‹ Manuel encyclopédique du commerceChapitre 534 sur 1459 · SPARTE · texte numérisé non relu

SPARTE

{Angl, Alfa; allem., Binsenpfrieme; espag , Esparto.)

Le sparte ou alfa est une plante vivace de la famille des légumineuses qui croît sans culture en Espagne dans les provinces de Valence et de Murcie„au

SUCRE. 613

Maroc, en Algérie dans la province d'Oran, etc. La tige, dont les fibres textiles s'emploient à la confection des ouvrages dits de sparterie (nattes, filets, paniers, etc.), et surtout à Ja fabrication du papier, ne doit être choisie ni trop jeune ni trop vieille : dans le premier cas, la fibre serait trop courte et mal formée; dans le second, elle deviendrait cassante. Le sparte s'exporte par bottes, en vrac, et se vend au poids brut 20 à 25 fr. les 1 00 kilogrammes, à Marseille. Régime douanier. — Exempt (tarifs conventionnels et tarif de 1878).

SUCRE

{AngL, Sugar; allem., Zucker; espag., Azucar; ital., Zuccharo.)

La chimie donne le nom de sucre à toutes les substances animales ou végétales douces au goût et susceptibles de fermentation alcoolique ; mais les variétés commerciales du sucre se réduisent à trois : le sucre ordinaire, le sucre de raisin ou glucose et le sucre de lait dont nous avons déjà parlé. (V. Lait.)

Sucre commun. — Le sucre commun s'extrait de la canne à sucre, de la betterave, du sorgho, du maïs, de l'érable à sucre, de diverses variétés de palmiers, etc. Les deux sortes qui intéressent le commerce européen sont les sucres de canne et les sucres de betterave.

Sucre de canne. — Le sucre de canne se divise ainsi que le sucre de betterave en sacre brut et sucre raffiné.

Le sucre à l'état brut est une poudre plus ou moins jaune ou brune, gluante, à cause de la mélasse qui y reste attachée, et formée de petits cristaux de sucre. Plus la couleur est blanche, plus les cristaux sont aigus, durs et brillants, plus la saveur est douce et prononcée, plus la qualité est estimée. Le mélange de corps étrangers, la consistance visqueuse et la propension des cristaux à s'agglutiner, ce qui trahit la présence d'un excès de mélasse, diminuent d'autant la valeur du sucre brut.

La variété des sortes commerciales provient de celle des procédés de fabrication. Sans entrer dans des détails qui sont du domaine de la technologie, nous dirons seulement que les principales opérations consistent à extraire par la pression le jus des cannes à sucre, à purifier ce jus par l'eau de chaux, à le cuire jusqu'à la consistance du sirop dans une série de chaudières, à le laisser cristalliser par le refroidissement dans des bacs, et à le transporter dans des formes où la mélasse achève d'égoutter et la cristallisation de s'opérer. Les sucres qui sont livrés au commerce sans autre préparation portent le nom de moscouade, sucres bruns ou rouges, ou simplement sucres bruts.

Celui qui, après la mise en forme, a été plus complètement épuré au moyen d'argile délayée dans l'eau, puis séché à l'étuve, prend le nom de sucre terré ; mais ce procédé tend à s'effacer de plus en plus devant le clairçage, qui consiste à clarifier le sucre brut au moyen d'une dissolution concentrée de sucre déjà purifié. Ces sucres se nomment sucres claircés. Les uns et les autres portent aussi le nom de cassonade, qui s'applique surtout à la seconde variété, plus claire et plus estimée que la première.

Sucre de betterave. — Nous n'avons pas à décrire les procédés de fabrication du sucre brut de betterave, procédés beaucoup plus perfectionnés que ceux qui servent à préparer le sucre de canne, tel que nous le recevons des colonies.

Les résultats des opérations successives qui ont pour but d'extraire, de purifier, de concentrer, de décolorer, de filtrer et de cristalliser le jus de betterave,

,614 DICTIONNAIRE DES MARCHANDISES

matière première de la fabrication, sont des sucres mieux graines, plus secs et plus blancs, bien que d'une saveur moins agréable que les sucres coloniaux. On désigne sous le nom de second, troisième, quatrième produit, etc., les résidus de la première, de la seconde, de la troisième cristallisation, qui sont recuits et cristallisés de nouveau. Les produits de premier jet sont naturellement les plus estimés.

Sucres raffinés. — Les sucres raffinés de canne et de betterave présentent absolument les mêmes caractères; les procédés de raffinage sont identiques, et il est indifférent de mélanger dans cette opération les sucres bruts des deux provenances. Les différences ne proviennent donc que du soin apporté à la fabrication ou de la qualité du sucre brut que l'on emploie.

Les principales variétés de sucres raffinés en pains ou piles sont : 4° les raffinés de choix, qui circulent en pains enveloppés de papier bleu et du poids de 3 à 46 kilogrammes. On distingue les qualités soit par des numéros, soit par des désignations variables suivant les places de commerce : Superfin, belle sorte, bonne sorte, ordinaire, etc.; 2° les métis, également en pains et qui ne se distinguent des précédents que par une couleur moins franche et un grain moins fin ; ils proviennent des sucres bruts de qualité inférieure et des sirops qui découlent des raffinés de choix; 3° les lumps, en pains nus, écornés ou sans pointe, de grain grossier et de couleur jaunâtre, provenant des sirops de mélis. Ces diverses qualités se vendent également pilées, mais avec une diminution de prix ; 4° les bâtardes et les vergeoises, qui circulent en pains de 4 2 à 25 kilogrammes, ou sous forme de cassonade, sont des produits de couleur plus ou moins brune ou rousse, et que l'on fabrique avec les sirops de sucrerie ou de raffinerie.

Le sucre en poudre, qu'il ne faut pas confondre avec le sucre pilé et qui porte souvent le nom de cassonade, est un produit de qualité inférieure. On le classe d'après la nuance qui varie du blanc au brun clair.

Le sucre candi s'obtient en versant dans des terrines de cuivre brûlantes et garnies transversalement de fils un sirop que l'on expose ensuite pendant quinze jours environ à la chaleur d'une étuve ; il se cristallise en gros cristaux dont la couleur varie du brun au blanc; les nuances les plus claires sont les plus estimées.

Résidus de fabrication. Mélasses. — Les résidus de la fabrication des sucres bruts, ou de la raffinerie, connus sous le nom de mélasses, sont des sirops d'un brun rougeâtre plus ou moins foncé, pesant d'ordinaire 40 à 44 à l'aréomètre Baume à la température de 45°, et qui sont destinés soit à être consommés en nature, soit à être raffinés et convertis en sucres de qualité inférieure, soit enfin à être distillés et convertis en alcool. Les mélasses de betterave conservent un goût acre et salin, qui leur enlève une partie de leur valeur, et qui ne les rend guère propres qu'à la distillation, dont le résidu est le salin de vinasse ou de mélasse, dont nous avons déjà parlé.

Saccharimétrie. — Il existe de nombreux procédés pour apprécier la dose de sucre pur que contiennent les sirops ou les sucres bruts. Un des instruments les plus exacts est le polarimètre ou appareil de polarisation de Soleil, fondé sur la propriété que possède une dissolution saccharine de dévier les rayons lumineux d'une quantité variable suivant la dose de sucre cristallisable qu'elle contient. Quant au saccharimètre proprement dit, c'est un aréomètre centésimal et indiquant la proportion de sucre cristallisable que renferme un sirop.

SUCRES

Ciîj

Usages du commerce. — Depuis la loi de 18GG les sucres en fûts, caisses, etc., obtiennent 13 % de tare; en cauastres, 8 %; en autre emballage simple, 2:%; double, 4 «/0. Les sucres indigènes en sacs se vendent au poids net. Il y a trois séries de types : 1° Pour les sucres terrés exotiques, les types de Hollande; 2° pour les sucres bruts exotiques, cinq types : ordinaire, bonne ordinaire, bonne quatrième, belle quatrième, fine quatrième ; à régler par les délégués des chambres de commerce de Marseille, Bordeaux, Nantes et du Havre, réunis à Paris en mai et en novembre, et chargés de fixer les moyennes obtenues par le mélange des types de chaque localité présentés à la commission ; 3° pour les sucres de betterave, série complète de types à régler chaque année par les délégués des chambres de commerce de Lille, Paris, Arras, Valenciennes, Amiens et Saint-Quentin, réunis à Paris en novembre; on indiquera, autant que possible, la concordance entre la série des types adoptes et les numéros de la série des types de Hollande.

La série des types de Hollande pour les sucres terrés exotiques comprend 20 numéros : de 1 à 5 pour les sucres bruns, de 6 à 8 pour les sucres bruns clairs, de 9 à 11 pour les sucres blonds, 12 et 13 pour les sucres gris, 14 et 15 pour les sucres mi-blancs, 16 à 20 pour les sucres blancs.

Le minimum de rendement au raffinage pour la série des types hollandais par 100 kilogrammes de sucre brut est de 94 % pour les nos18, 17, 16 et 15; de 88 % pour les nos 14, 13, 12, 11 et 10; de 80 °/° pour les n03 9, 8 et 7 ; de 67 o/o au-dessous de 7.

Régime douanier. — Les droits intérieurs de fabrication sur les sucres et glucoses ont été augmentés de cinq dixièmes; cette augmentation a dû relever également les droits à l'importation qui sont fixés ainsi qu'il suit : Sucre brut de toute origine au-dessous du n° 13, 65 fr. 52 les 100 kilogrammes (décimes compris); du n° 13 au n° 20 inclusivement, 68 fr. 64. Poudres blanches au-dessus du n° 20, 70 fr. 20. Raffiné dans les fabriques de sucres indigènes et les colonies françaises, 73 fr. 32 (décimes compris).

Les sucres importés des pays d'Europe et des entrepôts sont soumis à une surtaxe de 3 fr. par 100 kilogrammes (décimes compris).

Des pays étrangers, non raffinés au-dessus du n° 20, 73 fr. 84 ; raffinés, 85 fr. 80 les 100 kilogrammes. Mélasses pour la distillation, exemptes; pour toute autre destination, contenant 53 % ou moins de sucre cristallisable, 22 fr. 308 les 100 kilogrammes j autres, droit du sucre brut au-dessous du n° 13.

PRIX COURANT

DU havre (1872-78)

(Terme, 4 mois pour les

bruts de toute sorte et

autres, 3 mois pour les

terrés de la Havane et de

Java.)

Sucres bruts.

Guadeloupe et Martinique :

Fine 4e

Belle 4e

Bonne 4e

Bonne ordinaire 4e.

Ordinaire 4e

Plaque à gras

PRIX j

par |

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