CALORIQUE, EN CALORIES
d'apr. M . Regnault.
Fours à chaux, fonderies, industries métallurgiques (Hts- ; fourneaux).
Industries métallurgiques ; fours à chaux ; chauffage do
: rnestique.
Métallurgie (Hauts- Four- 1 neauxj ; forges, chauffage domestique, etc.
Forges, feux de maréchaux; fabrication du coke, etc.
Chaudières à vapeur, usines à gaz, fours à puddler, fours à coke, chauffage domestique, etc.
Chauffage domestique, fours à chaux et à briques, chaudières, etc.
Fours à chaux, chaudières, chauffage domestique.
518 DICTIONNAIRE DES MARCHANDISES
(pérat du bassin de la Loire), moyens (chapelet ou grêle du bassin de la Loire), gaillette et gailletterie du bassin du Nord), menus ou fins.
Le coke est le produit de la distillation de la houille en vases clos ou de sa combustion incomplète : c'est du charbon de houille. 11 s'allume plus difficilement que la houille, mais donne plus de chaleur et ne dégage pas de fumée. La qualité dépend du degré de consistance et de la proportion des cendres. Si elle dépasse '10 %, le coke cesse d'être propre à la grille; jusqu'à 20 %, on peut l'employer dans les hauts-fourneaux. Les houilles grasses maréchales et les houilles grasses à courte flamme sont les plus propres à la fabrication du coke. Le coke de four est supérieur à celui des usines à gaz et pèse 8 à 10 kilogr. de plus par hectolitre.
Depuis quelques années, les perfectionnements apportés à la fabrication des appareils furnivores, et le développement d'une industrie nouvelle, la préparation des charbons agglomérés, briquettes ou patent fuel, a permis de remplacer presque entièrement le coke par la houille dans la consommation des chemins de fer.
Le principe sur lequel repose la fabrication des charbons agglomérés est le mélange des houilles grasses avec les houilles maigres (anthraciteuses), ou des menus et poussier de houille avec le résidu goudronneux de la distillation du gaz. Ce mélange, soumis à une forte pression et souvent môme chauffé pour obtenir plus de dureté, est façonné en briquettes qui offrent le double avantage d'occuper moins d'espace, grâce à leur forme régulière, et de dégager plus de chaleur à volume égal; aussi les chemins de fer et la navigation à vapeur ont-ils adopté avec empressement ce nouveau combustible. Le patent fuel anglais s'exporte par Liverpool, Swansea et Newcastle.
Le charbon de Paris et le charbon de Bordeaux, dont l'usage s'est répandu rapidement dans l'économie domestique, se fabriquent par des procédés analogues; mais le menu de houille est remplacé par du poussier de charbon de bois et par des déchets de carbonisation.
La houille et le coke circulent sans emballage et se vendent au poids net par 100 et 1,000 kilogrammes ou à l'hectolitre. L'hectolitre comble pèse un quintal métrique, et 4 hectolitres combles sont regardés comme équivalant à 5 hectolitres ras. A Paris, l'hectolitre ras pèse 77 à 78 kilogr. La densité varie du reste suivant la proportion de carbone et la sécheresse plus ou moins grande du combustible. En Angleterre, les charbons, cokes et patent fuel se vendent à la tonne de 2,240 livres anglaises.
On comprend qu'il est difficile d'évaluer exactement le prix de la houille, qui varie avec le mode de transport, la qualité, l'éloignement des centres de production et du lieu de vente et l'activité de la consommation.
En 1868, la commission des valeurs fixait le prix moyen de la houille importée à 1 fr. 78 le quintal, celui du coke à 2 fr. 23; le prix de la houille de production française à 1 fr. 15 le quintal et du coke à 2 fr. 50. Ces derniers prix sont les mêiïies qu'en 1867 et 1866; en 1876, le prix des houilles d'importation étrangère s'élevait à 2 fr. 14, ce!u4 du coke à 3 fr. 01, celui des houilles françaises à \ fr. 60. La tonne de gros était cotée en avril 1878, de 27 à 36 fr.
Régime douanier. — Par mer et par terre, 12 cent, les 100 kilogr. (houille et coke). Par les départements des Ardennes et de Meurthe-et-Moselle, 10 cent. Cendres de houille, 1 cent, les 100 kilogr.
Produits de la houille. — Outre ses usages directs comme combustible , la houille fournit à l'industrie une foule de produits secondaires, dont les appli-
cations se muliiplient tous les jours. Au premier rang se place le gaz d'éclairage (hydrogène carburé), obtenu par la distillation de la houille en vases clos, et que la Compagnie parisienne livre aux particuliers à raison de 30 c. le mètre cube (la Ville ne le paye que '17 c).
Les résidus de cette distillation sont des sels ammoniacaux ; du goudron (coaltar), qui s'emploie aux mêmes usages que le goudron végétal, et qui, après avoir subi une seconde distillation, sert, sous le nom de brai gras minerai ou bitume artificiel, au dallage des trottoirs et des caves, à la fabrication des cartons bitumés, etc.; des huiles essentielles désignées sous le nom général d'essences de houille : les unes moins denses que l'eau, et qui, rectifiées, prennent le nom de benzine, et l'aspect d'un liquide incolore, d'odeur forte, dé saveur amère, d'une extrême volatilité, employé au dégraissage des étoffes ; les autres plus pesantes que l'eau, très-in(lammables, et d'un maniement assez dangereux, qui servent à l'éclairage sous le nom de photogêne, d'huile de paraffine, d'huile minérale, etc., et que l'on a employées avec succès pour la conservation du bois et même pour la fabrication de certains vernis. Ces huiles s'extrayent également par distillation du lignite bitumineux, dont le produit le plus important est la paraffine, substance blanche, transparente, et avec laquelle on fabrique des bougies supérieures aux bougies stéariques.
Ces divers produits fournissent à leur tour à l'industrie et au commerce des composés dont le nombre augmente rapidement : la benzine, traitée par l'acide nitrique, donne la nitro-benzine ou essence de Mirbane, qui remplace souvent dans la parfumerie l'essence d'amandes amères; la nitro-benzine, soumise à l'action de l'hydrogène naissant, se transforme en aniline, liquide incolore, d'une odeur forte et aromatique, dont les diverses combinaisons jouent dans la teinture un rôle des plus importants ; enfin X acide picrique, qui fournit l'une de nos plus belles teintures jaunes, elYacide phénique, considéré comme un antiseptique des plus puissants, sont également des produits indirects de la distillation de la houille.
Le goudron de houille et le brai gras minéral se vendent au poids brut, en gonnes et barriques comme le goudron végétal (25 à 30 fr. les 1.00 kil).
L'essence de houille se vend, tare nette, 45 à 75 fr. les 100 kil., et circule en barriques de diverses contenances :
La benzine en bombonnes et vases de diverses formes hermétiquement bouchés, I fr. 05 à 1 fr. 50 le litre, suivant le degré de pureté;
La paraffine blanche du commerce, 1 fr. 50 à 3 fr. le kil.;
La nitro-benzine, 4 à 6 fr. le kil.;
L'acide picrique en cristaux, 5 à 7 fr. le kil.
Régime douanier. — Goudron de houille, exempt. Essences de houille et autres produits de la distillation de la houille. Exempts.