Endossements de la lettre précédente
Payez à l'ordre de monsieur Vidal, valeur en compte.
Paris, 4 janvier, 18..
Brazilier (Isaac).
O/M. Robidon (par abréviation, au lieu de : payez à l'ordre de monsieur R.), valeur en marchandises. Le Havre, G janvier 18..
Vidal.
Pour acquit.
Le Havre, 7 janvier 18..
Robidon.
Le preneur Brazilier a acheté cette lettre à G. Dumont, parce qu'il voulait envoyer à son correspondant Vidal, habitant le Havre, une somme à valoir sur son compte ; il l'a donc endossée à Tordre de Vidal, valeur en compte. Brazilier est devenu premier endosseur et Vidal est le nouveau porteur. Ce dernier, ayant acheté des marchandises à Robidon, lui a passé la lettre de change au moyen du deuxième endossement : payez à l'ordre de M. Robidon, valeur en marchandises. Vidal est devenu le second endosseur et Robidon le dernier porteur. Robidon se rend chez Cottis qui le paye, et il appose ces mots : pour acquit, il signe et livre la lettre de change au tiré.
33. S'il arrivait que la lettre de change précédente s'égarât, on réclamerait un duplicata qui équivaudrait à une seconde de change et n'en différerait que par le mot duplicata, remplaçant ceux de seconde de change. Ainsi on mettrait : à présentation, payez par ce duplicata (la présente de change n'étant pas payée). Les traites se font par première, seconde, troisième, etc., lorsqu'on le réclame.
Lettre de change par première
Paris, 7 octobre 18.. B. P. F. 845,60
Fin décembre prochain, payez par cette première
de change, à l'ordre de Monsieur Robert, la somme
de HUIT CENT QUARANTE-CINQ FRANCS SOIXANTE CENTIMES,
valeur reçue en marchandises, que passerez suivant Vavis de
Lavino.
A Monsieur Benouard, négociant, à Lille.
Même lettre tirée par seconde.
Paris, 7 octobre 18.. B. P. F. 845,00
Fin décembre prochain, payez par cette seconde de change {la première ne l'étant) à l'ordre de Monsieur Robert, la somme de huit cent quarante - cinq francs soixante centimes, valeur reçue en marchandises, que passerez suivant l'avis de
Lavino.
A Monsieur Renouard, négociant, à Lille.
Les mots : la première ne l'étant, entre parenthèses et placés après seconde de change, sont de rigueur. Sur la lettre de change tirée par troisième, après troisième de change on écrirait (la première et la seconde ne l'étant), et ainsi de suite. On est libre, en respectant le français plus que la tradition, de remplacer ne Vêtant par n'étant pas payée ou payées.
La copie d'une première de change rend le même service qu'une seconde de change. Voici le motif qui a fait naître l'idée de créer ce nouveau titre :
Goulard reçoit de son débiteur Nanteuil une traite sur Guibal. La signature de Nanteuil, sans l'acceptation de Guibal, se trouve d'une négociation difficile. Goulard, pour éviter de demander à Nanteuil une seconde lettre, prend le parti de faire présenter l'original à l'acceptation par Griolet et il trouve plus facilement à endosser la copie suivante.
Copie de première :
Paris, 15 novembre 18.. B. P. F. 3240,30
Au trente et un décembre prochain, payez par cette première de change, à l'ordre de M. Goulard, la somme
de TROIS MILLE DEUX CENT QUARANTE FRANCS TRENTE CENTIMES,
valeur reçue en espèces que passerez suivant l'avis de
Nanteuil.
A Monsieur L'original à l'acceptation chez M. Griolet,
Guibal, négociant, négociant, à Besançon.
à Besançon. Goulard.
Tout endosseur a de môme la faculté de se procurer l'acceptation du tiré. Il n'a qu'à copier textuellement la lettre de change et les endossements; avant d'écrire les signatures du tireur et des endosseurs, il a soin de mettre signé, et lorsqu'il a fini de transcrire le dernier endossement, il ajoute au bas : jusqu'ici copie. L'original est alors envoyé à l'acceptation et sa copie mise en circulation.
A l'échéance, le porteur retire l'original de chez le dépositaire, afin de pouvoir y apposer son acquit.
35. Lettre de change tirée par première et envoyée à l'acceptation :
Paris, 1er avril 18.. B. P. F. 4280
A vingt jours de vue, payez par cette première de changera l'ordre de Monsieur Duclos, la somme
de QUATRE MILLE DEUX CENT QUATRE-VINGTS FRANCS,
valeur reçue en espèces et que passerez suivant l'avis de
Dubois.
A Monsieur Accepté pour la somme de quatre mille deux cent quatre-vingts francs. Duaure, négociant, Reims, 3 avril 18..
à Reims. Dufaure.
36. Même lettre de change tirée par seconde, la première étant acceptée :
Paris, 1er avril 18. . B. P. F. 4280
A vingt jours de vue, payez par cette seconde de change
(la première ne Vêtant pas), à Vordre de Monsieur Duclos,
la somme de quatre mille deux cent quatre-vingts francs,
valeur reçue en espèces et que passerez suivant l'avis de
Dubois.
A Monsieur La première se trouve acceptée chez Monsieur Joly,
Dufaure, négociant, négociant, à Reims,
à Reims.
Une lettre de change acceptée est plus facile à négocier. C'est pour cette raison que Dubois, le tireur, a fait présenter la première à l'acceptation, par l'entremise de son correspondant Joly, à Reims. Celui-ci, ayant donné avis à Dubois de l'acceptation, la garde entre les mains jusqu'à ce que le porteur du second exemplaire sur lequel est indiqué où se trouve la première acceptée, vienne la réclamer chez lui. Le tiré ne payera pas sur la présentation de la seconde de change, si elle n'est accompagnée de la première acceptée par lui.