‹ Manuel et code d'entretien et de construction, d'administration et de police des routes et des chemins vicinaux résuméChapitre 44 sur 68 · CONSTRUCTION ET ENTRETIEN DES CHEMINS · texte numérisé non relu

CONSTRUCTION ET ENTRETIEN DES CHEMINS

formera. Lorsque cette couche sera à demi con* \ solidée, on la recouvrira successivement d’une deuxième et même d’une troisième, en prenant les mêmes précautions. Toutes les couches réunies devront avoir ensemble de 20 à 25 centimètres d’épaisseur.

Réparation des chaussées dégradées.

Art. 13 Une chaussée qui a été mal entretenue pendant long-temps, peut être ou défoncée, ou bouleversée, ou seulement inégale.

Art. 14. Si elle est défoncée , c’est-à-dire si elle est couverte de trous et de boue, et qu’il ne reste plus d’empierremens sur quelques-unes de ses parties , on la refera à neuf. En conséquence, ou repiochera la chaussée ; on arrachera les pierres qu’on pourra avoir sans trop de frais ; on les mettra de côté, et on les recassera s’il y a lieu , pour les employer plus tard avec des pierres neuves. Ou nivellera ensuite le sol, et on refera la chaussée comme il a été dit à l’art. 12.

Art. 15. Si la chaussée eït bouleversée, c^està-dire si sa surface présente quelques trous et quelques ondulations , on pourra encore la réparer comme il a été dit à l’art. 14., Mais cette méthode qui donne d’excellens résultats , étant fort dispendieuse , ou pourra lui substituer la suivante :

On arrachera les pierres qui font saillie sur la chaussée, on les recassera, s’il y a lieu, et on s’en servira pour combler les creux, en leur ajoutant au besoin des pierres neuves.

- Art, 16. Si la chaussée est seulement iné*

gale » on se bornera à rcgratler les principales saillies ; ou fera sauter à la masse les tètes de grosses pierres qu oq ixmrra apercevoir a la surface ; enfin , ou fera disparaître les dépressions à l’aide de quelques répandages faits à propos.

Préceptes généraux.

. Art. 17. Toutes les fois que la chose sera possible , ou fera exécuter les travaux décrits dans les articles précédens à l’eutreprise. Ou ne les fera exécuter en jouruée, que lorsqu’on sera réduit aux ressources de la prestation en nature.

Art. 18. Si on traite à l’entreprise, on le fera dans la forme suivante :

Pour les chaussées neuves, ou qui doivent tire refaites à neuf , on divisera le travail en quatre parties :

1°. La mise en état du sol. On l’évaluera au mètre courant de chaussée, ou au mètre carré de superficie.

2°. La fourniture et le transport des pierres.

3“. Le cassage.

4®. Le répandage sur la chaussée.

Ces trois dernières espèces d’ouvrages devront être évaluées au mètre cube.

On pourra à volonté adjuger les quatre travaux au môme entrepreneur, ou à des entrepreneurs différens. Il faudra consulter à cet égard les ressources de la localité , voir si elle renferme* ou non des hommes capables de diriger à la fois des ouvrages aussi divers.

Art. 19. Lorsqu’on sera obligé de faire exé-

CONSTRUCTION ET ENTRETIEN DES CHESllNS. 251

coter les travaux à la journée, on prendra beau* coup de précautions pour que le temps des 'hommes soit milisé.

On exercera sur eux une surveillance rigoureuse. Pour qu’elle soit plus facile , on ne les fera jamais travailler isolés, mais réunis en ateliers qu’on espacera le moins possible. Enfin , le surveillant devra se former à Tavance une idée exacte de la tâche qui peut être imposée par jour à un ouvrier, pour pouvoir stimuler à propos le zèle de chacun d’eux.

Art. 20. Dans plusieurs localités, Iqs surveillans pourraient être autorisés à transformer les journées exigées de chaque homme en une lâche convenue de gré à gré. Les travaux qui peuvent être le plus facilement donnés à la tâche , sont l’extraction, le transport et le cassage des matériaux. Nous croyons que l’adoption d’une pareille mesure serait avantageuse aux communes, dans le cas même où on n'exigerait de chaque contribuable, que les 2/3 du travail qu’il pourrait exécuter à la journée, s’il travaillait en conscience.

, De V Entretien.

Art. 21. On dit qu’un chemin est à l’état d'entretien, lorsque sa surface est dure, unie et bien roulante. L’entretien doit avoir pour but de le maintenir constamment dans cet état.

Art. 22. Les chemins vicinaux situes aux abords des grandes villes, qui sont très-fatigués dans toutes les saisons de l’année, doivent être entretenus comme les routes royales , par des caatoouiers payés à l’année et placés à poste

252 ROÜTES ET CHEMINS VICINAUX.— MANHÈt;.

fixe. Ces cantonniers doivent être exclusivement chargés de réparer les frayés et les ornières aussitôt qu’elles se forment, et de répandre des matériaux lorsque le besoin s’en fait sentir. La fourniture et le cassage doivent être donnés à des entrepreneurs ad hoc.

Art. 23. Les chemins vicinaux situés loin des villes, et qui traversent les communes rurales , sont placés dans des circonstances tout-à-fait différentes, et qui modifient d’une manière no table les conditions de leur entretien, lis ne sont en effet parcourus que par des chariots médiocrement chargés, et seulement pendant le temps des récoltes et des semailles. Voici comment on devra les entretenir ; quelque temps avant ces deux époques, on les fera mettre en. état de viabilité, et on choisira pour cette opévation l’instant où les travaux de l’agriculture occupent le moins de bras. On fera déposer sur les accotemens quelques matériaux pour réparer les accidéiis graves qui pourront survenir.

Pendant toute la durée des récoltes et des semailles , on entretiendra sur les chemins un ^ petit nombre de cantonniers, chargés de veiller sur leur état. Hors de ce temps, on se bornera à les visiter de temps à autre, et à les faire réparer par des ateliers ambulans, lorsqu'on en aura reconnu la nécessité.

Des Planlg.tions d'arbres, des haies , etc.

^ Art. 24. Il est malheureux que les réglemens sur la voie publique n’obligent pas, en France, • à ne donner aux haies et aux murs qu’une hauteur déterminée. Les haies élevées nuisent beau -

Page 1