ET II ERS
Les éthers sont le produit de la distillation d'un acide mêlé avec de l'alcool.
Les seuls qui reçoivent en pharmacie, dans les opérations chimiques et dans la photographie où ils servent à la préparation du collodion, d'importantes applications industrielles, sont l'éther acétique (4 à 5 fr. le kilog.), et l'éther sulfurique, qui s'obtient par la distillation de 5 parties d'alcool mélangé à 9 parties d'acide sulfurique. C'est un liquide incolore, d'une extrême volatilité et d'une odeur pénétrante, mais agréable, qui circule dans le commerce en flacons bouchés à l'émeri et recouverts de peau. L'éther du commerce se vend ordinairement à 56°,60°, 62° et 65° (2f,80 à 3f,90 le kilog.). Lille, Paris et Marseille sont les principaux marchés.
Régime douanier. — Régime des produits chimiques non dénommés, 5 °/0dela valeur.
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FECULES.
(Anglais, Starch; allem., Starke; espag., Fecula; ital., Amito.)
On peut extraire des fécules d'un très-grand nombre de végétaux ; mais les plus répandues dans le commerce sont :
4 ° Les fécules de céréales, plus connues sous le nom d'amidon. L'amidon fin, extrait du froment et destiné à la droguerie ou à la parfumerie, est blanc, fendillé en aiguilles régulières, inodore, insipide, et crie sous le doigt quand on le presse. (Prix variable de 60 à 90 fr. les 4 00 kilog., suivant le prix du blé.) L'amidon commun a moins de finesse au toucher; sa couleur est moins nette et le craquement sous le doigt moins sensible ; on l'emploie dans la blanchisserie comme empois, dans la fabrication de la colle de pâte pour relieurs, etc. Son prix est inférieur de 40 à 60 % à celui de l'amidon fin. Les amidons circulent en pains de 1/2 à 2 kilog. et se vendent au poids net;
2° Les fécules de pommes de terre, les plus répandues des fécules alimentaires, blanches, insipides et inodores comme l'amidon, offrent des grains beaucoup plus développés ; on les distingue en fécules sèches contenant moins de 20 % de leur poids d'eau, et fécules vertes, dont la valeur est toujours inférieure d'un tiers, et qui se reconnaissent facilement au toucher et à l'absence de craquement quand on les presse. Les fécules de pommes de terre s'expédient en sacs ou en barils, et se vendent ordinairement au comptant avec 2 % d'escompte, toile à rendre pour les fécules vertes, toile perdue pour les fécules sèches (30 à 60 fr. les 4 00 kilog., fécules sèches; 47 à 30 fr., fécules vertes, suivant l'abondance des récoltes et la qualité, poids brut en sacs, tare nette £n fûts) ;
3° Les fécules de Manioc nous arrivent sous forme de tapioka en grumeaux durs, plus ou moins réguliers et de couleur blanchâtre, obtenus par la torréfaction de la fécule. On imite le tapioka en faisant griller, sur des planches de cuivre chauffées, de la fécule de pomme de terre ; mais les grains s'écrasent facilement et sont plus arrondis que ceux du vrai tapioka.
Celui-ci nous vient surtout du Brésil et du Mexique en barils de 50 kilog., et se vend tare nette aux 100 kilog. (40 à 4 40 fr. les 4 00 kilog., suivant qualité.) Le plus estimé est celui de Rio-Janeiro ;
4° La fécule de palmier sagoutier ou sagou, en grains arrondis, très- durs et d'un assez fort volume, roux ou blanchâtres, nous arrive de l'Inde ou de l'Indo- Chine. Elle se vend en sacs de toile avec 2 % de tare; en fûts, tare nette, de 45 à 70 fr. les 4 00 kilogrammes ;
5° La fécule de Maranla ou Arrow-root, blanche, fine et floconneuse, nous arrive de l'Inde, de Sierra-Leone, du Brésil, des Antilles et des Bermudes, en caisses de contenances variables, et se vend au kilog., tare nette (40 à 75 cent, le kilogramme).
Falsifications. — L'une des plus fréquentes consiste dans l'addition de plâtre, de craie ou autres poudres calcaires. Si l'on délaye dans l'eau la fécule suspecte, les poudres calcaires plus pesantes tomberont les premières au fond du vase, et il sera facile d'en constater la nature. L'effervescence au contact d'un acide trahit la présence de la craie; enfin l'addition de fécule de pommes de terre aux fécules exotiques de manioc et d'arrowroot se reconnaît à l'insolubilité de cette fécule dans l'eau froide où les deux autres se dissolvent aisément. La coloration des fécules par l'iode est un des moyens les plus sûrs
FER. 487
de constater les fraudes. La couleur violacée indique la présence de l'amidon, et la nuance grise celle de la fécule de pomme de terre.
Régime douanier. — Fécules indigènes, 1 fr. 20; amidon de froment, 2 fr. par 101) kil.; fécules exotiques, 0 fr. des pays hors d'Europe (tarif général de 1878).
FER
[Anglais, Iron; allem., Eisen; espag., Hierro; ital., Ferro; suédois, Iern ; russe, Schleso.)
Le fer, le plus répandu et le plus important des métaux usuels, est ductile, malléable, d'une ténacité supérieure à celle de tous les autres métaux ; il s'oxyde facilement et ne fond qu'à 150° du pyromètre; son poids spécifique est 7,8.
Minerais. — Les minerais de fer les plus répandus dans l'industrie sont les oxydes et les carbonates. Les plus riches sont les minerais de fer oxydulé ou magnétique qui contiennent au titre pur jusqu'à 72 p. 4 00 de fer (Suède, États- Unis, Canada, Sibérie, fardaigne,Mokta-el-Hadid, près de Bône: gangue siliceuse).
Le fer oligiste (île d'Elbe, Espagne : gangue siliceuse, 70% de fer à l'état pur);
Le fer oxydé rouge ou hématite rouge (États-Unis, etc.: gangue argileuse) qui contient au titre pur jusqu'à 69 °/0 de fer;
L'hématite brune (France, région des Pyrénées, Périgord, etc. gangue argileuse, 63 °/0 de fer à l'état pur) ;
La lïmonile ou oxyde de fer hydraté en roches, (59 % de fer: gangue argileuse, France, Belgique, etc.);
Les minerais en grains {fer oxydé, hydraté, pisi forme), très-abondants en France (Champagne, Franche-Comté, Jura, Vienne, Cher, Dordogne, Charente), 59 à 60 %: gangue argileuse;
Les minerais oolithiques hydratés (Allemagne et France, Isère, Aveyron, Ardèche, Saône-et-Loire, Ain, Doubs, Jura), 55 à 59 % : gangue calcaire ;
Les carbonates de fer cristallisés (Styrie et Carinthie, Prusse rhénane, France: Isère et Savoie); gangue quartzeuse ou calcaire, 50 % de fer pur;
Les carbonates de fer terreux (Angleterre, France : Alais et Aubin, 30 à 40 °/o), qui se trouvent surtout dans les terrains houillers.
La chamoisite ou hydro- silicate de fer (Suisse: Valais), 44 °/0 de fer.
Les minerais de fer ne circulent dans le commerce qu'après avoir subi les préparations qui les rendent propres à la fusion : triage, lavage, grillage, etc. La commission des valeurs attribue aux minerais que nous recevons de l'étranger une valeur moyenne de 2 fr. le quintal métrique.
Fontes. (Angl., Piglron; allem., Roheisen,Gusseisen). — Le minerai fondu dans un haut-fourneau que l'on chauffe au coke, à l'anthracite ou au bois, et combiné avec le carbone dans une proportion variable de 1 \/l à 6 %, prend le nom de fonte. On distingue les fontes : 4° d'après la couleur de la cassure, en fontes grises, qui se prêtent au travail de la lime ou du tour; fontes blanches, dures, fragiles et impossibles à travailler, et fontes traitées ou semées de points gris sur fonds blancs, qui sont mixtes entre la première et la deuxième catégorie;
2° D'après la destination, en fontes d'affinage ou fontes a fer blanches, truitées ou gris clair, qui circulent à nu en gueuses de poids variables, et dont les plus estimées proviennent des usines d'Ecosse et du Staffordshire (fontes au coke), du Pays de Galles (fontes à l'anthracite), de la Suède (fontes au bois), du Canada (idem), de Styrie et de Carinthie (fontes aciéreusesaubois) et de nos usines françaises de Champagne (Saint-Dizier), de Franche-Comté, du Dauphinc, du Berry, etc. (fontes au bois, mixtes et au coke). Prix moyen d'après la commission
DICTIONNAIRE DES MARCHANDISES
des valeurs, en 1866, 11 fr. le quintal, et 1 4 fr. pour les fontes aciéreuses de Styrie; en 1867 et 1868, 10 fr. le quintal et 13 fr. pour les fontes aciéreuses de Styrie; en 1876, 8 fr. 50 le quintal pour les lontes en masses étrangères, et 9 fr. pour les fontes françaises.
Fontes de moulage de 'première fusion que l'on verse immédiatement dans le moule au sortir du haut-fourneau (fontes gris clair, au bois ou mixtes pour poterie, statues et objets d'ornement, plaques, colonnes, projectiles, etc : 20 fr. le quintal, moulé, non tourné ni poli), ou de seconde fusion, que l'on a refondues dans des cubilots, pour éliminer les matières étrangères, silicium, soufre, etc. ( fontes grises au coke, dont les plus estimées sont celles d'Ecosse et du pays de Galles, ou au bois, provenant de Champagne, du Berry, des Charentes, de Franche-Comté, pour machines, ponts, canons, etc.)
Fers. — Le fer marchand n'est autre chose que de la fonte plus ou moins décarburee. Cette opération, qui porte le nom d'affinage, s'exécute soit dans des foyers à tuyères chauffés au charbon de bois, soit dans des fours chauffés à la houille et désignés sous le nom de fours à puddler.
Les fers se divisent : 1° d'après leur qualité, en fers aciëreux, fers tendres ou fers a grains, peu ductiles, cassant à froid, faciles à souder et à travailler à chaud (cassure fine, brillante, blanche ou gris clair) ; fers forts, durs ou doux difficiles à fondre, ductiles à froid et a chaud, pliant sans rompre, pour tréûlerie carrosserie, clouterie, fers de maréchal (cassure blanche ou grise, moins serrée que la précédente) ; fers métis, qui tiennent le milieu entre les deux premières catégories ; fers rouverains faciles à travailler à froid, cassant à chaud, pour rails, constructions en fer, etc. (cassure terne grisâtre ou rougeàtre; ces fers contiennent un excès de cuivre ou de soufre); fers brûlés, cassant à chaud et à froid, et dont la cassure est brillante et bleuâtre (insuffisance de carbone) ;
2° D'après le mode de fusion, en fers à la houille (fers au coke,' fers puddlés), fers au bois et fers mixtes, c'est-à-dire provenant de fonte au'bois affinée au coke. La valeur commerciale des fers au bois est toujours supérieure de 10 à 20 % à celle des fers mixtes, et de 5 à 10 % à celle des fers à la houille. Les fers affinés directement par la méthode corse et catalane deviennent de plus en plus rares ;
3" D'après la façon, en fers martelés ou étirés au marteau, en barres carrées de 15 à 180 millimètres de côté, et barres plates de 12 millimètres à 80 millimètres d'épaisseur sur 30 à 150 de largeur.
Fers martelés et laminés en verges carrées de 6 à 20 millimètres de côté pour clouterie fine, bandelettes de 15 à 40 millimètres de large sur 5 à 7 d'épaisseur, fers plats pour bandages de roues de 25 à 80 sur 14 à 28, et fers ronds de 6 à 32 millimètres de diamètre pour clouterie, machines, etc. Les deux premières variétés appartiennent à la catégorie des fers au bois ou des fers mixtes.
Fers laminés carrés de 6 à 108 millimètres de côté, ronds de 6 à 110 millimètres de diamètre, plats de 20 à 165 millimètres de largeur sur 4 1/2 à 40 d'épaisseur : Rails de tous échantillons, et fers à T ou double T pour bâtiments.
Fers corroyés laminés provenant de morceaux de barres plates déjà laminées, réchauffées et soudées par un second laminage.
Tôles provenant du laminage de fers au bois ébauchés au marteau et corroyés, ou de fers puddlés ayant subi un ou plusieurs corroyages et se divisant en tôles minces pour ustensiles de ménage, tôles moyennes pour fumisterie, et tôles fortes pour chaudières, constructions navales, etc. (échantillons ordinaires,
FER
longueur, 1 m,20 à 2"\90; largeur, 0"\31 0 à \ "\095 ; épaisseur, 0m,00030 à 0",01 0) . On distingue aussi les tôles fines, les fers noirs polis pour la fabrication du fer-blanc, et les tôles décapées pour la fabrication des boutons, etc.
Fers de tréfilerie ou fils die fer distingués dans le commerce par des numéros qui correspondent à la finesse et qui indiquent, de 1 à 1 1, une différence d'un dixième de millimètre de diamètre pour chaque numéro (0"\0006 à Om,OOI6); de 12 à 15, une différence de deux dixièmes (0m,0016 à 0"\0024); de 16 à 17, une différence de trois dixièmes (0m,0027 à 0m,0030); de 18 à 24, une différence de cinq dixièmes (0m,0034 à 0m,0064); de 25 à 30, une différence de six dixièmes de millimètre (0nî,0070 à 0m,0100). On fabrique des fils au-dessous du n° 1 désignés par les nos 0, 00, etc.
Enfin, fer-blanc {ail. Weissblech, angl. Tin Plate) ou fer étamé qui se divise, suivant le poids et l'épaisseur, en fer-blanc fort ou mince, et, suivant la qualité de l'étain employé, en brillant ou terne. Le commerce emploie, pour distinguer les diverses qualités de fer-blanc, des marques dont nous indiquons les plus importantes * :
NOMBRE