DÉCORATION EXTÉRIEURE DES MAISONS
La plus simple façade d'une maison dont les murs sont unis, emprunte un aspect de distinction ou d'élégance à la hauteur des étages et à la manière dont les ouvertures ou fenêtres en cornpartissent la surface. Les murailles d'une maison toute plate offrent des surfaces rectangulaires plus ou moins allongées. Plusieurs étages ne sont pas nécessaires à la magnificence d'un bâtiment. Un édifice peut avoir trois étages et plus sans gagner de ce côté, tandis qu'un plein-pied pur et simple ofTre une grande et noble apparence. Si le bâtiment est situé sur une hauteur , les appartements inférieurs jouiront d'une vue agréable. La façade doit être analogue au caractère de la maison qui doit annoncer sa destination. Pour la plus grande distinction tout en restant simple, l'entrée principale placée au milieu fixera l'attention par sa beauté. Le haut de la façade peut être enrichi de moulures. La quantité et la forme des fenêtres dépend également de la commodité intérieure et de la décoration extérieure. Sontelles en trop petit nombre , les intérieurs deviennent tristes et sombres ; d'autre part la multitude des fenêtres partage le dehors en un trop petit nombre de parties petites et diminue par là l'aspect de solidité indispensable pour que le bâtiment fasse un bon effet , et atténue en même temps l'impression de grandeur et de simplicité
qui convient à tout édifice. Les fenêtres auront avec l'ensemble de l'étage un rapport qui plaise à l'œil ; leur largeur sera moitié de leur hauteur.
On a souvent employé, pour enrichir les dehors d'une maison, les colonnes, pour donner de la richesse à une façade. On emploie aussi souvent au-dessus des fenêtres, des frontons ornés de moulures posant sur des consoles formant encadrement à la partie supérieure. C'est, néanmoins, une licence que le fronton en architecture, transposé du monument à la bourgeoise fenêtre. Notre époque, remarquable par l'énorme impulsion donnée au bâtiment, fcuiiat à Paris des spécimens très-variés de façades illustrées d'ornementation très-luxueuses.
L'habitude identifie certains abus avec les mœurs et les corrompt. L'architecture reconnaît parmi les abus , le renflement des colonnes, les modillous, soutiens des frontons perpendiculaires à l'horizon, et non à la ligne de pente du tympan; ajoutons-y la manière reçue de mettre des modillons aux quatre côtés d'un édifice et à la corniche qui traverse sous le fronton, d'en mettre à un premier ordre au lieu de les réserver pour les derniers d'en haut. Les modillons ne devant être qu'aux côtés sur lesquels sont posés les chevrons et les forces dont ils représentent les extrémités, ne doivent pas exister à la corniche qui traverse sous le fronton, mais seulement au fronton ; rien n'est plus opposé à ce dont les modillons sont la représentation. Palladio en fait un chapitre dans l'exposé de ses principes ; il les réduit à quatre prin- ■cipaux, savoir : d'employer les cartouches à supporter des objets quelconques ; de briser des frontons et de les laisser ouverts par le milieu; d'affecter la grande saillie des corniches; et défaire des colonnes à bossages. Les abus sont contraires au bon sens et au raisonnement qu'on doit toujours consulter et satisfaire pour être de bon goût, il suffira donc de raisonner un peu sur les objets d'art pour divulguer ou découvrir les nombreux abus qui se commettent si souvent par ignorance et défaut de logique.