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COMPTES DE CAPITAL, DE BALANCE DE SORTIE ET DE BALANCE D'ENTRÉE

Pour ces trois comptes d'une nature particulière et qui sont d'une extrême importance, nous croyons devoir donner des explications développées.

Du compte de capital.

152. L'ensemble de tout ce que possède un négociant est appelé son actif; au contraire, l'ensemble de tout ce qu'il doit s'appelle son passif; on nomme capital l'excédant de l'actif sur le passif.

Le compte de capital sert à constater chaque année l'accroissement ou la diminution du capital d'un commerçant, résultant de ses opérations, qui le plus souvent produisent des bénéfices, mais peuvent, certaines années, donner de la perte.

Ce compte doit être crédité :

Avant tout, de la mise de fonds première du négociant, lorsqu'il entre dans les affaires ; ou de son capital reconnu, lorsque le négociant est depuis longtemps établi ;

De tous les héritages, legs ou accroissements accidentels de fortune.

Ce compte doit être débité :

De toutes les pertes importantes qu'il éprouve; — des dons qu'il fait; — des dots qu'il constitue ou qu'il rend ; — enfin, de tout ce qui tend à diminuer son capital.

A l'époque de la balance générale, on le débite de la perte que le négociant a pu éprouver dans l'ensemble de ses affaires; on le crédite au contraire du bénéfice qui en est résulté.

Cette perte accidentelle ou ce bénéfice est déterminé parle solde du compte de Pertes et Profits, qui vient accroître ou diminuer, à chaque balance générale, le Capital; on solde ce compte parla Balance desortie.

Le compte de Capital peut servir à commencer les livres comme celui de Balance d'entrée.

Du compte de balance de sortie.

153. Ce compte ne sert qu'à faire la balance générale des livres, c'est-à-dire à clore ou balancer tous les comptes ouverts au Grand-

COMPTES DE CAPITAL ET DE BALANCE. ll'iy

Livre; il réunit à son débit et à son crédit tous les soldes qui résultent de cette opération.

Pour opérer la balance générale, il faut débiter le compte de balance de sortie :

1° Des marchandises qui restent en magasin; — 2° de l'argent en caisse; — 3° des effets en portefeuille; — k° des meubles; — 5° des immeubles; — 6° des soldes dus par les débiteurs par compte; — en un mot, de tout l'actif quel qu'il soit.

Il faut le créditer :

1° Des effets à payer en circulation; — 2° des soldes dus aux créanciers par compte; — 3° en un mot, de tout le passif, quel qu'il soit; — 4° enfin, du solde du compte de capital.

Le compte de balance de sortie doit se trouver naturellement soldé par lui-même.

Ainsi, règle générale :

Le compte de balance de sortie doit être débité de toutes les valeurs composant l'actif du négociant, au moment où il fait sa balance générale; il doit être crédité de toutes les dettes figurant au passif , et du capital; de manière que ce compte présente en définitive le bilan, l'inventaire général ou état de situation exact du négociant, au moment où il fait sa balance.

Du compte de balance d'entrée.

154. Ce compte de balance d'entrée, qui n'est à vrai dire que la contre-épreuve de la balance de sortie, sert à rouvrir sur les livres tous les comptes que l'on vient de clore par balance de sortie.

En d'autres termes, le compte de balance d'entrée sert à faire reparaître à nouveau, sur d'autres comptes, les soldes dont on vient de se servir pour clore les anciens par balance de sortie.

Ainsi le compte de balance d'entrée sert à ouvrir et recommencer des livres.

En conséquence, il faut débiter balance d'entrée de tous les articles dont balance de sortie a été créditée, articles qui composent l'actif, et réciproquement le créditer de ceux dont balance de sortie a été débitée, lesquels composent le passif.

Le compte de balance d'entrée se trouve naturellement soldé par lui-même.

Ainsi les deux comptes de balance de sortie et de balance d'entrée sont imaginés, le premier pour clore les livres ou solder tous les comptes, dont il réunit et présente les résultats; et le second, pour recommencer ces livres ou rouvrir de nouveaux comptes par les soldes provenant des anciens.

Du compte de liquidation.

155. Lors de la dissolution d'une société, d'une nouvelle association ou du décès d'un négociant, on peut ouvrir un compte sous le nom de liquidation de telle succession, de l'ancienne société, ou sous tout autre nom.

Ce compte, si on le destine à solder tous les comptes ouverts sur le

Grand-Livre et à présenter dans un seul compte l'ensemble des soldes, pour connaître par avance le résultat de la liquidation ou de la succession, n'est évidemment autre chose que le compte de balance de sortie sous une autre dénomination.

Avant de solder tous les comptes par celui de liquidation, il faut avoir soldé tous ceux qui produisent des bénéfices ou des pertes, par le compte des Pertes et Profits, qu'on solde lui-même par celui de capital.

Enfin on balance capital, en créditant chaque associé ou chaque héritier de la part de capital qui lui revient.

Cela fait, on balance ou solde tous les comptes par celui de liquidation.

Si dans la suite il survient dans la liquidation quelque déficit ou quelque accroissement qui en modifie le résultat, on peut débiter ou créditer le compte de chacun des intéressés de sa part de cet accroissement ou de ce déficit, à mesure qu'il a lieu.

On pourra aussi ouvrir sur les livres du négociant chargé de la liquidation un compte de liquidation, mais qui sera seulement destiné à être débité ou crédité des augmentations ou des déficits qui surviennent dans la réalisation des marchandises, ou des valeurs actives ou passives de la succession ou de la société.

Lorsque tout est fini, on répartit ces pertes ou ces bénéfices entre tous les intéressés.

Du compte personnel du négociant.

156. Le négociant ne doit pas avoir de compte ouvert sous son nom propre, puisqu'il est représenté par les comptes généraux imaginés pour le débiter et le créditer sous d'autres dénominations.

Toutefois, quand il veut se rendre compte d'une opération spéciale, il ouvre un compte particulier à cette opération, c'est-à-dire un des comptes que nous avons énoncés dans les différentes subdivisions des cinq comptes généraux ou tout autre analogue.

Du compte de chaque associé.

157. Lorsqu'il s'agit de la comptabilité de plusieurs commerçants réunis en société, les comptes généraux représentent la maison de commerce ou la société collectivement ; chaque associé est considéré comme un étranger pour tout ce qui le concerne individuellement et on lui ouvre un compte pour tout ce qui lui est particulier, sous le nom de notre sieur tel.

Du compte de notre sieur tel.

158. 1° On le crédite d'abord de sa mise de fonds ou portion du capital social;

2° De tous les fonds ou valeurs quelconques qu'il verse en outre dans la société :

3° De toutes les sommes que l'acte de société lui attribue en particulier.

On le débite de tout ce qu'il reçoit de la société ; des intérêts qu'il lui doit, comme aussi on le crédite de ceux qui lui reviennent.

On le débite de sa part de la perte, s'il y en a, à la fin de l'année, comme on le crédite de sa part de bénéfices, si la société en a recueilli.

Enfin, le compte de notre sieur tel est soldé par balance de sortie.

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