‹ Manuel général de la peinture à l'huileChapitre 31 sur 85 · COULEURS QUI CHANGENT · texte numérisé non relu

COULEURS QUI CHANGENT

Parmi les couleurs pernicieuses, à rejeter de la peinture à l’huile, on doit citer le vert-de-gris, qui noircit au contact de l’huile. C’est un oxyde de cuivre ou acétate de cuivre sorte de sel qui a détruit beaucoup de tableaux de Léonard de Vinci,

(jui, malgré ses profondes connaissances scienlifiques, en ignorait les effets. Il employait également le noir d’imprimeur. Néanmoins, les Vénitiens ont employé le vert-de-gris par glacis pour les draperies et des verdures qui ont peu changé. Mais ils employaient de préférence la malachite, devenue très-dispendieuse et rare aujourd’hui.

Le jaune intense, qui est le produit de l’oxyde de chrome et (|u’on emploie souvent, ne supporte ni le contact des autres couleurs, ni celui de l’huile; combiné avec l’alcali, du bleu de Prusse broyé à l’huile, il rougit, devient noirâtre, et ne saurait donner des verts durables. Seul il se conserve mieux.

Le carmin de cochenille, couleur du règne animal, le vermillon, la terre d’ombre sont dans le même cas.

Le massicot jaune, la gomme-gutte, l’indigo et presque toutes les couleurs qui sont exemptes de décomposition et d’évanouissement à la lumière, comme le seraient les stils de grain, les mauvaises laques et toutes les couleurs végétales, ne sont solides et inaltérables qu’employées à la cire, et, en général dans les glutens sans huiles.

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