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SUBDIVISION DU COMPTE DE NOTRE SIEUR TEL, ASSOCIÉ

159. Lorsqu'on veut se rendre compte séparément de la mise de fonds, des versements, prélèvements, frais de voyage que peut faire chaque associé, on ouvre des comptes spéciaux à chacune de ces circonstances sous les noms ci-après :

Notre sieur tel, son compte de mise de fonds.

Noire sieur tel, son compte de versement à intérêts.

Notre sieur tel, son compte courant.

Notre sieur tel, son compte de voyage.

Du compte de notre sieur tel, son compte de mise de fonds.

160. Quand l'acte de société, fixant la mise de fonds de chaque intéressé, permet qu'elle ne soit pas versée immédiatement, mais successivement, on ouvre un compte de mise de fonds à chacun des associés.

On débite ce compte, par le crédit de capital, de la part de mise de fonds à faire.

On le crédite de tous les versements partiels qu'il effectue, et il se trouve soldé lorsque chacun des associés a complété sa mise de fonds.

Du compte de notre sieur tel, son compte de capital.

161. Au lieu d'un compte unique de capital, on peut aussi ouvrir un compte de capital à chacun des associés, qui reste ainsi constamment crédité de la portion de capital apporté par lui, et cela pour indiquer d'une manière saillante la mise de fonds de chacun.

Du compte de notre sieur tel, son compte de versement à intérêts.

162. Souvent dans les actes de société, les intéressés ont la faculté de verser dans la caisse sociale des fonds qui leur rapportent intérêts.

En conséquence, lorsque ces versements s'opèrent, on ouvre le compte : Notre sieur tel, son compte de versement à intérêts, pour le créditer de tous les versements à mesure qu'ils s'effectuent.

On le débite des fonds qui sont repris.

On le crédite, à la fin de l'année, des intérêts, et on le solde par balance de sortie.

Du compte de notre sieur tel, son compte courant.

163. Outre les précédents, on ouvre un compte intitulé : notre sieur tel, son compte courant, pour y porter d'abord toutes les sommes qui ne produisent aucun intérêt, et ensuite les affaires qui ne peuvent être comprises dans les comptes précédents.

Du compte de notre sieur tel, son compte de voyage.

16/i. Lorsqu'un associé se met en voyage pour le compte de la société, on peut lui ouvrir un compte de voyage.

On le débite de toutes les valeurs qu'on lui remet à son départ, qu'on lui envoie après, de ce qu'il reçoit des correspondants, des traites ou mandats qu'il tire sur la maison.

On le crédite, au contraire, de toutes les remises ou envois de fonds qu'il fait, de ses achats au comptant pour le compte de la société, des sommes qu'il verse à divers, des payements des traites ou mandats tirés sur lui et dont il acquitte le montant, enfin de tous les débours et frais de voyage.

Au retour, le compte est balancé par la somme que l'associé reçoit ou donne pour solde, ou encore par le compte courant de l'associé, s'il n'en verse pas le solde, ou si on ne lui en fait pas le versement (selon la situation de son compte) à son arrivée *.

Des comptes différents qu'on peut ouvrir à un même correspondant.

165. Si l'on fait avec un correspondant une opération bien distincte, où les frais et les avances, les recettes et les payements, les bénéfices et les pertes sont entièrement pour son compte, pour ne pas confondre ces écritures dans son compte courant ordinaire, on lui ouvre alors un compte séparé intitulé: tel, son compte de marchandises ou de banque; tel, son compte de navire, etc.

L'opération qui nécessite l'ouverture d'un compte de marchandises dans ce cas peut être faite dans deux conditions différentes, selon que les marchandises qui en sont l'objet doivent être vendues avec ou sans la garantie du vendeur.

Dans le premier cas on débite ce compte :

De tous les frais occasionnés par les marchandises reçues pour son compte, du montant des avances faites, des mandats ou traites payés, des remises que l'on fait ou des achats pour compte; en général, de tout ce qu'on paye pour le compte de tel, à l'occasion de ses marchandises.

On le crédite :

Du produit des ventes des marchandises de tel, des sommes qu'il remet, des traites ou mandats tirés sur lui, et en général de toutes

1. Cette manière de procéder peut également être appliquée à un commis voyageur qui n'a aucun intérêt dans la maison qu'il représente.

les valeurs reçues ou des recouvrements opérés à l'occasion de ces marchandises. Lorsque l'opération pour laquelle on a ouvert ce compte est terminée, on porte au débit les intérêts qui sont attribués au vendeur, ainsi que les frais de ports de lettres, de commission et autres, et Ton solde le compte d'un tel, son compte de marchandises, par son compte courant ordinaire.

Dans le second cas, c'est-à-dire si l'on doit réaliser la vente des marchandises sans garantie des crédits que l'on est susceptible d'accorder, on débitera le compte de tel, compte de marchandises, par le crédit de son compte particulier.

On créditera le compte de tel, son compte de marchandises, du produit des ventes, par le débit des personnes auxquelles on les vendra; et quand toutes les marchandises seront vendues, on soldera le compte comme il est dit ci-dessus; seulement, cette manière de procéder aura pour résultat de faire connaître exactement le nom des acquéreurs, et s'il s'en trouve qui ne payent pas le prix de leurs acquisitions à terme, on pourra, une fois le compte de tel, son compte de marchandises, arrêté, en débiter son compte courant.

S'il s'agissait d'opérations de banque au lieu de marchandises, on ouvrirait un compte intitulé : tel, son compte de banque; si c'est un navire qui est consigné, on ouvre un compte sous le nom de : tel, son compte de navire.

Tous ces comptes sont tenus d'après les mêmes principes que les précédents. Ils sont débités de tous les débours qu'ils occasionnent, crédités de toutes les rentrées, et soldés par le compte courant de tel.

Des comptes en participation et de compte à 1/2, à 1/3, à 1/4, etc.

166. Lorsqu'on fait une opération en participation, on ouvre un compte spécial sous le nom de compte en participation, et de compte h 1/2, à 1/3 ou à 1/Zi, avec tels et tels.

On y inscrit toutes les affaires relatives à cette opération, comme on le ferait pour celles d'une société ordinaire ; quant aux comptes en participation, à 1/2, à 1/3, à l//i, etc., qui exigent de doubles, triples ou quadruples colonnes intérieures, il faut avoir recours au Traité des comptes en participation (Livre X).

Des comptes ouverts en commun à plusieurs débiteurs ou à plusieurs créanciers.

167. Lorsqu'on veut éviter d'ouvrir un trop grand nombre de comptes sur le Grand-Livre, ou lorsque les relations avec certains individus sont trop rares pour qu'on ouvre un compte courant à chacun, on peut comprendre une classe nombreuse d'individus sous une même dénomination et dans un seul compte tel que celui :

168. De divers débiteurs; de divers créanciers; ou de divers débiteurs

et créanciers; de débiteurs douteux ou litigieux; d'ouvriers, etc.; de légataires et créanciers divers de la succession, etc. , etc.

On débite ou l'on crédite ce compte commun comme on débiterait ou créditerait le compte particulier de chaque individu et à l'aide de colonnes intérieures et de numéros de rencontre, comme au compte d'effets à recevoir.

Par ce moyen, on peut connaître la situation du compte de chaque débiteur ou créancier.

Mais cette méthode est moins claire que celle des comptes individuels, que nous conseillons de préférence, surtout s'il s'agit d'un grand nombre de personnes.

Dans ce cas, on établit un livre auxiliaire de comptes courants, semblable à celui qui est mentionné aux paragraphes 324 et suivants.

On procède alors comme il est dit ci-dessus pour passer les articles de crédit ou de débit au journal; s'il s'agit, par exemple, de ventes nombreuses à terme opérées dans la même journée à une certaine quantité de personnes, on passera un seul article, de :

Comptes courants à Marchandises générales, en indiquant chaque personne, ainsi que la somme dont elles doivent être individuellement débitées.

Le compte ouvert aux comptes courants, sur le Grand-Livre des affaires générales, aura un folio correspondant avec le sien, sur le livre auxiliaire des comptes courants, de manière à ce qu'on puisse reporter à chaque compte particulier ouvert sur ce dernier toutes les opérations, soit au débit, soit au crédit, qui pourraient le concerner.

En regard de l'article de comptes courants et de marchandises générales (ou de tout autre compte général), on indiquera sur le Journal le folio du Grand-Livre de la comptabilité générale, où ces comptes se trouvent ouverts, et en regard de chaque nom le folio de leurs comptes ouverts au livre des comptes courants.

Lors de la balance générale, tous ces comptes seront soldés par le même procédé que les autres comptes, et le solde collectif, débiteur ou créancier, devra être égal à celui que présentera la colonne des comptes courants, du grand livre de la comptabilité générale.

Dans le cas de grande multiplicité des comptes particuliers, on pourrait encore, ce qui serait préférable, établir deux grands-livres : le n° 1 servirait aux comptes généraux et à leurs subdivisions, et le n°2 aux comptes particuliers ou comptes courants,

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