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Il faut débiter ce compte

Du loyer, des impositions, de la patente, des ports de lettres, des achats de timbres-poste, des appointements des commis, des gratifications, des assurances contre l'incendie, des frais de bureau, du chauffage, de l'éclairage, des objets destinés aux emballages et généralement de toutes les menues dépenses nécessaires à l'exploitation d'une maison de commerce, etc.

Dans la pratique, et dans une maison de quelque importance, on ouvre un petit registre où Ton porte la plupart de ces dépenses,

payées par la petite Caisse, que Ton tient à cet effet. Ce registre est additionné tous les mois, et le total qu'il présente est porté au débit des frais généraux, par le crédit de la Caisse.

On le crédite des rentrées qu'on peut effectuer sur ces dépenses.

On solde le compte par celui de Pertes et Profits.

S'il y avait plusieurs associés, et que l'acte de société autorisât un certain prélèvement mensuel, égal pour chacun d'eux, on pourrait porter au débit du compte de frais généraux les levées de fonds faites dans ces conditions, ce qui dispenserait de les porter à leurs comptes individuels.

On le créditerait de ce qui pourrait rentrer de ces dépenses.

Ce compte serait soldé, à la fin de Tannée, par Pertes et Profits.

Ce solde ferait connaître précisément à combien s'élèverait ce genre de dépense.

Du compte de dépenses particulières ou personnelles.

140. On débite ce compte de toutes les dépenses personnelles qu'on peut faire, telles que celles de vêtements, argent de poche, dépenses en plaisirs, voitures, chevaux et présents faits.

On le crédite de ce qui peut rentrer de ces dépenses. On le solde par Pertes et Profils.

Du compte de frais de maison.

141. On débite ce compte de toutes les dépenses faites pour la maison, telles que frais de nourriture, parties de Loyers étrangers au commerce, gages de domestiques, assurance de mobilier, etc.

On le crédite de ce qui peut rentrer de ces dépenses. Ce compte est soldé, à la fin de l'année, par Pertes et Profits.

Ce solde fait connaître précisément à combien s'élève ce genre de dépense.

On pourrait aussi ouvrir des comptes particuliers à nourriture, à vêtements, à voitures et chevaux, à argent de poche, etc., etc., si l'on avait intérêt à connaître exactement ces détails.

On pourrait réunir ce compte au précédent et n'en ouvrir qu'un seul sous le titre de compte de dépenses personnelles et de maison.

Du compte d'intérêts.

142. On le débite des intérêts qu'on paye; on le crédite de ceux qu'on reçoit; on le solde par Pertes et Profits.

Ce compte est en usage dans les maisons de banque et de commission, où les comptes courants des correspondants portent intérêts.

Du compte de commission.

143. Chez les négociants-commissionnaires, où l'on veut savoir précisément ce qu'on gagne en commission, on ouvre un compte spécial à commission.

On le crédite de toutes les commissions qui sont allouées. On le solde par Pertes et Profits.

Du compte d'assurances.

\kk. Quand on est assureur, on doit ouvrir un compte d'assurances.

On le crédite de toutes les primes reçues, on le débite des sinistres payés, et on le solde par Pertes et Profits.

Il ne faut créditer le compte d'assurances, des primes ou billets de primes, que lorsqu'on en touche le montant; car quelquefois ces billets de primes ne sont pas payés.

Du compte de succession.

1!|5. Lorsqu'on fait une succession dont le recouvrement doit s'opérer lentement et par portions, on ouvre un compte à succession.

On crédite ce compte de tous les recouvrements effectués, de la valeur de toutes les propriétés dont on hérite, en un mot, de toutes les valeurs provenant de la succession, en débitant tous les comptes où entrent ces valeurs.

On débite le compte de succession de tous les payements faits pour acquitter les legs, les charges et les frais de la succession.

Lorsque la liquidation est entièrement terminée, on solde le compte de succession par Pertes et Profits, ou, mieux encore, par capital.

DE QUELQUES COMPTES QUI NE PEUVENT ÊTRE CONSIDÉRÉS COMME DES SUBDIVISIONS DES CINQ COMPTES GÉNÉRAUX PRÉCÉDENTS.

H6. Ainsi que nous l'avons déjà dit, on ne doit pas multiplier les comptes sans une utilité bien reconnue ; mais il en existe cependant quelques-uns qui, par leur importance, doivent, quand il y a lieu, figurer sur les livres du négociant; tels sont ceux qui se rapportent au mobilier, aux immeubles, aux loyers payés d'avance et aux dots qu'on est susceptible de constituer.

Mobilier industriel.

\ hl. Quand les dépenses d'installation et d'agencement sont minimes, on peut en débiter directement le compte de frais généraux; mais quand ces dépenses sont de quelque importance, il est nécessaire de leur ouvrir un compte, qui sera débité, au prix de revient, des casiers, rayons, comptoirs, bureaux, appareils de chauffage et d'éclairage, chevaux et voitures servant à l'exploitation, et enfin de tous les frais quelconques d'installation.

Il sera également débité du prix des acquisitions successives et de toutes les dépenses d'entretien.

11 sera crédité du produit des ventes qui pourront être faites en tout ou en partie.

A l'époque de la balance générale, on portera au crédit de ce compte la valeur du mobilier existant, après l'avoir diminué d'un dixième ou d'un

vingtième, plus ou moins, en raison de la dépréciation résultant de l'usage, et on le soldera par Pertes et Profits.

Mobilier personnel.

148. Ce compte sera débité du prix d'achat de tous les meubles, linge, bijoux, argenterie, vaisselle, chevaux, voitures et autres à l'usage particulier du négociant.

Comme le précédent, il sera également débité des acquisitions successives et des dépenses d'entretien, et crédité des produits des ventes qui pourront être faites.

A l'époque de la balance générale, on procédera exactement de la même manière que pour le compte précédent.

Compte d'immeubles ou de chaque immeuble.

1^9. Lorsqu'on possède des immeubles, qu'on en achète, ou qu'on en hérite, on ouvre un compte d'immeubles.

Ce compte doit être débité d'abord de la valeur de l'immeuble, au prix de revient ou d'estimation, ensuite de tous les frais d'entretien, réparations, impositions, constructions nouvelles, assurances, gages, etc., en un mot de tous les déboursés qu'il occasionne.

On le crédite des loyers, revenus ou produits quelconques en espèces ou en nature; enfin on le crédite du prix de vente, si on le vend, ou de sa valeur à la fin de l'année, quand on fait la balance, et le solde du compte, qu'on passe par Pertes et Profits, présente le revenu ou la dépense de l'immeuble.

On pourra aussi ouvrir un compte particulier à chacun des immeubles sous le nom de ferme de tel endroit, terre de..., château de..., maison rue...^ ce qui aura pour résultat de faire connaître le revenu ou les dépenses de chacun de ces immeubles.

Ces comptes seront tenus comme il est dit ci-dessus, en appliquant à chaque immeuble en particulier les recettes et les dépenses qu'ils occasionneront; on les soldera également par Pertes et Prolits.

Du compte de loyers payés d'avance.

150. Pour les loyers courants qui sont payés à chacun des termes de l'année, on les porte au débit du compte de Frais généraux; mais il n'en est pas de même pour les loyers payés d'avance, qui représentent un actif, et qui doivent figurer, à ce titre, dans la balance des comptes du négociant.

On ouvre donc un compte spécial, qui reste débiteur jusqu'au jour où les termes de loyers qu'il représente sont venus à échéance. On le balance comme tous les autres comptes.

Du compte de constitution dotale.

151. Lorsqu'on verse immédiatement le montant d'une dot, il faut débiter le capital et créditer le compte des diverses valeurs qu'on donne

en payement : dans ce cas, il n'y a pas lieu d'ouvrir un compte spécial.

Mais lorsqu'on constitue une dot dont on ne verse pas immédiatement le montant, il faut ouvrir un compte de constitution dotale, que Ton crédite du montant de la dot, par le débit du compte de capital.

On le débite du montant des valeurs données en payement par le crédit de ces dernières.

Quand, au contraire, c'est le négociant qui se marie, et qu'on lui verse le montant d'une dot, il doit débiter le compte de caisse et créditer le compte de constitution dotale de son épouse.

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