‹ Manuel et code d'entretien et de construction, d'administration et de police des routes et des chemins vicinaux résuméChapitre 19 sur 68 · TRAVAUX DE CHARPENTE · texte numérisé non relu

TRAVAUX DE CHARPENTE

ne surcharge pas les murs qui le supportent ; mais il est tendre, moins raide que le chêne, se pourrit plus facilement que lui à l’humidité , et a le grave inconvénient'd’ètre flexible et élasti» que. Malgré tous ces défauts, on pèut l’employer dans les localités où il se vend à bas [trix.

Le pin 'et le mélèze ont les propriétés du sa* pin ; mais, comme ils sont lrè:>'résineux, ils se conservent mieux que lui à l’humidité.

11 est d’autres espèces inférieures à celles dont nous venons de parler et qn’cyi pe<it cependant employer dans les constructions. On ne doit pas perdre de vue , surtout dans les localités éloignées des grandes villes, que tous les bois peuvent servir à faire des ouvrages de charpente ; seulement s’ils sont trop flexibles et peu solides, il faut augmenter leurs dimensions ; et s’ils se corrompent promptement, il faut les goudronner ou les peindre avec soin. Lorsque ces précautions ont été mal prises, ou reconnues insuffisantes , on en est quitte pour renouveler, au bout de quelque temps , les pièces pourries ou brisées.

Les arbres sont sujets à avoir des défauts qui les rendent impropres aux constructions. Lorsqu’on les achète sur pied, on a besoin de quelque habitude pour ne pas se tromper sur les dimensions. 11 faut ensuite examiner si les branches sont vigoureuses, si la |èle ne manque pas de feuilles, si elle n’a pas de branches mortes ou malades. On rejettera les arbres qui auront eu de fortes branches cassées ou pourries, parce qu’il en résulte une gouttière dont la pourriture ee communique souvent dans tout le tronc ; oit

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se fera même accompagner d’un ouvrier exercé qui , en frappant ccailre le tronc, puisse recon.*naître si l’intérieur est bien sain. Enfin, on évitera autant que possible de choisir des arbres ^ qui auraient beaucoup de branches latérales très-fortes, parce qu’elles forment dans|le tronc des nœuds qui interrompent le fil du bois.

11^ Lorsqu’au contraire on achète les arbres abattus, il faut regarder les deux sections extrê* mes pour voir si le cœur n’éprouve pas déjà un commencement de décomposition ; sonder tous les nœuds pourris avec une tarière , et rejeter les sujets dans lesquels ces nœuds sont très-pro* fonds. 11 faut aussi examiner les fissures qui se forment dans les sections extrêmes après quel* ques jours d’exposition à l’air. Si elles sont courtes et dans le sens du rayon , elles ne [U'ésentent aucun inconvénient; raai^si elles forment des cercles concentriques, elles constituent ce qu’on nomme des roulures , et on doit rejeter les arbres qui les contiennent , surtout si elles sont à la fois visibles aux deux extrémités, parce qu’on est alors certaih. qu’elles se prolongent dans l’intérieur.

Les bois se mesurent au volume. L’ancienne mesure était la solive qui renfermait trois pieds cubes. La plupart des tables sont construites dans ce système ; mais il est beaucoup {dus simple de les évaluer au mètre cube. C’est ce qn’oa fait pour tous les travaux publics dirigés par les officiers du génie militaire et les ingénieurs desponts-et'chaussées.

r Les bois, lorsqu’ils ont été seulement dé*^ pouillés de leur écorce, ont une forme «ylin»

travaux, de charpente*

drique. On dit alors qu’ils sont en grume. Pour en avoir le cube , il faut mesurer avec un fil la circonférence moyenne , c’est-à-dire prise au milieu de la pièce de bois; calculer la surface du. cercle renfermé dans cette circonférence , et la multiplier par la longueur de la pièce; mais ce n’est pas ordinairement ainsi qu’on opère dane le commerce, car les bois n’étant ordinairement mis en œuvre qu’après avoir été équarris, c’està-dire mis sous la forme d’un parallélipipède à base rectangulaire , on est dans l’habitude de payer, non pas leur cube lorsqu’ils sont en grume|, mais celui qu’ils auraient après l’équarrissage.

Les marchands de bois , pour simplifier les calculs et déduire l’aubier, ont une règle facile qui consiste à prendre la circonjérence moyenne , et à en retrancher le sixième ; le quart du reste est Ut eété de F équarrissage.

Essayons de cuber, d’après cette méthode^ une pièce de bois qui aurait 8“»,S0 de long, et une circonférence moyenne de 1“,44.

La circonférence moyenne est de. . i™,44

Dont le '/g est 0m,24

La différence est de 1”,20

Le côté de l’équarrissage sera le 'j^ de ce nombre, c’est-à-dire 0“,30

L’équarrissage sel"à égal à 0“,30 multiplié par lui-même, c’est-à-dire à. . . . O“»,09

Multipliant ce nombre par la longueur de la pièce de bois qui lest de. . 8“,50

Nous avons pour le cube. . . * . . 0™,765

Pour équarrir un corps d’arbre, il faut ôter r«écorie sur la portion où doit se trouver l’arête de la pièce; c’est ce qu’on nomme faire une plumée. Sur la plumée ou trace avec un cordeau tendu trempé dans de l’eau noircie, et qu’ou cingle verticalement , la direction exacte de l’a« rête; on exécute ensuite à la hache la face verticale qui doit la contenir. Le charpentier ne se sert d’aucun instrument pour vérifier la verticalité ; il n’est guidé que par l’habitude. Après avoir exécuté une première face , il taille par le même procédé celle qui lui est parallèle ; après ‘ quoi il retourne la pièce , et achève les deux , autres.

Aujourd’hui les charpentiers équarrissent souvent à la scie et non à la hache. Ils font certainement ainsi des frais plus considérables; mais aussi ils ont l’avantage de détacher de la pièce principale de petit' s planches auxquelles ils donnent le nom de croûtes et qu’ils peuvent utiliser.

Souvent on ne commence par équarrir les pièces de bois que pour les débiter ensuite en. planches ou en solives, à l’aide de la scie. Pour exécuter celte opération, on monte la pièce sur deux chevalets. On rend deux de ses faces verticales ; on marque, à ses deux bouts des, points de division calculés suivant l’épaisseur des planches qu’on veut avoir , après quoi on la fait dé- * biter par des ouvriers nommés scieurs de long.

Passons maintenant à la description des ponts , en charpente. On nomme ainsi des planchers jetés sur une rivière dans le but d’établir une çommunication entre ses deux rives.

Pour construire un pareil pont, on commence

ÏRàVAUX DE charpente;

par encaisser la rivière entre deux murs, spécialement destinés à soutenir les terres voisines» et à supporter la charpente.

Leur épaisseur doit être au sommet d’à peu près 0°>,30, et à la base du tiers de la hauteur dep terres soutenues. Ainsi; elle doit diminuer, progressivement à partir des fondations.

La Planche III , fig. 1, représente un pont eu charpente de 4«>,00 d’ouverture. Il se compose de cinq poutres de 0>“,2o d’équarrissage et qui portent de 0m,20, sur les murs qui forment culée. Leurs poutres portent deux planchers qui ont chacun 0ni,06 d’épaisseur. A l’exlrémilé des culées sont placées deux bornes réunies par. une pièce de bois qui sert de garde-fou.

Nous ferons remarquer ici qu’un plancher se tourmente d’autant moins qu’il est formé de planches de plus petite dimension. Celles qu'on emploie le plus ordinairement ont 0“,20 de large sur 1™,00 de long.

Comme il est difficile de trouver des pièces assez fortes pour faire des poutres cquarrics à vive arête, lorsqu’elles doivent avoir une grande portée, on a imaginé dilférens moyens pour augmenter leur résistance. Un des plus simples consiste à refendre le corps d’arbre en deux, à placer les deux parties' dos à dos, le cœur en dehors, et à les boulonner fortement ensemble. Ce procédé, qui n’est pas très-usité, a de grands avantages; il laisse à la pièce toute sa force, il lui permet de sécher facilement» parce que le cœur est ouvert; enfin les angle» sont très-solides parce que l’aubieresten dedans. ^ Nous croyons que cette disposition peut être

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employée a-vec avantage dans les planchers qui sont cachés et qui n’ont pas à subir toutes ley influences de l’atmosphère; tels sont ceux de" aos habitations ; mais il ne faut pas se dissimuler que dans un pont elle ne donnerait que des résultats fort imparfaits; d’abord elle serait d’un effet désagréable à l’œil, ensuite il faudrait goudronner et peindre avec le plus grand soin les deux demi-circonférences , accolées l’une à l’autre, et veiller à ce qu’elles ne subissent au» ethie détérioration.

La fig. 2 représente un pont en bois de 8 mètres d’ouverture. Ici on ne s’est plus contenté de poser de simples poutres sur les culées, car la portée eût été assez grande pour les faire fléchir ; on a eu recours à des pièces auxiliaires , nommées contrefiches, qui s’appuient d*un côté sur les culées, et de l’autre sont assemblées sur les poutres.

L’ensemble d’une poutre et de deux contreliches constitue ce qu’on nomme une ferme.

Les fermes supportent un double plancher, comme dans la fig. 1. Le garde-fou se compose d’une main courante appuyée à ses deux extrémités sur .deux bornes en pierres, et "Vers ses points milieux sur deux poteaux mon- * tans.

Il est, dans la plupart des localités, fort difficile de trouver des pièces de bois qui, dépouillées de leur aubier, et équarries àarêtes droites et tîves, pussent conserver un équarrissage de 30 centimètres sur 8 mètres de long. On eirt alors obligé de joindre deux pièces ensemble ; H faut préférer dans ce cas l’assemblage, dit à

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