‹ Manuel encyclopédique du commerceChapitre 880 sur 1459 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

Des arbitrages de banque.

161. En termes de Bourse, un arbitrage est une opération par laquelle on échange une valeur de Bourse contre une autre, en vendant l'une et en achetant l'autre. Par exemple, si les actions du chemin de fer d'Orléans sont présumées devoir hausser de 10 % au plus, et les actions du chemin de fer de Lyon de 20 %, le spéculateur trouve avantage à vendre les actions d'Orléans qu'il détient, pour acheter les actions du Lyon; il juge, il arbitre en faveur du chemin de fer de Lyon.

165. Les arbitrages de banque consistent à choisir la voie la plus avantageuse pour tirer ou pour remettre des lettres de change sur une place étrangère ; arbitrage de banque désigne aussi le trafic qui consiste à acheter des effets sur une place étrangère où ils sont dépréciés, pour les revendre sur d'autres places où ils sont recherchés.

Vendre au plus cher et acheter au meilleur marché, tel est, en résumé, le but à atteindre par l'emploi des arbitrages.

Or, les prix d'une marchandise ne sont comparables qu'autant qu'ils sont ceux d'une même quantité de cette marchandise; et, lorsqu'il s'agit d'effets de commerce, qu'autant que ces prix sont rapportés à une même échéance.

Examinons comment on peut arriver à satisfaire à ces deux conditions.

163. Supposons que nous ayons à opérer avec Berlin. Naturellement il nous faut sous les yeux les cotes de Berlin et Paris.

Cote de Berlin.

6 % Paris 2/m. 77 1/2 th. pour 300 fr.

Amsterdam 2/m. 140 1/2 — 250 fi. c.

Hambourg 2/m. 148 3/4 — 300 M. B.

Londres..'" 3/m. 6.16 1/2 — 1 1. st.

Vienne 2/m. 94 3/4 — 150 fi. a.

Francfort 2/m. 56.18 — 100 fi. s.

Saint-Pétersbourg. . . 3/sem. 105 — 100 R. a.

Cote de Paris.

6 % Berlin 3/m. 370 fr. pour 100 th.

5 % Amsterdam 3/m. 213 — 400 fî. c.

9 % Hambourg 3/m. 187 1/2 — 400 M. B.

4 1/2% Londres 3/m. 24,95 — 1 1. st.

5 % Vienne 3/m. 244 — 4 00 fl. a.

6 % Francfort 3/m. 212 1/4 — 100 fl. s.

5 °/„ Saint-Pétersbourg. . . . 3/m. 397 — 100 R. a.

Nous prenons comme même quantité de marchandises le certain que la place étrangère donne à Paris, soit ici 100 thalers, et nous ramènerons toutes lts échéances à vue.

Nous avons constaté (150) qu'une traite de 400 thalers et une remise de 4 00 thalers font encaisser ou débourser exactement la même somme, quand on l'ait d'abord abstraction des frais de négociation, pour n'en tenir compte qu'à la fin du calcul; c'est ainsi que nous allons opérer.

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