entrepôts de New-York et de la Nouvelle-Orléans, les matières tinctoriales (quercitron, etc.), les chapeaux de paille et d'écorce, les goudrons, la cire, les bâtiments de mer en bois, et les machines ou mécaniques.
Nous renvoyons en échange des soieries, des lainages, des toiles, des vins, des fruits, des huiles, des eaux-de-vie, des poissons marines, des gommes, des fromages, des produits chimiques et pharmaceutiques, des matières tinctoriales, des vêtements confectionnés, de la ganterie, quelques cotonnades, de la mercerie, de la parfumerie, des ouvrages en cuir, de la verrerie et des porcelaines, des meubles, des instruments de musique, des modes et articles de Paris, des savons, de la coutellerie, et en général des produits de luxe étrangers à la fabrication américaine.
État social. — Nous n'avons pas la prétention d'offrir ici le tableau de la situation économique et sociale des États-Unis. La grande république transatlantique a tous les avantages et tous les inconvénients d'une société qui se forme et qui emprunte ses éléments aux races les plus diverses : une activité dévorante, une part immense de liberté, d'initiative et de responsabilité laissée à l'individu, une profonde intelligence des bienfaits de l'association, une confiance illimitée dans les ressources du crédit, mais aussi une effervescence de spéculation, une âpreté d'égoïsme, et parfois une brutalité de mœurs qui s'explique dans une société si étrangement composée, et où chacun doit conquérir sa place par la lutte et par le travail personnel.
Les États-Unis traversent une crise qui n'est pas terminée : reconstitution politique, substitution du travail libre au travail des esclaves dans les plantations du Sud, émancipation et éducation morale des populations de couleur à qui l'abo-
lition de l'esclavage n'a donné que la liberté matérielle, tels sont les problèmes qui leur restent à résoudre; mais, quelle qu'en soit l'issue, les États-Unis n'onj. pas d'intérêts sérieux et durables contraires à ceux de la France; les produits de leur sol et de leurs mines nous sont nécessaires, et si les objets manufacturés de consommation générale ont peu de chances de succès sur le marché américain, en présence de la concurrence nationale et d'un régime protectionniste des plus sévères, les produits de nos industries de luxe resteront longtemps encore sans rivaux de l'autre côté de l'Atlantique, où l'on se préoccupe moins de faire bien que de faire vite, et indispensables à une société où la richesse développe l'amour des jouissances.