VINS ÉTRANGERS
Italie La production totale de l'Italie est estimée à 29 millions d'hectolitres représentant une valeur de 1,053,000,000 de francs.
Les vins du Piémont, analogues à ceux de Cette et des côtes du Rhône, trouvent surtout leur débouché dans l'Amérique du Sud ; on commence à s'en servir en France pour les coupages. Les plus estimés sont le Barbera, le Nebbiolo, le Barolo, le Brachetto, le Gattinara, le Grignolino, le Passeretta, l'Agliano, le Caluso, le malvoisie d'Asti.
Les principales espèces de la Ligurie sont : le Dolcetto, le Pignolo, le Dinazzano, le malvoisie de Grinzano; les vins de Lombardie (Valteline), et de Vénétie (Gonegliano, Yicence, Soava) s'exportent en Suisse et en Autriche. Dans Y Emilie, il faut citer le Lambrusco, le Fiorano, le Scandiano, le Civolo, leSangiovese et le vin nommé vino santo ; dans YOmbrie et les Marches, le Procanico, l'Orvieto, le Montefiascone, et le vino santo de Pérouse; en Toscane, le Montepulciano, le Carmignano, l'Aleatico, le Broglio, le Vagliano, le Montalcinio; dans les provinces napolitaines, le Lacryma-Christi, le Falerne, le vin de Capri, le vin grec de Nocera, le malvoisie et le muscat de Lecce et de Calabre; en Sardaigne, le malvoisie de Bosa, le Giro, le Nasu; en Sicile, les vins du Phare, de Messine, de Milazzo, de Catane, de l'Etna, comme vins ordinaires, et ceux de Syracuse, de Marsala, de Zucco, comme vins de liqueur.
Les vins d'Italie sont en général de qualité médiocre, grâce à l'imperfection des procédés de culture et de fabrication; cependant l'exportation est en progrès et les prix sont en général assez élevés.
Les vins naturels de Sicile rouges ou blancs se vendent en moyenne 75 à 110 francs la pipe de 4 hectolitres; les vins secs de Marsala, 335 à 590 fr. (id.); les muscats de Syracuse, 85 à 110 francs; les malvoisies et Passola 39 à 55 francs; les muscats de Calabre, 32 à 47 francs le baril de 40 bouteilles : le tout rendu à bord à Palerme ou à Messine.
Les vins pour le coupage se sont payés à Marseille et à Cette, en 1878, de 25 à 38 francs l'hectolitre ; les vins ordinaires de Yénétie varient sur place de 20 à 36 fr. l'hectolitre; les qualités supérieures se payent de 70 à 150 francs suivant mérite. (Extrait en partie des Annales du commerce extérieur.)
Espagne. — L'Espagne produit, année moyenne, de 10 à 12 millions d'hectolitres de vins : ceux des Castilles, de l'Aragon, de Catalogne, de l'Alava et de Navarre, et en général des provinces intérieures, sont alcooliques, forts en couleur, mais mal fabriqués et de conservation difficile; on les garde dans des outres ou dans des jarres de terre, et, à l'exception de quelques gros vins recherchés pour les coupages, la plupart sont consommés sur place. Les meilleurs vins d'Espagne proviennent des provinces de l'est et du midi; les plus renommés sont les vins secs et les vins de liqueur de l'Andalousie; le Xérès, dont les qualités supérieures prennent le nom de Pajarete et de Pedro Ximenes et qui se consomme surtout en Angleterre sous le nom de sherry; le San-Lucar, le Malaga, les vins d'Alicante, les muscats de l'Andalousie, de Murcie et de Catalogne, les vins
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rouges delà province de Cadix, désignés sous le nom de Tinto de Rola: le Denicarlo de la province de Valence, recherché pour les coupages, etc.
Les vins d'Espagne se vendent en général à la pipe de 472 à 480 litres. Les vins fins d'Espagne étaient cotés à Marseille en 18*78, franco en gare de Marseille, futaille comprise, à 130 francs l'hectolitre pour les Malaga, 130 et 135 pour les Alicante vieux, à 180 pour les Xérès, à 140 pour les muscats; les gros vins pour les coupages se vendent jusqu'à 40 francs l'hectolitre.
Portugal. — Outre les vins blancs ou rouges de l'Estramadure (Lisbonne rouge et blanc, Calcavellas) et de la province de Beïra qui ne donnent lieu qu'à une exportation restreinte et qui se rapprochent de nos vins du Roussillon, le Portugal récolte sur les coteaux du Douro un vin de liqueur de qualité supérieure connu sous le nom de Porto, et qui se consomme presque exclusivement en Angleterre. Il est rare que le Porto ne soit pas additionné d'alcool : on a réussi, du reste, à l'imiter comme tous les vins.de liqueur étrangers, et les deux tiers du prétendu porto vendu en France ne sont que des imitations dont la valeur est inférieure à celle du porto véritable dans la proportion de 3 à 8.
Prix courant a Marseille (1878). — Porto véritable, par pipe de 500 litres environ, demi-pipes ou fûts de 100 litres, 160 francs l'hectolitre; imitation, 60 francs.
Prix a Londres (1869-78). — Vin vieux, par pipe de 527 litres, 65 à 80 livres sterling; bon vin, 45 à 60 liv. sterl.; bon vin jeune, 24 à 30 liv. sterl. ; ordinaire, 17 à 25 liv. sterl. ; Lisbonne rouge, 10 à 20 iiv. sterl.; Lisbonne blanc, 25 à 36 liv. sterl. ; Bucellas, 36 à 46 liv. sterl. ; Calcavellas, 38 à 40 liv. sterl. (à l'entrepôt).
Autriche-Hongrie. — L'empire austro-hongrois produit 12 à 16 millions d'hectolitres de vin : la plupart des vins de Croatie, d'Êsclavonie, de Styrie, de Moravie, du Tyrol, de la basse Autriche et de la Bohême sont acides, légers et de conservation difficile; cependant les vins de montagne de la basse Autriche (Voslau, Modling, Mauerbach) sont plus estimés que ceux de la plaine récoltés sur les bords du Danube, et on peut citer en Esclavonie les crus d'Almas et de Vukovar; en Croatie, ceux de Ludbrog, de Pregorje, de Jaska; en Bohême, ceux de Melnik et de Podskalky; en Styrie, ceux de Marbourg : les vins deDalmatie (Zara) et de la province du littoral (Pisinio, Rovigno, Gorice, etc.); ceux de Transylvanie sont de meilleure qualité, mais le centre de l'industrie vinicole est la Hongrie.
Le cru le plus renommé est le fameux Tokay (vin de liqueur), que l'on récolte sur la rive septentrionale delà Theiss, dans le comitat de Zemplin, et qui se classe suivant la qualité en essence (vin du cru impérial qui n'est pas dans le commerce), Ausbruch, Maschlasch et ordinaire. Parmi les vins blancs on peut citer encore ceux de Rust, d'OEdenbourg, d'Eisenbourg, de Saint-Georges, de Szegzard, d'Uhleiy; parmi les vins rouges, ceux de Mènes, d'Ofen, de Somlou, de Fiinfkirchen, de Villany, d'Erlau; parmi les vins mousseux, ceux de Presbourg et de Pesth dits champagnes hongrois.
L'Autriche a adopté l'hectolitre comme mesure légale, obligatoire à partir du 1Pr juillet 1876 : l'ancienne mesure est Yeimer, de 56 litres 589 dans l'Autriche allemande, et Vantai, de 50 litres pour les vins de Hongrie. Le prix du tokay s'élève jusqu'à 20 et 30 francs la bouteille pour le vin vieux; celui des vins rouges ordinaires ne dépasse pas 30 à 40 francs l'hectolitre.
Allemagne. — L'Allemagne produit, année moyenne, en y comprenant, la Lorraine et l'Alsace, 4,600,000 hectolitres de vins rouges ou blancs. Le grand vignoble des vins moyens est le Palatinat (Durkheim, Deidesheim, Ungstein, etc.);
mais le district producteur des vins fins est le Rheingau, dont les vins blancs n'ont pas de rivaux pour la richesse et la délicatesse du bouquet. Au premier rang se placent ceux de Johannisberg, dont le cru le plus fameux est la propriété de la famille de Metternich, de Hochheini, de Rudesheim, de Rauenthal (Nassau^, de Markobrunnen, de Steinberg, de Geisenheim, d'Assmannshausen, de Nieder- Ingelheim (Hesse). On désigne souvent en Angleterre les vins du Rheingau sous le nom de Hock.
On fabrique depuis quelques années des vins mousseux à Francfort, à Greuznach, à Eltwille (Nassau), à Schierstein (id.), etc.
Au-dessous des vins du Rheingau et au-dessus de ceux du Palatinat se placent ceux de la Hesse (Nierstein, Laubenheim, Grafenberg), dont le roi est le fameux Liebfrauenmilch récolté dans les environs de Worms, ceux de YAhr, rouges et blancs, ceux de la Moselle (Scharzhofberg, Wittlich, etc.).
La Lorraine et l'Alsace produisent environ 1,700,000 hectolitres de vins rouges et blancs, en général de qualité médiocre, sauf ceux de Molsheim, de Neuviller et de Volksheim (ancien département du Bas-Rhin), et ceux de Ribeauvillé, deSoultz, de Riquewihr, de Gusbourg et de Colmar (ancien département du Haut-Rhin).
Le grand-duché de Bade produit dans les environs d'Ofienbourg, de Miihlheim, de Fribourg, de Weinheim, d'Oberkirch, de Meersbourg, sur le lac de Constance des vins rouges et blancs d'assez bonne qualité.
Enfin les vins blancs ou mousseux de Franconie (Leisten, Stein, Narstein), dans le district du Wurtzbourg, peuvent rivaliser avec les vins du Rhin.
La mesure la plus usitée pour les vins du Palatinat et du Rheingau est l'Ohm de 4 56 litres.
Le prix du johannisberg, très-rare, du reste, dans le commerce, s'élève jusqu'à 50 francs la bouteille : les vins du Rheingau sont cotés à Londres de 750 à 1,250 francs les 456 litres; ceux du Palatinat et de la Moselle, de 250 à 750 francs suivant qualité (à l'entrepôt).
Suisse. — La Suisse possède dans le canton de Vaud (Vevey, Grandvaux, Ivorne, Aigle, Peseux et Chez-le-Rar), de Genève (Confignon), du Valais (Sion et Vétroz), de Zurich (Stadel et Rheinau), quelques vignobles estimés, mais dont les produits ne donnent pas lieu à un commerce appréciable en dehors du pays.
Gvèce et Levant. — La Grèce et la Turquie produisent des vins blancs et rouges qui n'entrent guère dans le commerce, et surtout des vins de liqueur longtemps célèbres sous le nom de malvoisie et de Chypre, mais très-rares aujourd'hui (vin de Chypre véritable, à Marseille, 4 40 à 450 francs l'hectolitre).
Afrique. — L'Asie, l'Amérique et l'Océanie, bien que la vigne y soit cultivée et que la fabrication du vin s'y développe rapidement, n'exportent pas leurs produits; mais l'Afrique possède quelques vignobles d'une réputation universelle. En Algérie, bien que l'industrie vinicole soit encore dans l'enfance, la production est déjà considérable, et quelques-uns des crus de la province d'Oran (Mascara, Valmy, Misserghin, Rivoli, etc.) et de celle d'Alger (Ponteba, Blidah, Coléah), peuvent rivaliser avec les vins de France et d'Espagne.
Les îles Madères produisaient autrefois près de 450,000 hectolitres de vins de liqueur (malvoisie) ou de vins secs; mais, depuis 1852, la maladie a détruit presque toutes les vignes, remplacées par des plantations de canne à sucre et de nopals; ce qui n'a pas restreint la consommation des prétendus madères,
aussi répandus dans le commerce que les véritables le sont peu. Les îles Açores produisent des vins qui se rapprochent de la qualité du madère et qui se vendent sous ce nom; et on fabrique dans les îles Canaries des vins de liqueur de qualité supérieure, aussi rares, du reste, que le madère véritable.
Le madère dit véritable était coté à Marseille, en 1878, 160 à 170 francs l'hectolitre; le madère imité, 60 à 70 francs; à Londres, provenance directe, 2,800 fr. la pipe de 527 litres.
Enfin la Colonie du Cap possède dans les environs de la ville de ce nom des vignobles d'une grande fertilité, et dont le plus fameux est le cru de Constance. Le vin de Constance proprement dit se divise en quatre catégories : Pontac, rouge, Frontignac jaune, Constance rouge autre que Pontac, et Constance blanc. Ces vins se payent de 75 à 100 francs la caisse de 24 demi-bouteilles prise au port. On les expédie plus rarement en barils de 68 litres (15 gallons) et de 34 litres (7 galons 1/2).
Les autres vins du Cap se classent en vins secs dits de madère, de sherry, Honeypot et Stein, et vins secs ou doux de Pontac et de Muscatel. Ils sont en général trop doux ou trop acides, peu corsés et mal fabriqués. Le Pontac rouge qu'on additionne d'alcool et qui offre une certaine analogie avec les vins d'Espagne, se vend de 0 fr. 80 à 1 fr. la bouteille; les imitations de madère et de sherry, 1 fr. 25 à 1 fr. 50; les autres sortes, de 30 à 70 francs par legger ou pièce de 26 gallons impériaux 3/4, de k litres 54 centilitres chacun.
Régime douanier. — Les droits à l'entrée en France pour les vins étrangers sont fixés à 3 fr. 50 l'hectolitre pour les vins de toute espèce, par les tarifs conventionnels.
Les vins titrant plus de 15 degrés d'alcool acquitteront le droit de l'alcool sur la quantité d'esprit excédant i5 degrés et le droit du vin sur le reste. (Projet de tarif de 1878»)
VOLAILLES
Sans entrer ici dans des détails qui appartiennent a l'histoire naturelle, nous nous contenterons d'énumérer dans le tableau suivant les principales races d'oiseaux de basse-cour qui donnent lieu à un commerce dont quelques chiffres suffisent à faire ressortir l'importance. En 1874, Paris consommait 4,500,000 poules, 400,000 chapons, 700,000 canards, 1,700,000 pigeons, 700,000 oies et 400,000 dindes, et le commerce d'exportation des œufs s'élevait en 1875 a 46 millions de francs. Les prix indiqués ci-dessous sont empruntés à la mercuriale des halles et marchés de Paris, et représentent la moyenne de 1877 et de 1878 (marché en gros).
VOLAILLES 10 fr. les 100 kilog. (tarif de 1878).
PRIX
(Consommation
à Paris, frais compris).
PROVENANCES
RENSEIGNEMENTS
DIVERS
Canards communs ou barboteurs
La pièce.
Eure, Indre-et-Loire, Loire-Inférieure , Loiret, Sarthe, Seine-et- Cise, Haute-Garonne.
Sarthe, Calvados,Ain.
Aube, Cher, Indre-et- Loire, Loiret, Loir-et- Cher, Seine-et-Marne. »
Les foies de canards sont employés à Toulouse à la fabrication de terrines et de pâtés fort estimés.
Canards gras
Chapons et poulardes
Crêtes de coq en lots
Dindes grosses ou grasses
Faisans et coqs
ZINC
VOLAILLES
PRIX
(Consommation
à Paris, frais compris).
PROVENANCES
RENSEIGNEMENTS
La pièce.
Toulouse, Strasbourg, Le Mans, Mortagne.
Les foies d'oie servent à la fabrication des pâtés de Strasbourg.
Nord, Pas-de-Calais, f +Le f^eon de voliè,:e Oise, Somme, Seine-et- £?*. P,us ?ros <lue le Oise. etc. bizet ou pigeon de co-
"'uy *»,v | \ lombier.
1,70-4 Ain, Eure-et-Loir, ûctLeSAraCeStleS„ pI!,,S
8,50-10 Somme, Seine-et-Oise %*£™» so"1 cvefUes d*