DE L'AMORTISSEMENT
385. Celui quia emprunté une somme, bien qu'il en paye exactement les intérêts aux échéances convenues, reste perpétuellement débiteur du capital : c'est une rente ordinaire, dite perpétuelle. Pour se libérer, il faut un remboursement intégral. Ainsi, lorsqu'un gouvernement fait un emprunt, s'il ne demande à l'impôt que le montant de l'intérêt chaque année, il reste débiteur du capital. Mais s'il élève assez cet impôt pour avoir un excédant qui, capitalisé par intérêts composés, produise une somme sans cesse croissante, il retrouve, après un certain temps, le capital emprunté, et il peut le rembourser. Or, pour placer cet excédant à intérêts composés, il suffît de racheter les titres mêmes de la rente au cours et sur la place, et ce cours est ordinairement plus bas que celui de l'émission. Une caisse spéciale est chargée de ces opérations : elle reçoit les dotations annuelles, les emploie au rachat, et tient registre des fonds d'accroissement et des rentes achetées. Telle est la fonction de la Caisse d'amortissement.
386. Le gouvernement français, en émettant des rentes à 5, h 1/2 et 3%, se reconnaît débiteur d'un capital de 100 francs, qu'il n'est point obligé de rembourser, mais dont les arrérages sont payés au Trésor le
Ie' janvier, le 1er avril, le 1er juillet, le 1er octobre pour le 3 %» les 22 mars et 22 septembre pour le & 7%, les 16 février et 1 6 août pour le 5 %.
Le capital fixe de 100 francs pour les rentes annuelles qui sont payées chaque semestre ou chaque trimestre, par le Trésor, est nommé le capital nominal; la rente ou intérêt de 5 francs, 4 francs, 4 fr. 50 ou 3 francs, qui est invariable, se nomme Yintérêt nominal.
Mais le prix réel de la rente, c'est-à-dire le montant de la somme qu'il faut payer quand on achète une rente de 5 francs, 4 fr. 50 c,
4 francs ou 3 francs, est essentiellement variable; il hausse ou il baisse presque tous les jours, selon les nouvelles politiques, les circonstances ou par des causes diverses, dont l'explication est étrangère à notre sujet, ainsi que celle des spéculations auxquelles donnent lieu les variations continuelles de ce prix réel appelé le cours.
Le prix qui est coté chaque jour dans les feuilles publiques est ce qu'il faut débourser en espèces pour devenir propriétaire d'une rente de
5 francs, 4 francs, 4 fr. 50 c. ou 3 francs. Ce prix réel, qui a été, pour le 5, à 50 et 51 francs en 1816, est monté jusqu'à 122 fr. 50 en 18/j0.
Comme le prix réel diffère du capital nominal, 100 francs, tandis que la rente est invariable, il en résulte un intérêt réel différent de l'intérêt nominal.
Les questions relatives aux rentes se résolvent par de simples règles de trois.
1er Exemple : Combien coûteront 50 00 francs de rentes 5 %» au cours de 110 francs?