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Le noir, dit Atramentum de charbon ou de suie

Les anciens divisaient leurs couleurs en :

Couleurs florides, éclatantes comme celles des fleurs ;

Couleurs austères, moins brillantes ;

Naturelles, celles qu’on eut l’idée de tirer des terres et métaux et des sucs des végétaux.

Le vermillon et le cinabre (l) venaient d’Espagne et d’Éphèse. La chrysocolle (2), tartre minéral, provenait des mines d’or, d’argent, de cuivre et de plomb; on la broyait et on la teignait ensuite avec des sucs d’herbe, en jaune ou en vert. L’arménium était aussi une couleur métallique, teinte bleu tendre.

Virgile, A'ÿ/oÿwe X, dit qu’on enluminait les statues des dieux au minium. Les Chaldéens peignaient des portraits de leurs personnages illustres sur les murs des habitations.

Homère parle des vaisseaux grecs peints en rouge à l’eneaustique. Les teintures des étoffes en pourpre de Tyr étaient le produit d’un coquillage dit murex. Les sculpteurs en terre cuite étaient peintres et décorateurs, ils peignaient en couleurs des bas-reliefs et des statues. L’architecture grecque ainsi que l’égyptienne était polychrome. Le grec Cléophane excellait dans la peinture linéaire à teintes plates dans le genre des décorations sur vases dits étrusques.

Sous les Tarquins, furent amenés les premiers peintres grecs à Rome. Jusqu’au temps d’Auguste, on peignait à teintes plates et unies, les murs des habitations. Auguste fit substituer à ces teintes des paysages animés qui furent en grande vogue.

foncé, et une troisième qui était intermédiaire dont le rouge était le plus pur. Onia trouvait à l’état d’argile dans les cavités de l’île de Lemnos, en Gappadoce, en Égypte et aux îles Baléares. C’était un beau rouge, espèce de bol ou ocre, comme le sil était la belle ocre jaune ; on croit l’ocre pâle du Berri. L’ocre rouge se nommait rubrica.

(1) Le cinabris indica était le plus beau. Une peinture monochrome en sinabris indica existe au musée royal de Naples. Le cinabre d’Ephêse, employé avec la cire punique, procédé encaustique, ne subissait pas d’altération à l’air.

(2) Chrysocolle, substance verte et sablonneuse que les anciens employaient à souder for, comme nous le faisons avec le borax.

On peignait les fenêtres en bleu tendre appelé cœlon, sorle d’azur vestorien.

On peignait aussi sur bois, sur toile, parchemin, ivoire, et à l’encaustique, genre qui s’exécutait avec des couleurs broyées et mêlées à de la cire et de l’huile sur les murs préalablement recouverts d’un enduit de stuc bien séché ; on abreuvait le mur revêtu d’une couche de ciment avec un mélange de cire et d’huile bouillante, par-dessus l’on peignait ensuite.

On trouve à Pompéï des fresques exécutées par cette méthode. Quelques couleurs antiques portaient les noms suivants : L’arménium était du sable d’Espagne coloré diversement ; le purpurisura, craie argentaire ou tripoli trempé dans une teinture de pourpre.

Il y avait une teinte moyenne entre le minium et le bleu, la meilleure était de Pouzzoles. L’indicum purpuris venait de l’Inde et était bleu. L’ostro, couleur analogue au carmin, était cerise et provenait du sang du coquillage murex.

Le célèbre rouge d’Andrinople était une teinture provenant de la garance, une des plus solides qu’on connaisse.

. L’écarlate est de la cochenille traitée par la crème de tartre et le chlorure d’étain. Appliquée en France, pour la première fois, aux Gobelins, par les soins de Colbert.

Ce procédé perfectionné a été ensuite appliqué au drap. Il consiste à teindre d’abord en jaune au moyen du fustel, du curcuma et du quercitron, la pièce de drap, on la plonge ensuite, une heure, dans un bain d’écarlate ou cochenille.

Au moyen âge, on donnait le nom d’écarlate à une couleur quelconque, pour exprimer son superlatif de perfection. — E. verte, E. bleue, E. noire.

Le kermès ou graine d’écarlate s’entendait pour la cochenille.

Le Dictionnaire manuel des dates de Chantal, fournit le relevé suivant :

Peinture. — Monochrome ou d’une seule couleur, appelée aussi en camaïeu, attribuée à Cléophante de Corinthe, vers 840 avant J-C.

Id. — En émail, connue des Toscans vers 620 avant J. C.

Peinture encaustique, inventée par Pausias de Sicyone, 338 avant J.-C.

Id. — Sur toile, au premier siècle de l’ère chrétienne.

En Italie, la détrempe, la fresque et la mosaïque, commencent vers 1020. Restauration et progrès de ces trois peintures, en 1270, par Cimabué.

Fondation de l’école flamande, en 1401, par Jean et Hubert de Bruges, les Van Eych. Peinture sur verre en 1410. — École vénitienne, en 1421 et 1401, par Georgione, selon quelques historiens, de 1428 à 1450. L’invention de la peinture à l’huile, par les frères Van Eyck, se répand en Italie vers 1504. — École romaine, Raphaël, 1510. — École allemande, Albert Durer, 1514. — École lombarde, le Corrége, 1520. — École française, Simon Vouet, 1628.

Il est bien avéré aujourd’hui qu’avant Jean et Hubert Je Bruges, on ne peignait qu’en détrempe. Les tableaux qu’on cite à l’huile ne sont que des essais malheureux. Cet éclat à la Corrége, qui frappe dans les anciennes peintures grecques, vient peut-être aussi de ce que les ouvriers peignaient avec le blanc d’œuf ou la cire pour vernir leurs tableaux. Quoi qu’il en soit, après l’an 1360, on ne trouve plus que des tableaux en détrempe sans éclat comme sans mérite. On voit près Florence, dans l’église de San Mimato, un grand crucifix peint sur mur avec du jus d’herbe, on en attribue l’exécution au peintre Giotto ou Cimabué.

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