DU CHANGE
Du Change intérieur.
06. Les opérations sur les changes intérieurs sont aujourd'hui du domaine des maisons de banque. Lorsqu'un commerçant a fait une traite sur un de ses débiteurs et qu'il ne trouve pas de preneur, ou bien, s'il doit faire une remise à l'ur de ses créanciers et qu'il ne possède pas d'effets de commerce convenables, il recours alors à un banquier qui escompte sa traite ou lui vend la remise dont il a besoin.
Les banquiers servent d'intermédiaires entre les négociants qui ont des recouvrements à opérer ou des dettes à acquitter. Ils se livrent encore aux spéculations qui ont pour objet le commerce des matières d'or ou d'argent, des monnaies, des fonds publics; ils tiennent des dépôts, ouvrent des crédits; en un mot, ils font les mêmes opérations que les banques publiques, avec cette différence qu'ils n'opèrent qu'au moyen de leurs capitaux et de leur crédit, tandis que celles-ci ont le privilège exclusif de pouvoir, sans bourse délier, mettre en circulation des billets à vue et au porteur.
Les banquiers tiennent des comptes courants portant intérêt pour régler les différentes opérations de banque qu'il font entre eux, et ils les arrêtent et les soldent à des époques de convention. Les opérations que les banquiers font entre eux consistent à tirer les uns sur les autres des lettres de change qu'ils négocient, c'est-à-dire vendent aux négociants et aux particuliers, ou à se faire des remises en lettres de change payables dans leurs villes respectives ou à proximité et qu'il ont escomptées aux négociants.
Depuis le 27 mars 4 872, il existe à Paris un clearing house, bureau de compensation, où se règlent les principales opérations de banque. Les grandes maisons de crédit et de commerce y envoient chaque jour leurs effets sur les établissements qui ont adhéré à cette institution; les écritures sont centralisées et les différences portées au débit ou au crédit des maisons qu'elles concernent. On évite ainsi des déplacements de fonds considérables.
Les banquiers peuvent aussi servir de caissiers aux grandes maisons de commerce. Lorsque celles-ci ont un payement à faire, elles donnent un chèque sur leur banquier, qui paye en leur place et porte la somme au débit de leur compte courant. Les sommes qu'elles font verser ou versent elles-mêmes chez leur banquier, les traites qu'elles négocient sont inscrites au crédit de ce compte courant portant intérêt. A chaque opération, le banquier inscrit sur le carnet de correspondance le chiffre du crédit dont son client peut encore disposer, ce qui fait éviter le désagrément d'un refus en cas de demande dépassant le crédit disponible.