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L’EAU FROIDE, SES EFFETS DIVERS

L’eau à l’état de pluie courante ou tombante lave et entraîne avec elle les corps étrangers, les poussières composées d’atomes chimiques inconnus, de corps minéraux ou substances animales et végétales que l’air et le vent apportent

(1) Subjeclilc veut dire la matière sur quoi est peint l’ouvrage.

(lo toutes les parties du monde. Elle coule sur la peinture apj'iiquée au dehors, mais elle s’infdtre partiellement dans les fissures et y fait alors de grands ravages.

La goutte d’eau qui tombe sans cesse creuse les pierres les plus dures. Si la goutte d’eau gèle en s’introduisant dans la pierre elle la fait éclater, et la ruine du monument commence.

L’eau chaude agit autrement. En dilatant les molécules de certaines substances dures, elle les amollit seulement, si elle n’est pas trop chaude elle les dissout; quelques-unes sont tout à fait in3olul)les dans l’eau bouillante même, d’autres s’y dissolvent à une moindre température.

L’eau bouillante calcine les vernis de la peinture, les transforme en farine blanche et isole la couleur en la rendant à son éclat primitif; mais ce moyen de nettoyage esttrès-hasardé car l’eau bouillante peut atteindre la colle qui a servi à imprimer le subjectile, toile ou panneau.

L’eau, à l’état de vapeurs chaudes, serait peut-être un moyen très-souverain puisqu’elles détruisent entièrement et calcinent tous les vernis résineux sans attaquer la couleur à l’huile, mais on risque parfois de voir la peinture se détacher de la toile ou du panneau.

Le borax dissout dans l’eau donne un moyen préférable, i! forme un alcali plus doux que le sel de tartre agissant lentement et sans violence.

On rencontre des tableaux sur bois vermoulu et pourri qui menacent de tomber en poussière, ou même dont le bois a été fendu par le soleil et la chaleur; les couleurs s’écaillent et se détachent du panneau tout voilé. On en trouve d’autres dont la couleur est toute ridée ayant été peinte sur une Impression trop fraîche. — Il n’y a pas d’autre remède que d’en prendre une bonne copie.

L’eau froide pure dissout innocemment partout la crasse et la malpropreté provenant des poussières déposées par l’air.

Elle dissout généralement les matières gluantes, telles que colle forte, colle de poisson, la plupart des gommes arabiques, adraganle, sucre, miel etc. Le blanc d’œuf seul résiste et, plus

il est vieux, plus il est tenace ; les acides n’ont mùine plus d’action sur lui.

Les vernis au blanc d'œuf sont donc les pires de tous pour les tableaux ainsi que ceux à l’ambre et au copal. Ile sont trèsdifficiles à enlever.

L’eau de rivière ou l’eau de pluie est celle qu’on doit choisir de préférence ou même l’eau distillée.

En l’employant un peu chaude le décrassage se fait mieux ; mais ce moyen ne fait que dépouiller de crasse la superficie des tableaux qui ont été vernis, il est bon de commencer cette opération plusieurs fois avec une éponge bien nette qu’on aura eu soin de débarrasser de pierres ou coquillages qui pourraient rayer le tableau ; on la terminera en recouvrant l’éponge de mousseline blanche, ce qui aidera à faire voir si les saletés ont été dissoutes par l’eau car la mousseline s’en teindra.

Le nettoyage complet d’un tableau dépend souvent de la qualité du vernis. Les vernis à tableaux à l’essence supportent mieux que tous les autres les opérations de ce genre. L’entretien et la conservation des tableaux exige qu’ils soient dévernis et revernis de temps à autre, mais quant à la restauration lorsqu’elle est confiée à des personnes inhabiles et dénuées de connaissances d’art, elle peut devenir la perte ou la ruine complète des œuvres du plus grand prix.

aiAIVIÉRE DE RECOIVîVxllTRE LES TABLEAUX AACIEiXS

Les tableaux originaux, comme on le sait, se distinguent par la Ijardiesse du pinceau, la vigueur des touches, la force des expressions et l’élégance des contours; mais ce (lui sert soitout à les distinguer et ce que la co[)ie ni l’imitation no [)euveul rendre, est cotte règle générale (|uo toujours les contours dos personnages ou des objets principaux se détachent en relief, c’est-à-dire font épaisseur sur le fond.

Dans les écoles italienne, espagnole, allemande et française, en e.xaniinant les contours, il est impuSbihle d’ùtre induit en

erreur : il n’y a que dans les écoles hollandaise et flamande où cette particularité est moins sensible; cependant elle existe et pour s’en apercevoir, il n’y a que cette diflférence, qu’il faut passer la main sur les tableaux de ces deux écoles, tandis que dans les autres la vigueur des contours frappe les yeux.

Les copies originales, plus vulgairement appelées répétitions, c’est-à-dire copies par un auteur d’après son propre ouvrage, se distinguent facilement de l’original. Dans les copies on reconnaît l’ouvrier, dans l’original on retrouve l’artiste. Le caractère du peintre s’exprime dans l’original, son talent s’apprécie dans ses répétitions. Ces dernières diffèrent des originaux en cela que les touches sont moins hardies, les expressions plus maniérées, la lumière plus sombre, et toujours sans exception les contours se confondent avec les fonds ; la copie corrige souvent aussi l’original.

Ces observations sont justes mais j’ajouterai seulement à ce passage, extrait d’un écrivain spécialiste, que rien n’est plus facile que d’être trompé sur les copies, surtout si elles ont été faites par le maître lui-même qui sait, mieux que personne, répéter les procédés dont il s’est servi pour produire l’original; il y a cependant presque toujours un peu moins de franchise dans la touche et plus de lourdeur observable dans le mélange des couleurs. Une copie du même auteur, une répétition par le maître lui-même offre cette même différence qu’il y aurait à entendre un orateur prononcer un discours spontanément et d’inspiration (ce qui serait le véritable original) et l’action de l’orateur qui lirait en public ce même discours médité à l’avance; la lecture est une copie refroidie au profit quelquefois de la correction. Il faut d’ailleurs une étude trèssérieuse de l’art et très-longuement ap[)rofondie et acquise pour devenir bon connaisseur et appréciateur d’anciens ta bleaux.

Il faut qu’un expert en tableaux ait l’œil parfaitement exercé par une étude longue et approfondie des écoles les plus célèbres de tous les pays et sache discerner les styles des plus grands maîtres comme des maîtres les plus médiocres.

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