BAUMES
(Anglais, Ralsam; allem., Ralsam; esp. ital., etportug., Balsamo.) On donne dans le commerce le nom de baumes à des substances résineuses qui ont la propriété de s'épaissir à l'air, et qui exhalent, quand on les chauffe, une odeur aromatique. Les variétés les plus importantes sont :
1° Le benjoin qui provient du styrax benzoïn, arbre originaire des îles de la Sonde et de l'Indo-Chine, mais acclimaté aux Indes, au Brésil, aux Antilles, etc. On l'emploie dans la parfumerie et la médecine. La variété la plus estimée est le benjoin en larmes de Siam et de Sumatra, qui arrive rarement en Europe, et qui circule en caisses de 50 kilogrammes hermétiquement fermées; puis viennent le benjoin amande, qui présente, au milieu d'une sorte de pâte brune, des larmes
oblongues et d'une odeur fine et suave; le benjoin en sorte plus foncé, d'une saveur acre, et aggloméré en masses compactes, enfin le benjoin commun môle de terre et de corps étrangers. Ces benjoins circulent en caisses d'un bois rouge de 60 à 65 kilogrammes, et se vendent au Havre et à Marseille de 2 fr. 50 à 4 3 francs le kilogramme, suivant la qualité : tare nette, et à U mois de terme (Havre). Ils sont exempts de droits d'entrée;
2° Le baume de Tolu, de Carthagène ou de San-Thomé, nous vient de la Colombie et du Pérou sous la forme d'une pâte molle, d'un jaune doré, d'une odeur ambrée, se durcissant rapidement à l'air, et renfermée dans des calebasses, dans des caisses, ou dans des bouteilles de terre cuite. U se vend au poids net de 4 0à 4 8 fr. le kil. (4 mois de terme au Havre). On l'emploie dans la pharmacie;
3° Le baume du Pérou, distingué en blanc, rouge et noir, les deux derniers de qualités inférieures, nous arrive avec le même emballage que le baume de Tolu, et se vend également au poids net (42 à 46 francs le kilogramme). On le falsifie souvent avec du benjoin, de l'alcool, etc.;
4° Le baume de la Mecque, appelé aussi baume de Judée, de Constantinople, d'Egypte, etc., est une véritable térébenthine, liquide, d'un blanc laiteux, d'une odeur agréable et d'une saveur amère, qui nous arrive par Marseille, soit en calebasses, soit en bouteilles delà contenance d'un kilogramme environ. Le baume de qualité supérieure (baume de Judée) est extrêmement rare et se vend de 40 à 50 fr. le kilogramme. Le baume de qualité secondaire que l'on falsifie souvent avec la térébenthine, le baume du Canada, etc., se vend de 4 5 à 35 fr. le kilogr.;
5° Le baume de Copahu est une résine extraite, par incision ou par infusion, ducopaïva qui pousse dans l'Amérique du Sud et aux Antilles. Cette résine d'apparence huileuse, de couleur jaunâtre, de saveur acre et amère, nous arrive du Brésil en barils, de Cayenne et de Caracas en vases de terre. Elle doit, si «lie est pure, se dissoudre entièrement dans un mélange de quatre parties d'alcool pour une partie d'éther sulfurique rectifié, et se solidifier si l'on y mêle de la magnésie calcinée dans la proportion d'un gramme pour 30 grammes de baume. Le baume de Copahu, très-employé en médecine, se vend au Havre, à Nantes, à Bordeaux et à Marseille, tare nette, de 3 à 5 francs le kilogramme;
6° Le storax solide, appelé aussi storax sec, ou storax calamité, parce qu'on l'enveloppait autrefois dans des feuilles de roseaux, est la résine du styrax, arbre originaire de l'orient et du midi de l'Europe. Le meilleur, connu sous le nom de storax en larmes, circule en morceaux de forme irrégulière, de couleur brune, qui brûlent avec une flamme brillante, et s'amollissent quand on les serre quelque temps dans la main. Le storax en masses est une sorte inférieure, friable et toujours mêlée de corps étrangers. Le prix moyen est de 2 à 3 fr. le kilogramme. Le storax entre dans la composition des pastilles dites du sérail;
7° Le storax liquide provient soit du styrax oriental, soit du Liquidambar de Je. va et du Mexique. Il a la consistance de la glu et une couleur verdâtre ou noirâtre. On le vend de 4 à 2 fr. le kilogramme.
Régime douanier. — Le benjoin est exempt; les autres baumes sont taxés à 10 fr. les 100 kilog. (décimes et 4 °/0 compris); des entrepôts, 16 fr. (Tarif de 1878.)