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MASTIC

Le mastic est une résine d'un jaune pâle qui découle par incision d'une variété de lentisque très-répandue dans les îles de l'Archipel et surtout à Chio. On distingue le mastic en larmes, concrète sur l'écorce même, du mastic en sortes, recueilli au pied de l'arbre et mêlé de matières étrangères.

Le mastic entre dans certaines préparations pharmaceutiques et dans la com-

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position de diverses colles et vernis (mastic en sortes, 8 à 13 fr. le kilogr.; en larmes, 20 fr. le kil.) — Exempt de droits (tarifs conventionnels et tarif de 4 878). On donne aussi le nom de mastics à un grand nombre de luts et d'enduits à base minérale ou végétale, tels que le mastic des poëliers, des fontainiers, des vitriers, etc. Nous ne saurions entrer dans aucun détail sur ces produits d'une variété infinie, et qui du reste ne se trouvent guère dans le commerce en gros.

La commission des valeurs de douanes comprend sous ce nom tous les minéraux communs qui entrent dans la construction des maisons : nous les énumérerons dans l'ordre et sous les dénominations qu'elle adopte et qui sont du reste consacrées par l'usage.

La chaux (angl., lime; ail., Kalk ; esp., cal; ital., calcina), l'un des corps les plus abondamment répandus dans la nature, bien qu'elle ne s'y rencontre qu'à l'état de combinaison, s'extrait des carbonates de chaux, marbres, albâtre, craie, marne, pierres, etc., décomposés par la chaleur dans les fours à chaux.

La chaux pure, matière blanche, de saveur alcaline, peu soluble dans l'eau, mais jouissant d'une grande affinité pour ce liquide, et dégageant dans cette combinaison une chaleur considérable, est un produit de laboratoire, d'une médiocre importance commerciale. On l'appelle chaux vive quand elle est à l'état anhydre, et chaux éteinte quand elle est saturée d'eau ; la plus pure s'extrait des albâtres et des marbres blancs.

La chaux du commerce, qui jouit des mêmes propriétés, mais qui est toujours plus ou moins mélangée de matières étrangères, comprend trois variétés principales :

La chaux grasse (craie de Paris, calcaire de Vichy et de l'Ain, pierre dure du Jura, du Calvados, de la Seine-et-Marne, etc.), contient de 80 à 97 °/0 de chaux pure : elle dégage beaucoup de chaleur par sa combinaison avec l'eau, et donne un mortier liant, mais qui durcit lentement à l'air.

La chaux maigre (calcaire des environs de Paris, etc.), contient de 60 à 78 % de chaux pure, s'échauffe moins au contact de l'eau et donne un mortier sec qui durcit rapidement à l'air. La magnésie et l'oxyde de fer y entrent toujours dans une proportion assez forte.

La chaux hydraulique ou chaux argileuse (Senonches (Eure-et-Loir), La Charité-sur-Loire, Le Teil (Ardèche), Saint-Julien-sur-Calonne (Calvados), Montredon (Aude), Bussière (Haute-Marne), Viviers, Saint-Quentin, Metz, Dezoux (Puy-de-Dôme), Paris, etc.), jouit de la propriété de se durcir sous l'eau avec une rapidité qui varie selon la proportion d'argile, de deux ou trois semaines (42 % d'argile) à sept ou huit heures (28 %). La plupart des chaux hydrauliques se préparent artificiellement, en mélangeant des calcaires et des argiles (chaux de première cuisson) , ou des argiles et des chaux déjà cuites (chaux de seconde cuisson).

Lorsque la proportion d'argile dépasse 30 %, la chaux prend le nom de ciment. (Voir plus bas.)

On appelle lait de chaux une dissolution de chaux éteinte et délayée dans l'eau qui sert à badigeonner les bâtiments.

Les usages de la chaux sont des plus variés : mélangée avec le sable et l'eau, la chaux éteinte donne le mortier ordinaire ; mêlée aux argiles et surtout à la pouzzolane, la chaux grasse produit le mortier hydraulique, si précieux dans les

travaux de nos ports, de nos canaux et de nos rivières, et le béton, mélange de mortier hydraulique et de cailloux utilisé dans l'industrie, non-seulement comme mortier, mais comme matière première de la fabrication des pierres artificielles.

L'agriculture doit à la chaux, employée comme amendement, la fertilisation des terres trop argileuses; enfin l'industrie des produits chimiques, les raffineries de sucre, les usines à gaz, en tirent parti dans une multitude d'opérations trop nombreuses et trop compliquées pour que nous puissions les énumérer.

Les mortiers se vendent au mètre cube; la chaux et la pierre à chaux, au quintal et à l'hectolitre (0 fr. 75 le quintal, suivant la commission des valeurs, pierres à chaux brutes ou calculées; % fr. 05 chaux de toute espèce).

Le ciment naturel ou artificiel est une chaux hydraulique renfermant 30 à 40 % d'argile. Les ciments les plus estimés, dont les qualités supérieures sont connues sous le nom de ciment romain, sont ceux de Boulogne, de Portland, de Roquefort, de Vassy (Yonne), de Grenoble, de Nevers, de Saint-Quentin, de Moissac, de Chartres (25 fr. le mètre cube), d'Echoisy (Charente, 43 fr. le mètre cube). Les ciments se vendent au quintal, 3 à 9 fr. le quintal suivant la qualité ou l'éloignement du centre de production. On les emploie dans les constructions hydrauliques, et l'on en fabrique des dalles, des marches d'escalier, des corniches et moulages de toute sorte. Les ciments circulent en barriques, à l'état brut en pierres de volume variable, ou blutés et réduits en poudre fine et pesante, dont la couleur varie du jaune pâle au brun et au gris foncé.

Le plâtre (angl., gypsum; ail., Gyps; esp., yeso; ital., gesso) crû est un sulfate de chaux connu également sous le nom de gypse ou pierre à plâtre et très-abondant aux environs de Paris, de Rouen, d'Aix, de Narbonne, etc.; on le rencontre en blocs feuilletés, en cristaux, en masses compactes, etc., qui, soumis à la cuisson et réduits en poudre, donnent le plâtre ordinaire, l'un des matériaux les plus employés dans la maçonnerie et les arts décoratifs, l'une des substances les plus précieuses pour l'agriculture, et l'une de celles qui, grâce à leur bas prix, servent trop souvent à falsifier d'autres marchandises.

Cuit avec soin, gâché avec une dissolution gélatineuse et coloré par divers procédés, le plâtre blanc prend le nom de stuc et sert à imiter les marbres; mélangé avec l'alun, il donne un ciment d'une très-grande dureté et qui sert à fabriquer des carreaux, des dalles, etc. Le plâtre circule soit en morceaux irréguliers, soit en poudre, dans des tonneaux de diverses contenances, et se vend au poids et au mètre cube (plâtre ordinaire, 2 à 3 fr. ; plâtre dur gris, 8 à \i fr. ; plâtre dur blanc, 45 à 22 fr. les 4 00 kil.; stuc, 40 à 20 fr. le mètre carré).

La pierre à bâtir [angl., stone; ail., Stein; esp., piedra; ilal., pietra) est un calcaire plus ou moins homogène, que l'on distingue en pierre dure (Tonnerre, Caen, Château-Landon (Seine-et-Marne), Crouy (Aisne), Euville (Meuse), environs de Paris et de Versailles, etc.), et pierre tendre (Seine-et-Oise, Oise, Aisne, etc.). On nomme pierre de liais la pierre dure dont le grain est le plus compacte et le plus homogène, et qui peut recevoir le poli; roche, la pierre de qualité inférieure qui contient soit des coquilles, soit des cristaux de quartz et des micas qui altèrent la finesse du grain; pierre franche, une pierre moins dure que la roche, mais plus homogène et sans coquilles; pierre de libage, celle qui i e peut servir qu'aux fondations et aux ouvrages grossiers. La pierre gélive, molle et poreuse et qui est sujette à se fendre par la gelée, doit être classée parmi les matériaux de rebut. Le prix de la pierre dure varie de 38 à

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140 fr. le mètre cube; celui de la pierre tendre do 35 à 40 fr. ; celui des moellons et déchets de pierre est évalué de 50 centimes à 1 franc le quintal. La pierre de taille en blocs se vend au mètre cube; en dalles plates, au mètre carré.

Granité ou granit. — Le granit est une roche composée de feldspath, de quartz et de mica, de couleur blanche, rose, violacée ou plus souvent grise ; les granits de couleur à grains fins s'emploient souvent comme pierre d'ornement; les granits communs, comme bordures ou dalles de trottoir, et comme matériaux de construction plus solides et plus durables que les calcaires.

Les principales carrières exploitées en France sont celles des Vosges (granit rouge ou gris), du Cotentin (granit gris de Vire, de Granville, etc.), de Bretagne (Saint-Brieuc, etc.), de Vendée, de l'Ardèche, de l'Orne, etc. L'Ecosse, l'Angleterre, la Suède, le Wurtemberg, le Piémont, produisent également de belles qualités de granits. Le granit de Bretagne, de Normandie, des Vosges, rendu à Paris, vaut en moyenne 140 à 200 fr. le mètre cube.

Basalte. — Le basalte est une roche d'origine volcanique, de couleur grise ou noirâtre, sujette à s'altérer au contact de l'air, mais susceptible d'un assez beau poli. Les basaltes les plus renommés sont ceux de l'Auvergne, connus sous le nom de pierre de Volvic et employés soit pour le dallage, soit môme pour les constructions. Leur valeur est inférieure à celle des granits.

Pierre meulière. — La pierre meulière ainsi nommée parce que son principal usage est la fabrication des meules de moulin, est une pierre siliceuse, colorée en*brun, en bleu ou en rouge par l'oxyde de fer, et qui doit être dépourvue de coquilles ou autres dépôts organiques. Les principaux gisements exploités en France sont ceux de La Ferté-sous-Jouarre l (Seine-et-Marne), sans rival dans le monde entier, d'Épernon (Eure-et-Loir), des Molières et de Longjumeau (Seineet-Oiso), de Bergerac (Dordogne), de Lésigny-sur-Creuse (Vienne), de Moissey (Jura), etc. L'Allemagne (Crawinkel, non loin de Gotha, Andernach, etc.), la Bohème, l'Autriche, possèdent aussi des gisements importants.

La meulière coquillière, employée dans les constructions et très-abondante dans les environs de Paris, est de qualité inférieure. (Prix moyen des meules à moudre à la Ferté : 2! mètres de diamètre, 1,200 francs; 1m,60, 800 francs pièce, etc.).

Grès (angl., sandstone; ail., Sandstein). — Le grès proprement dit est un agglomérat de sable quartzeux, presque toujours friable, difficile à tailler, et fournissant pour les constructions des matériaux d'une mise en œuvre délicate et d'une médiocre qualité.

Le grès blanc de Fontainebleau, de Pon toise, de Marly, d'Orsay, de Lan grès, fournit surtout des pavés et plus rarement des filtres et des meules à aiguiser; le grès rouge ou brun des Vosges, de Bretagne, etc., sert aux mêmes usages; le grès noir ou verdâtre du terrain houiller fournit des meules et des pierres à aiguiser; les grès marneux, dits molasses, s'emploient quelquefois, ainsi que les précédents, comme matériaux de construction. La Commission des valeurs fixe de 2 fr. 55 à 3 fr. le quintal le prix des pavés de grés.

Pierres écaussîjo.es (granit de Flandre ou petit granil). — Ces pierres, qui se tirent exclusivement des carrières du Hainaut et du Brabant, et qui servent surtout au dallage, sont un calcaire coquillier d'un bleu noirâtre et susceptible d'un

1. Les exploitations les plus renommées de la Ferté sont celles de Tarterel (meules courantes), du bois de la Barre (meules dormantes), du bois de Venteuil et de Mourelle.

beau poli. Les écaussines brutes ou équarries sont évaluées à 50 fr. les 1,000 kil. On les vend d'ordinaire taillées en dalles et carreaux au cent ou au mille.

Ardoises (angl., slate; ail., Schiefer; ilal., ardosia). — L'ardoise est un schiste argileux, de couleur ordinairement grisâtre, et qui peut se diviser en feuilles plus ou moins épaisses. La meilleure est celle qui présente une sonorité bien franche, un grain homogène, une couleur bleuâtre tirant sur le noir, une surface parfaitement plane et une imperméabilité complète. Les couches les plus profondes donnent toujours des qualités supérieures à celles des couches superficielles. Les diverses variétés commerciales sont la carrée fine et la carrée forte; le gros noir, ardoise homogène et foncée ; le poil noir, moins dense et plus mince; le poil taché, marqué de taches rousses, et le poil roux, qualité de rebut provenant de la surface des blocs. Les carleleltes et les fendis sont des ardoises de petite dimension retaillées dans les déchets.

Les principaux gisements français sont ceux d'Angers, de Renazé (Mayenne), de Javron (id), de Fumay, Rimogne, etc. (Ardennes), de Brive (Corrèze), de Megève (Haute-Savoie), de Coesmes (Ille-et- Vilaine), de Châteaulin (Finistère), etc. La Grande-Bretagne, l'Allemagne (Prusse rhénane et Thuringe), l'Italie (Lavagna), l'Autriche (Olmutz), etc., possèdent des carrières importantes.

On débite l'ardoise soit en tables pour tablettes et dalles de diverses formes, soit en rectangles de dimension variable pour toitures. On l'emploie dans quelques pays pour les constructions. (Ardoises pour constructions brutes, 30 à 40 fr. les 4,000 kilogr.; pour toitures, 2 à 2 fr. 801e cent; en carreaux et en tables , 1 fr. 2o à 4 fr. pièce, d'après la Commission des valeurs, 1870-76.)

Les ardoises pour toitures se vendent au cent ou au mille. Pour 21 milliers, on accorde 10 % de réfaction sur le lieu d'extraction, et 4 % sur le chantier.

Briques {alL, Backsteine; angl, bricks). — La matière première des briques, tuiles, carreaux, tuyaux, etc., est l'argile mêlée ou non de sable siliceux, pétrie et moulée soit de main d'homme , soit par des machines , et cuite dans des fours chauîfés ordinairement à la houille ou à la tourbe.

Les briques de bonne qualité doivent être sonores, également cuites, d'une belle couleur rouge et capables de résister sans se désagréger à une immersion plus ou moins prolongée dans l'eau chaude.

On distingue les briques d'après leur forme en briques pleines et briques creuses, et d'après leur destination en briques de grosses constructions, briques de carrelage plus denses et mieux cuites, briques réi'ractaires fabriquées avec des argiles spéciales, et briques pour constructions hydrauliques dont la cuisson doit être plus parfaite.

Les carreaux sont des briques carrées ou hexagonales, ayant subi une cuisson plus avancée et d'un grain plus compacte et plus fin.

Les tuiles, qui se divisent en tuiles plates, tuiles bombées et tuiles faîtières, doivent être à la fois légères et solides et rendre à la percussion un son clair et net.

Les tuyaux de diverses formes pour cheminées, latrines, etc., et les tuyaux de drainage se fabriquent avec les mômes matériaux et par des procédés analogues.

Les centres de la fabrication des terres cuites communes, briques, tuiles, tuyaux, etc., sont la Bourgogne (Bèze (Côte-d'Or), Mont.hanin-les-Mines (Saôneet-Loire), Villenavette (Yonne), Paris et les environs, Dourdan (Seine-et-Oise), Chartres, Marseille, Lyon, Montereau, Vendeuvre-sur-Bar (Aube), Saint-Paul (Eure), Vis-en-Artois (Pas-de-Calais), Acheux (Somme), Jonquières (Vaucluse), etc.

La fabrication spéciale des carreaux-mosaïques est concentrée à Paris, à Sèvres, à Auxerre, à Forges-les-Eaux, à Louvroil (Nord) et à Viviers (Arctè.che).

Les briques et les carreaux se vendent au cent ou au mille ainsi que les tuyaux de drainage.

Prix courant. — Briques, 24 à 45 fr. le mille, à Marseille (1878). Tuiles plates, 85 à (J5 fr.; bombées, 37 a 48 fr. le mille (Marseille); 45 à 13'J fr. (id.). (^Commission des valeurs.)

Tuyaux en terre cuite, 3 à 8 fr. le cent. (Commission des valeurs.) Tuyaux de drainage, 0 fr. 04 le kilogramme. (Commission des valeurs.)

Sables. — Les sables communs pour bâtisse et terrassements ont trop peu de valeur pour donner lieu à un commerce de quelque importance, sauf dans le voisinage du lieu d'extraction. Ils se vendent au mètre cube (4 à 5 fr.).

Les sables volcaniques, connus sous le nom de pouzzolane et qui entrent dans la composition des ciments, ont au contraire une grande importance commerciale. La pouzzolane est tantôt en poudre grisâtre et semblable à des cendres, tantôt en grains rouges, noirâtres ou violacés (Sicile, Pouzzoles, Civita-Vecchia), tantôt en masses poreuses et blanchâtres (Andernach). La meilleure pouzzolane de France est celle d'Auvergne.

On vend les pouzzolanes au poids en tonneaux de diverses contenances.

Les sables blancs quartzeux à cristaux et à glaces (Étampes, Creil, Nevers, bords du Rhin), le sable argilo-siliceux des faïenciers et des potiers, le sable réfractaire (Voreppe, (Isère, etc.), le sable micacé des fondeurs (Fontenay-auxlioses), se vendent au quintal, en sacs, poids brut (3 fr. le quintal en moyenne).

Régime do u amer. — Les matériaux de construction examinés plus haut sont exempts d'après les tarifs conventionnels et le tarif de 1878, sauf les ardoises pour toitures taxées à 4 fr. le mille; les ardoises en tables pour dessins à 3 fr. 75 les 100 kilogrammes; les carreaux, tuiles et briques, à 1 fr. le mille; les écaussines sculptées ou polies, à 3 fr. les 100 kilogrammes; les pierres sculptées ou polies (chiques), à 12 fr. par 100 kilogrammes.

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