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DE LA TOUCHE. — EXERCICES PARTICULIERS

Celui qui veut se perfectionner dans la peinture à l’huile pourra s’exercer utilement sur des carrés de papier à peindre, avant de travailler sur toile ou sur panneau.

La manière dont on tient la brosse ou le pinceau, court ou long, dans la main ; l’inclinaison qu’on donne à ces instruments; le mouvement plus ou moins rapide qu’on leur imprime, avec plus ou moins de régularité dans un sens ou dans un autre; les effets lisses, grenus, hachés ou pointillés, luisants ou mats; bref, tout ce qui constitue la contexture mécanique du travail ; le plus ou moins d’épaisseur de la pâte, etc., etc. ; les mélanges de couleurs par deux, par trois; les résultats obtenus par superposition de couleurs transparentes sur des couleurs opaques; toutes ces choses feront, en un mot, l’objet des études journalières de l’artiste. Il faut beaucoup pratiquer soi-

MANUEI. DE PEINTURE.

même, copier fidèlemenl les bons modèles, voir et observer beaucoup les tableaux anciens et modernes, et s’efforcer d’obtenir par les mêmes, moyens les mêmeseffets. L’habitude, l’observation incessante et de nombreux essais donneront l’intuition des procédés.

11 est bon d’essayer de trouver plusieurs moyens d’arriver à imiter le même ton.

On doit éviter d’empâter trop lourdement un ciel; il vaut mieux peindre les ciels un peu lisses , ou n’y empâter davantage que les lumières des nuages ; les eaux doivent être peintes lisses et par touches horizontales fondues au blaireau et avec un peu de couleur.

Dans le feuillé, on empâte davantage les détails les plus éclairés, qui doivent par leur position avoir plus de relief au sommet des masses touffues.

Dansla figure, il fautempâter fortement les lumières et laisser amincir l’épaisseur des demi-teintes graduellement jusqu’au contour qu’on passera légèrement au blaireau dans la teinte du fond.

Le fond sur lequel un objet en relief se détache doit toujours être peint lisse dans un sens rmiforme, soit en tamponnant avec la brosse tenue verticale ou presque perpendiculaire à la toile, soit peint par touches parallèles. Le sens du brossage est trèsimportant. On peut s’en convaincre : en peignant plusieurs carrés de la même couleur, avec du blanc, par exemple, chacun dans un sens parallèle différent, on verra que le blanc de ces divers carrés recevra la lumière d’une façon différente. Les carrés tamponnés, serrés et empâtés régulièrement, paraîtront plus blanc mat, ceux qui seront striés horizontalement, ceux qui le seront obliquement, ceux qui le seront verticalement, présenteront à l’œil des variations d’aspect qu’il est très-utile d’observer. On s’apercevra que, pour que la couleur prenne bien et couvre suffisamment l’impression, il ne faut pas mettre trop d’huile, et qu’on ne parvient pas toujours à donner au premier coup du corps à son travail; il faut souvent même revenir à deux ou plusieurs reprises quand la première couche est sèche.

Les corps luisants doivent être peints avec plus d’huile dans

la pâte que les corps mats, et les lumières vives, les coups de jour y seront placés en épaisseur et vivement touchés, comme on l’observe dans les peintures d’intérieur des Flamands, Il faut pour cela que le dessous soit bien sec.

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