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PAILLE

(Angl., Straw; allem., Stroh; ital., Paglia.)

Nous avons indiqué à l'article Fourrages les prix courants des principales variétés de pailles et les usages du commerce.

La paille s'emploie surtout comme litière et comme aliment pour le bétail , mais elle reçoit en outre les applications les plus diverses.

La paille de froment et surtout la paille de seigle servent à la construction des ruches et des toitures dites de chaume, à la literie, à la fabrication des chaises, des paillassons et des chapeaux ; la paille de riz est à peu près sans usage dans l'industrie; la paille d'orge, de sarrasin, de sorgho, de millet, n'est employée que comme fourrage et comme litière. La paille ou plutôt les feuilles desséchées de maïs servent à fabriquer des paillasses et des nattes; enfin presque toutes les pailles peuvent être utilisées dans la fabrication du papier; la paille <Ippijapa ou paille de Guayaquil, provenant d'un végétal de la famille du palmier, sert à la confection des chapeaux et se vend au Havre de 200 à 400 fr. les 100 kilogr.

Les chapeaux de paille d'Italie se fabriquent en Toscane avec de la paille de froment barbu coupée avant maturité, séchée, puis blanchie par l'exposition au soleil ou aux vapeurs sulfureuses, triée avec des soins minutieux et assortie par numéros qui varient de 1 à 20, suivant la finesse. On réunit ensuite les pailles en longues tresses formées de 11 à 13 brins, et dont la valeur varie suivant le numéro. Le chapeau tressé atteint souvent les prix de 150 ou 200 fr. pièce. La France, la Suisse, l'Angleterre, fabriquent également des chapeaux de paille, mais d'une valeur très-inférieure.

Régime douanier. — Paille brute, exempte; tresses de paille, 2 fr. et 5 fr. les 100 kil. (tarifs conventionnels). Chapeaux de paille, 10 fr. les 100 kilogr. (idem).

PAPIER

(Angl., Paper; allem., Papier; ital., Carta; esp., Papel.) L'importance de la fabrication et du commerce du papier est trop connue pour qu'il soit nécessaire d'insister à ce sujet. La production française s'élève à 150,000 tonnes, celle de la Belgique à 23,000, celle de l'Angleterre à 180,000, celle des États-Unis à plus de 175,000, celle de l'Allemagne à plus de 180,000, etc. Les matières premières employées à la fabrication du papier sont : 1 ° les chiffons et débris de cordages de lin, de chanvre et de coton [angl., rags; ail., Hadern ou Lumpen; esp., trapos; ital., stracci), que l'on mélange ordinaiiement, sauf pour les qualités supérieures où le lin est seul employé. Le quintal de chif-

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fons donne en moyenne 70 kilogr. de papier. Les chiffons de laine ne servent qu'à la fabrication du papier d'emballage ou du papier brouillard; les chiffons de soie n'ont pas d'emploi dans la papeterie.

Le commerce des chiffons, qui donne lieu dans tous les grands centres de population et surtout à Paris à des transactions de la plus haute importance, tire en outre de l'étranger et surtout d'Italie, du Levant, d'Algérie, de l'Allemagne septentrionale, de Russie, d'Espagne et même des Indes, du Japon et d'Australie, des quantités toujours croissantes de cette précieuse marchandise, qui ne suffit plus à la consommation de notre industrie nationale.

Les grands marchés sont: en France, Paris, Nancy, Lyon, Marseille, etc.; à l'étranger, Londres, Brème, Hambourg, Rostock, Livourne, Ancône, Messine, Palerme, Trieste, Anvers, New-York, etc.

Les chiffons se classent suivant la qualité en blancs fins (chiffons propres de toile de fil), blancs sales (ordinairement cotonnades), bul et gros bul (toiles grossières plus ou moins propres), gros ou communs (toiles d'emballage, sacs, etc.), et chiffons de couleur. Les prix varient de 10 à 60 fr. les 100 kilogrammes pour les chiffons de lin, de chanvre et de coton; de 65 à 90 fr. pour les chiffons de laine douce, destinés surtout à l'effilage. Terme, 4 mois sans escompte, ou 30 jours avec escompte de 2 %•

Les qualités supérieures de Livourne, marquées SPFF et SPF, se vendent à Londres de 66 à 80 fr. les 100 kilogr.

Les chiffons circulent en balles de 100 à 150 kilogr. et se vendent au poids brut. En France, ils sont exempts de droits d'entrée, mais payent un droit de sortie de 4 fr. les 100 kilogr., à l'excep ion des chiffons de laine sans mélange qui sortent en franchise (tarifs conventionnels).

2° Les vieux cartons et papiers sales;

3° Les pailles de céréales;

4° L'alfa ou sparte, très-abondant en Espagne et en Algérie,

5° Lesécorces et les bois de diverses essences (tremble, bouleau, etc.).

Nous n'avons point à décrire les procédés de fabrication. Le papier à la mécanique remplace aujourd'hui presque partout le papier à la cuve; car on ne comptait plus en France, en 1867, que 140 cuves pour faire du papier à bras, tandis que les machines étaient au nombre de 270 pour le papier blanc et de couleur, et de 230 pour le papier d'emballage.

Les opérations préliminaires, triage, lessivage et broyage du chiffon, décoloration de la pâte par le chlore et ses divers composés, sont les mêmes dans les deux modes de fabrication.

Les papiers à la main se divisent en papier verge {ail., geripptes Papier; angl., laid paper), ainsi nommé des lignes verticales et horizontales qu'il présente par transparence, et qui sont dues à la forme des moules en fils de laiton employés pour la fabrication, et papiers vélins, à surface lisse et sans vergeures. Le collage de ces papiers se fait par l'immersion dans un bain de gélatine.

Le papier mécanique est collé au moyen d'un mélange d'alun et de colophane incorporé à la pâte.

Les principales sortes de papiers sont :

1° Les papiers à écrire et à dessiner et les papiers d'impression, dont la dimension ou le format peut varier à l'infini depuis l'invention des machines. Les divers formats ont reçu en France, en Angleterre et en Allemagne des dénominations très-variées, dont nous indiquons les plus usitées dans le tableau suivant :

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558 DICTIONNAIRE DES MARCHANDISES

2g Les papiers spéciaux, tels que les pelures d'oignon (Annonay et Angoulôme), les papiers de soie, les papiers à calquer (huilé, verni ou végétal) , les papiers de couleur pour écriture, dessin, reliure ou affiches, les papiers à filtrer, les papiers brouillard, le papier de Chine, que l'on fabrique aujourd'hui en Europe avec une perfection au moins égale à celle de la fabrication chinoise et que l'on emploie pour la gravure et la lithographie;

3° Les papiers d'emballage (angl., lapping paper; ail.. Pack papier) fabriqués avec des pâtes grossières et non blanchies, et dont les variétés sont infinies;

4° Les papiers et cartons à toitures, fabriqués avec des cordages goudronnés, des rognures de papier et des chiffons de qualité inférieure mêlés de craie argileuse. Ces cartons, recouverts d'une couche de goudron mélangé de sable, sont d'un grand usage pour la couverture des hangars, wagons, etc. ;

5° Les cartons [angl., pasteboard ; ail., Pappe), que l'on divise en cartons de moulage, préparés à la cuve comme le papier, et cartons de collage, composés de plusieurs feuilles de papier collées les unes sur les autres et pressées.

Les cartons à lustrer les draps, les cartons pour métiers Jacquard, etc., sont des cartons de moulage; les cartes à jouer, les cartons blancs, etc., sont des cartons de collage.

On donne quelquefois le nom de cartons à de véritables papiers, tels que le Bristol ou carton pour carte de visite, qui n'est autre chose qu'un papier plus épais, et fabriqué avec des chiffons de choix et du kaolin ou du sulfate de baryte.

Enfin le carton-pierre, appliqué avec tant de succès aux arts décoratifs, est une pâte de carton mélangée de craie, de sciure de bois, d'argile et d'huile de lin.

Le papier de toute sorte se vend quelquefois à la balle de 40 rames, plus ordinairement à la rame de 500 feuilles, contenant 20 mains ou cahiers de 25 feuilles chacun pour le papier non collé, et 24 feuilles pour le papier collé. Les papiers de soie se vendent aux 4,000 feuilles par 20 mains de 50 feuilles; les cartons à lustrer, aux cent feuilles; les autres cartons et quelques papiers d'emballage, au poids; les cartons bitumés, au mètre.

Les conditions ordinaires sont six mois de terme ou 5 à 6 % d'escompte.

La loi de 4 874 a établi sur le papier un droit de fabrication de 4 5 fr. les 400 kilogr. pour les papiers à lettres, à cigarettes, papiers de soie, etc. ; de 4 0 fr. pour les papiers â écrire, à dessiner, à imprimer et papiers blancs de tenture, de 5 fr. pour les papiers de tenture de couleur, papiers d'emballage, etc. Ces droits sont compensés par un droit de même valeur à l'entrée en France.

D'après la Commission des valeurs, les prix des papiers et cartons en 4867, et en 4 876 sont fixés ainsi qu'il suit ;

Carton en feuilles de simple moulage ou pâte de papier,

le kilogramme 1 fr. 0r,85

Carton lustré à presser les draps lf,30 lf,30

— autres 2 fr. 0f,60

— moulé, dit papier mâché 4f,50 2 fr.

— coupé et assemblé. . 3 fr. 3 fr.

Carton en herbes marines, goudronné ou non, pour doublage de navires " 0f,50 0f,80

Papier blanc à écrire, à dessiner ou à imprimer If,10 lf,25 à lf,40

— colorié, en rames ou en mains, pour reliure . . . lf,30 lf,50

— de couleur pour enveloppes 0f,80 0f,(.U)

— soyeux, dit papier de soie (Chine, Joseph et autres). 4 fr. 4 fr.

Régime douanier. — Papiers de toute sorte et cartons, 8 fr. par 100 kil. (tarifs converti.)

PELLETERIES ET FOURRURES

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