OBSERVER, MÉDITER, RÉFLÉCHIR SUR TOUTÉS CHOSES
Inobservation, faculté de remarquer, mise en œuvre par l’attention jointe au jugement et agissant de concert avec lui.
Il faut observer, pour parvenir à inventer dans les arts ; et P jur acquérir un glorieux talent, on doit exercer toutes les facultés précédentes, qui sont toutes d’un concours nécessaire à la production des grandes œuvres comme des plus modestes.
D’Alemberg, dans les distinctions qu’il établit entre les diverses branches d’art et de science, rassemble sous le chef d’imagination : la poésie, la musique, la peinture, la sculpture, l’architecture et la gravure.
Un professeur peut et doit être essentiellement observateur et inventeur, ou méthodiseur inventif. Communicatif, lucide, explicite, rapide et bref, avec l’enthousiasme de la conviction et animé surtout de l’amour du vrai. Afin donc de remplir autant que possible ces conditions, et raisonnant d’après les facultés perceptives, nous dirons qu'il n'y a point de lignes dans la nature; les corps n’offrent à l’œil que des surfaces dont la couleur nous fait comprendre la forme; que cette couleur et cette forme sont le résultat et l’effet produits sur l’organe de l’œil par la lumière ; ces surfaces ont leurs limites, mais elles ne sont cernées par aucun trait, soit réel, soit apparent.
Le contour des objets, devrait être imité en dessin par la couleur même de chaque objet; on le trace conventionnellement avec le crayon, avant d’ombrer ou de peindre. On doit donc toujours le tracer fort légèrement. Certains auteurs ont défini le dessin, l’art de représenter ce qu’on voit par le moyen des ombres et des clairs ; mais la difficulté pour les maîtres est do le faire comprendre aux jeunes gens (}u’ils instruisonl. Au
MANIJEI. DK PEINTURE.
lieu de critiquer les définitions et les méthodes des autres, nous étudierons d’abord les moyens qui servent à guider nos jugements dans l’appréciation des objets qui frappent notre vue.
Il est certain que selon les habitudes d’un esprit bien dirigé, il n’y a rien qui ne puisse nous aider à réfléchir ; c’est qu’il n’est point d’objets auquels nous n’ayons le pouvoir de lier nos idées, et qui, par conséquent, ne soient propres à faciliter l’exercice de la mémoire et de l’imagination. Tout le secret consiste à savoir établir ces liaisons, conformément au but qu’on se propose.
Il n’est pas besoin pour cela de s’isoler dans la solitude, ou de s’enfermer dans une cellule monacale pour y méditer profondément. Quand il faut peu de chose pour nous distraire, c’est que nous sommes peu accoutumés à réfléchir, peu capables d’attention et de méditer un sujet.