MÉTHODE ORIENTALE
Ils prennent une feuille de papier qu'ils ploient en quatre, en huit, en six ou en trois, et ils y taillent avec des ciseaux des coupures denticulées par pointes droites ondulées ou autres ; le papier étant ainsi découpé, devient après déploiement rosace plus ou moins multiple, dont ils tracent au crayon le contour sur la surface des pièces qu'ils veulent enjoliver.
Ils distribuent ces rosaces de diverses manières, soit en semés
équidistants et réguliers, soit dans toute autre disposition, si la surface à orner est un carré long ; ils en placent une au centre d'intersection des deux diagonales et d'autres plus petites autour ou aux angles, etc. L'ornementation de tous les pays a toujours trouvé dans le tracé des constructions géométriques d'indispensables ressources de régularité. On sait qu'on arrive à couvrir sans interstices une surface plane avec des triangles juxtaposés, pourvu qu'ils soient équilatéraux, ou avec des hexagones ou des carrés; les octogones juxtaposés laissent toujours entre eux des carrés ; on a fait des dallages de salle à manger avec des octogones en marbre blanc, intercallés de carrés noirs, etc. Les losanges couvrent aussi facilement un plan et ces dispositions linéaires rectilignes, ainsi que les entre -croisements de cercles fournissent de jolis motifs d'ornementation auxquels les matériaux colorés viennent encore ajouter leur charme.
On a souvent employé l'ondulation; la ligne ondée, dite Ugne de beauté d'Hogart; la ligne ondulée, forme naturelle des longs cheveux dont l'ondulation la plus développée est sur la partie large de la tête, les autres ondulations allant en diminuant à mesure qu'elles s'éloignent de la plus grande. La disposition par ondulation s'applique aux bordures de panneaux quand elle est étroite ; et à inflexions égales on y fait courir des fleurs rattachées par des tiges à droite et à gauche, telles que le volubilis ou autres, ou de simples feuilles. On fait quelquefois courir l'ondulation circulairement, dans des rosaces de plafond ou dans des médaillons peints. L'ondulation croissante ou décroissante , sont pour des espaces irréguliers, tels que les frontons. C'est ici l'occasion d'indiquer à l'artiste les moyens qu'emploie l'ornementation pour fixer ses idées, créer et composer des motifs de décoration, en un mot, stimuler l'invention créatrice.
Considérons toujours la forme générale de l'espace qu'on veut embellir et supposons qu'on ait à décorer une forme circulaire.
Les rosaces font toujours bon effet au centre d'un médaillon circulaire, les rosaces rectilignes seront des étoiles à pointes plus ou moins nombreuses. L'espace ou l'atmosphère qui les entoure les fait paraître petites ou grandes.
1° MÉTHODE DE SUBSTITUTION. — Ce modc Varie les formes à l'infmi ; il remplace les lignes droites par des lignes courbes en conservant le même ordre dans la disposition géométrique ; exemple :
Traçons le cercle proposé ; traçons-y un triangle équilatéral, et remplaçons les trois droites qui le terminent par des courbes ondées l'ornement. 3
à deux parties symétriques en forme d'accolade que nous disposerons sur les côtés du triangle avec toute la régularité possible; nous obtiendrons au lieu du triangle une forme qui ressemble à la feuille de lierre. On agirait de même sur un carré inscrit au cercle, on aurait quatre pointes.
2* MÉTHODE DU PARALLÉLISME ET DU REDOUBLEMENT. — Le principe du parallélisme est observé dans l'ornement appelé la grecque, et les bâtons roftipus des Chinois, le labyrinthe, les entrelacs de broderies. (Géométrie Artistique.)
On enrichit une forme quelconque géométrique ou non en traçant intérieurement ou extérieurement à celle-ci une seconde parallèle à la première. Des cercles ou anneaux concentriques sont plus riches qu'un seul cercle ou anneau isolé. Deux ou trois bandes colorées de diverses largeurs circulaires ou droites , sont plus agréables et plus élégantes que des bandes égales en grosseur.
3° ENCADREMENTS EN GÉNÉRAL. MARGE RÉGULIÈRE OU IRRÉGU- LIÈRE. — Dans une page d'impression, la marge est la partie vide qui entoure les caractères. Dans le titre d'un livre, les caractères de différentes formes et grandeurs jouent un rôle plus ou moins agréable, plus ou moins important ; le mot principal est généralement plus gros et quelquefois plus ornementé dans sa forme, afin de fixer l'attention du public. De même en ornementation, l'artiste qui veut produire un bon effet doit à l'avance connaître le nombre d'idées ou motifs d'ornements qu'il veut mettre dans le panneau ou carré long qu'il se propose de couvrir.
Si le carré est parfait ou à côtés égaux, il peut y mettre au centre un cercle, une rosace ou des anneaux laissant autour d'eux une marge raisonnable.
Si le carré était long, une rosace isolée ferait moins bien qu'une rosace avec deux plus petites à égale distance en dessus et en dessous de la première.
Un tout composé de parties doit toujours avoir une partie importante et d'autres accessoires; c'est toujours ce dont il faut se préoccuper : ou si l'on ne met qu'un seul motif d'ornement dans une forme régulière, on tâche, d;ins un carré long, de l'analoguer au carré en l'allongeant comme le carré.
Un ovale fait mieux dans un carré long que dans un carré parfait.
JEU DE CARTES. — Oii peut sc rendre compte de l'elTet de ce que j'appellerai le nombre sur une surfo.ce en regardant des cartes à jouer, depuis l'as, le 2, le 3, le 4, le 5, le 6, le 7, le 8, le 9, le 10. Dans la surface allongée de chaque carte et remplaçant tous ces
points de couleurs par des petites rosaces, on aurait l'idée de certaines dispositions ornementales : la Calligraphie et l'Ornementation aident à l'invention du décorateur.
Il faut par tous les moyens possibles étudier les plaisirs de la vue, car l'œil a ses besoins, ses désirs et ses antipathies tant pour la forme que pour la couleur ; l'œil a aussi ses habitudes comme la main qui trace les formes a les siennes.
Pour satisfaire ces besoins, ces désirs, et éviter ces antipathies, 11 suffit d'appliquer les quatre règles de l'arithmétique, l'addition, la soustraction, la division et la multipUcation d'une façon judicieuse; mais cette étude est toute morale et n'a réellement trait qu'aux plaisirs de l'imagination qui sont aussi réels que physiques; l'œil n'est ici qu'un organe, ce n'est pas l'œil qu'on charme, qu'on ^imuse, mais c'est l'âme qui, par l'intermédiaire de l'œil, perçoit les sensations des formes réfléchies dans l'œil ; ces formes nous présentent des idées plus ou moins agréables. L'artiste doit s'en pénétrer particulièrement .