CONSTRUCTION ET ENTRETIEN DES CHEMINS
coup au bon étal des chemins, parce qu’elles les soustraient à l’action des vents et du soleil. Les murs leur font encore plus de mal.
Les autorités municipales n’étant pas libres .de faire couper les haies et abattre les murs trop élevés, doivent se borner à prévenir les empiétemens sur la voie publique.
Art. 25. En revanche , elles ont le droit de faire couper les branches d’arbres qui avan* cent sur les chemins, et elles doivent user de ce droit dans un but d’assainissement, alors même que ces branches ne gêneraient pas la circulation des voitures.
' Des Bornes milliaires.
Art. 26. Des bornes milliaires , construites d’après un modèle très-simple, coûtent peu à établir, et elles servent à indiquer d’une manière exacte les dimensions des chemins, et à dresser les étals de réparation. Aussi , recommandons-nous fortement d’en faire placer sur tous les chemins , de 1 ,000 en 1 ,000 mètres.
Des Travaux et art.
Art. 27. Ces travaux sont de plusieurs espèces : les uns, nommés cassis, laissent couler les eaux sur la surface même du chemin, sans que le sol de celui-ci soit détrempé.
Les autres nommés aqueducs , ponceaux et ponts , suivant leur importance, servent à faire passer la surface du chemin sur les ravins , les ruisseaux et les rivières dont il coupe le cours. -Ces ouvrages doivent être construits à la fois avec soUdité et économie ; toute espèce de luxe -doit en être sévèrement bannie.
354 ROtJTES ET CHEMINS VICINAUX. MANUEL.
Les vonstruciions eu maçonnerie seront en moërions bruts et semblables à celles que les maçons du pays ont riiabitude d’exécuter.
Pour les constructions en charpente, on emploiera de préférence les arbres que fournit la localité; on adoptera des projets simples, et qui puissent être confiés à des charpentiers de vil- Ja-e.
Des Tracés.
Aut. 28. Avant de tracer une route, on en fixera les plus gt'andes pentes; on se donnera les rayons des principaux alignemens courbes; apres quoi ou n’aura plus à s’occuper que des conditions économiques du tracé.
Des Pentes.
Anr, 29. On évitera le plus possible les pentes et lescontrepentes, à moins qu’elles ne soient tiès-faibles.
Lorsqu’on sera obligé de s’élcA^er du pied au sommet d’un coteau, on lâchera d’y arriver avec des pentes au-dessous de 6 centimètres par mètre. Si la ligue directe a une pente plus forte que le maximum que nous venons d’indiquer , onia rejettera, bien qu’elle ait l’avantage d’être plus courte que toutes les autres, et on lui substituera une ligne en zig-zag , n’ayant que la pente ci-dessus.
Des Courbes,
Art. 30. Le rayon des courbes à l’aide desquelles on raccorde les aligtiemens droits d’on chemin, doit être d’autant plus grand que i’an-
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gle formé par ces alignenienà est plus aigu. Il faut déterminer ces rayons par la cont|iliou que les plus longs attelages puissent parcourir rapidement les tournans les plus courts.
Conditions économiques.
Art. 31. Lorsqu’on trace un chemin en.
plaine, il se présente d’ordinaire une foule de directions qui peuvent être suivies. Parmi toutes celUs-là, il faut choisir à la fois la plus courte et celle qui se prête le mieux aux besoins connus de la localité.
^ Cette direclion étant une fois arrêtée , on ouvrira les fossés ; on rejettera le terrain qu’ils fourniront sur la chaussée ; on en exhaussera ainsi le sol de 7 ou 8 centimètres. Sur ce sol exhaussé , on établira,- comme il a été dit, un empierrement de 25 centimètres, et la surfaco définitive du chemin se trouvera d’envii on Om, 33 plus haute que celle du terrain naturel.
Cette disposition est à la fois très-économique, très-favorabîc à l’écoulement des eaux et à l’asséchemeut du chemin. Elle offre en outre un aspect de régularité très-agréable à l’œil. Art. 32. Lorsqu’on trace un chemin en pays de montagne , il faut au contraire tacher de le maintenir toujours à mi-cête. 11 se trouve alors en déblai du côté de la montagne , et en remblai du côté de la vallée. Il faut, autant que possible, placer l’axe de telle sorte qu’il y ait sur chaque profil , équivalence entre la surface en déblai et la surface en remblai.
Art. 33. La disposition que nous venons d’indiquer rendrait quelquefois le chemin si-
nueux et par conséquent très-long. Son développement pourrait en outre présenter des tournans très-raides. On est alors forcé de faire quelques coupures pour éviter les principaux détours. Ces coupures donnent lieu à des ' . déblais lorsqu’on s’enfonce dans la côte , et à des remblais lorsqu’on s’en éloigne. 11 faut viser à ce que les déblais soient équivalens aux^ remblais , et à ce que leur somme suit la plus petite possible. Lorsqu’on a quelque habitude de ce genre de travail , on parvient sans peine au résultat, à l’aide de quelques tâionnemens.
De r Ouverture dune roule.
Art. 34. Lorsqu’une route est tracée en plaine ou à mi-côte , la disposition des ateliers de terrassiers chargés de l’ouvrir ne présente aucune difficulté. On peut, en effet, placer des ouvriers sur toute sa longueur, et les rapprocher autant qu’on le veut. Le travail peut être achevé dans un temps très-court, si on peut disposer d’un nombre d’hommes suffisant.
Art. 35. Lorsqu’au contraire il y a dans un projet des masses de déblais et des masses de remblais séparées par des lignes de passage , chacune de ces masses ne doit être attaquée que vers les lignes de passage qui la terminent. On y place à cet effet un atelier de cinq ou six hommes avec des brouettes ou des voitures , suivant la distance à laquelle il faut transporter les terres. En pareil cas, le' nombre des hommes qu’il est matériellement possible d’occuper est limité. On ne peut guère espérer d'avoir terminé les travaux qu’au bout d’un temps fixe dont il
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est bon de se rendre compte, à l’avance pour bien coordonner toutes les parties du travail.
Précautions qu'il faut prendre avant d empierrer une route neuve.
Art. 36. Lorsqu’un chemin est ouvert en terrain naturel ou en déblai , et que le terrain oïTre un peu de solidité, on peut préparer le sol aussitôt que les lerrassemens sont terminés, et l’empierrer immédiatement après.
Art. 37. S’il est en remblai, et que le remblai soit eu pierre ou en sable , on peut aussi empierrer immédiatement, parce qu’il y a peu de tassemens à craindre. ^
Art. 38. Si au contraire le remblai est en terre végétale ou en argile, il faut, lors même qu’un aurait pris soin de le faire exécuter par couches successives de peu d’épaisseur et pilonnées chacune séparément, ne l’empierrer qu’après qu’il aura subi l’effet des pluies d’hiver.
Art. 39. Pour ouvrir un chemin dans un marais , on prendra les précautions suivantes : On ouvrira des fossés larges et profonds ; on en rejettera la terre sur la chaussée. On abandonnera pendant quelque temps celle-ci à ellemême. Elle ne tardera pas à se dessécher et à s’affaisser d’une manière sensible. Si l’affaissement est tel que la surface de la chaussée se trouve au-dessous de celle du terrain naturel, on y remédiera en agrandissant les fossés et «n rejetant de nouveau sur la chaussée le terrain qu’on en extraira. ,
On ne commencera à préparer le sol de la chaussée par l’empierrement que lorsque celui-
ci sera parvenu à un état de dessication tel que l’action successive des pluies et du soleil n’y occasione plus de cliangemens de niveau considérable. ’
Remarques diverses.
Art. 40. Ou a souvent remarqué que le sol des roules royales tend à s’evhausser par suite des recbargemens successifs qu’on leur fait ' subir. Celui des chemins vicinaux tend au contraire à s’abaisser par une raison contraire.
Il n’est pas rare de trouver en France de ces chemins qui présentent l’aspect de ravins assez profonds et devenus très-étroits , parce qu’ils n’avaient à leur surface que 6 mètres de largeur, et que par suite de l’ébouleraent des talus celte largeur ne s’est pas conservée au fond.
'Il y a deux moyens de les mettre en état de viabilité. Le premier consiste à les combler et à les empierrer de nouveau ; le second, à refaire leurs talus, et à les élargir assez pour pratiquer une voie et deux fossés.
Art. 41. Il est des chemins vicinaux qui sont plus fréquemment parcourus par des bestiaux que par des voitures. Leur empierrement s’use très-lentement. On peut alors le faii’efort mince et le recouvrir d’une couche de chaux. On évite ainsi aux bêtes de somme une partie de l’énorme fatigue que leur causent les empierremens neufs.
TABLE
Prkface. I