dudit
Je me suis fait ouvrir un compte courant à la Banque de France, et j'y ai versé 30000 francs en espèces.
[J'ouvre un compte à la Banque de France, que je débite de l'argent que j'y verse ; je crédite la Caisse.] Et j'écris au Journal, art. 87.
J'ai vendu à Décliéver les 20 dernières pièces de drap de soie d'Arnauld, montant, suivant facture, à 7345 fr. Il m'a payé en une traite sur ledit Arnauld au 8 avril prochain, qu'il a passée à mon ordre, et que j'ai envoyée à Arnauld acquittée, à valoir sur ses draps de soie . 7345 fr.
[J'ai vendu des marchandises provenant de la consignation d'Arnauld ; je dois donc créditer Arnauld son compte de marchandises (165); quant à Décliéver, qui les a achetées, comme il me les paye immédiatement en une traite sur Arnauld, ce seraient les Effets à recevoir que je
devrais débiter à sa place, si je ne donnais cette traite aussitôt en payement à Arnauld lui-même; c'est donc Arnauld son compte de marchandises qu'il faut débiter, puisque cette remise lui est faite à valoir sur le produit de ses draps de soie.] J'écris au Journal, art. 88. Arnauld son compte de marchandises à Arnauld son compte de marchandises, fr. 73^5, etc.
215. Voilà un compte débité et crédité de la même somme, ce qui s'annule.
En effet, il est certain que le solde du compte à' Arnauld son compte de marchandises restera le même, puisque le même chiffre va figurer au débit comme au crédit. Cependant il est utile de passer ainsi cet article qui se balance; car si on le supprimait, il manquerait au débit la mention de cette remise de 73^5 fr. que je fais à Arnauld en son propre billet, à valoir sur ses draps de soie ; il manquerait aussi au crédit la mention de la vente des 20 dernières pièces de drap de soie. Le compte serait donc incomplet dans les renseignements qu'il présenterait.
La vente des draps de soie d' Arnauld étant terminée, il faut passer écriture de la commission de vente et de garantie de k % qui me revient et s'élève à 1093 fr. 80
[Cette commission est un bénéfice pour moi, dont je crédite Pertes et Profits ; j'en débite Arnauld son compte de marchandises (165).] Et j'écris au Journal, art. 89.
Il faut solder le compte d1 Arnauld son compte de marchandises, qui est aujourd'hui sans objet, puisque la vente est terminée : en conséquence, j'additionne les sommes du débit de ce compte au Grand-Livre et celles du crédit. Il en résulte une différence ou un solde de 8706 fr. 20 c, qui se trouve en excédant au crédit et revient nécessairement à Arnauld.
[Comme, pour balancer son compte de marchandises, il faut que j'y porte au débit ce solde de 8706 fr. 20 c, j'en débite Arnauld son compte de marchandises, et j'en crédite par le même article Arnauld son compte courant.] J'écris au Journal, art. 90.
J'ai escompté à Forestier son billet à mon ordre au 20 juin,
de 1000 fr.
Escompte que j'ai retenu 30
Net payé 970 fr.
Il y a deux manières de passer écriture des escomptes et des négociations de billets; celle que nous avons suivie jusqu'à présent est la plus en usage chez les commerçants ; elle consiste à passer par Pertes et
Profits la différence en escompte qu'ils gagnent ou perdent à chaque négociation.
219. Mais on sent bien que chez les banquiers ou chez les escompteurs, qui font le commerce spécial du papier et qui donnent ou prennent des effets en grand nombre, il serait fort difficile et très-long de passer par Pertes et Profits les pertes ou le gain qu'ils peuvent faire à chaque opération ; en conséquence, ils tiennent leur compte d'Effets à recevoir absolument comme les commerçants tiennent celui de Marchandises générales ; ils débitent le compte d'Effets à recevoir de tous les billets qu'ils escomptent ou achètent, au prix coûtait ; ils créditent le compte d'Effets à recevoir de ceux qu'ils négocient au prix de vente ou négociation, sans s'occuper de l'escompte ni de la somme pour laquelle ils sont entrés.
220. A la fin de Tannée, lorsque tout est négocié ou encaissé, la différence du crédit, où sont portés les effets négociés ou vendus, avec le débit où figurent les effets achetés ou escomptés, détermine nécessairement le bénéfice ou la perte que l'ensemble des négociations de l'année a produit; bénéfice ou perte qu'on porte au compte des Pertes et Profits.
Procéder ainsi, c'est passer en bloc à la fin de l'année par le compte de Pertes et Profits toutes les différences qu'on y eût portées partiellement à chaque négociation dans le cours de l'année.
221. Dans cette manière abrégée on ne passe jamais écriture que du produit net des effets escomptés ou négociés, c'est-à-dire seulement de la somme déboursée ou reçue en espèces, sans s'occuper ni de l'escompte retenu ni des sommes stipulées dans le corps du billet ; mais ces sommes devant être nécessairement énoncées, on pratique au compte d'Effets à recevoir, au Grand-Livre, une colonne intérieure dans laquelle ces sommes sont placées et l'on ne sort dans la dernière colonne que le produit net figurant au Journal, afin qu'il y ait toujours concordance entre ces deux livres.
Pour appliquer cette manière à l'article proposé, on écrirait au Journal:
Effets a recevoir a Caisse fr. 970, escompté, le billet de Forestier à mon ordre, au 20 juin, de 1000 fr.
Escompte déduit 30
Net payé 970 fr.
Ainsi, les effets ne sont débités que de 970 fr., bien que la somme stipulée au corps du billet s'élève à 1000 fr., et le compte de Pertes et Profits n'est pas crédité de l'escompte; mais cela n'est que différé et suspendu jusqu'à la fin de l'année, époque où cette différence et toutes les autres provenant des escomptes et 'des négociations seront portées ensemble et en un seul article au compte de Pertes et Profits (220).
Nous continuerons à passer écriture selon la première méthode
usitée chez les négociants, en portant chaque fois l'escompte à Pertes et Profits.
[Dans l'article ci-dessus, il entre un billet à recevoir de 1000 fr. : j'en débite le compte d'Effets à recevoir. Je crédite la Caisse des 970 fr. qui en sortent, et le compte de Pertes et Profits des 30 fr. d'escompte que je gagne]. J'écris au Journal, art 91.
J'ai vendu au comptant vingt actions de la Compagnie du Soleil à 50 % de perte, y compris les 900 fr. de rente 5 % qui en forment la garantie 10000 fr.
J'en ai vendu dix autres au comptant à Lefebvre, à 30 % de perte sans les divers accessoires 7000 fr.
[Je débite la Caisse de l'argent que je reçois, et je crédite le compte ouvert aux actions de la Compagnie du Soleil pour les trente actions qui en sortent.] J'écris, art. 92. [Cette perte de 50 % n'est pas une perte pour moi, ce n'est qu'une manière usitée d'exprimer commercialement le discrédit de cette compagnie.]