I.IVRE DEUXIEME
coDcernaiil les guerres de religion du seizième siècle, et, eu 1840, un ouvrage intitulé Les deux I\I{na, qui, indépendamment de l’intérêt attaché au\ hommes dont l’existence s’v trouve retiacée, offre au lecteur cettaines particularités curieuses, de natuie à captiver fortement son attention.
On a pu voir, par ce cjui précède, que M. IMoline de Saint-Yon doit être un sincère ami du piogiès , et que, loin de repousser les tentatives de réfo nue, il ne saurait manquer de les a])peler en quelque soi te de tous ses vœux. Ne les a-t-il pas lui-même, en ce qui touche les arts, encouragées de son exemple ? Le poste impoi lant qu’il occupait naguère comme chef du pei'sonnel, l’ayant mis dans les conditions les plus favorables pour' connaître tous les détails r elatifs au service de l’armée, il a vu de près bien des choses qui auraient pu échapper' à d’autres. Il s’est trouvé sur tout à même de sonder la cause des abus : or, les pr incipaux motifs qui ont hâté la dégénérescence des musiques militaires ne devaient point lui rester' inconnus. Ce fut donc là un point qui, à côté de beaucoup d’autres, éveilla son attention. La nécessité d’une révision complète des bases de l’ancienne organisation était pour' lui une vérité suffisamnrent démontrée. Aussi accueillit-il avec joie le projet qui allait favoriser une si salutaire entreprise, et, loin de rester indilférent à la marche que cette affaire suivait sous ses yeux, il s’employa de tout son pouvoir et fit tout ce qui dépendait de lui pour' la conduire rapidement à bonne tin. Le ministr’e ayant été suffisamment édifié sur les diverses pr-opositions de la commission , par tous les docrrments qui hri furent remis, en daigna sanctionner inrnrédiatement (jirelques-unes , faisant la réserve de statuer' ultérieirrernent sur' toutes les autres, s’il y avait lieu; encore des motifs impérieux renq^êchèrerrt-ils d’adopter dans leur intégr ité plusieurs des propositions même auxquelles il venait d’accor'der sa sanction immédiate. Ainsi, par exemple, à l’égard de celle qiri avait été for rirulée en ces termes : . îu^menter le personnel des nmsifjues , le ehiffr'e de cinquante-cincj rrrusicierrs , fixé par la commission dans 1 exposé du nijiiveau svstème d’organisatiorr (pr’elle proposait , lut jugé inadririssible et dut subir une r éductiorr. Il fut donc ar r êté que l’augmentation airrait liert darrs une propor tion rrroindre, et cpte leper sonnel des musirprcs, lerprel était autr efois de rjuar ante-cinrj exécirtarrts pour l’infanterie , ne ser ait augmerrte
<|ue (le cin(| musiciens, au lieu de dix qu’avait demandes la commissioiT. Il est facile de concevoir que cette réduction ne pouvait s effectuer sans apporter quelques cliangements à la composition instrumentale des musiques, telle qu’elle avait été arrêtée en derniei' lieu. En conséquence, la j)roposition relative à ce nouvel objet fut adoptée intégralement, a 1 exception de cinq insti uments, que l’obligation de ne point dépasser le chiffre de cinquante musiciens, força de supprimer. Telle est la cause des légères différences qui s’offrent enti’e l’organisation de la commission et celle que la décision ministérielle rend obligatoire.
C’est le mercredi, lo septembre i845, qu’eut lieu dans le Moniteur de /'année la publication officielle de la décision (|ui règle la composition des musiques régimentaires pour l’infanterie et la cavalerie, décision qui avait déjà plus d’un mois de date. Nous donnons ici en entier ce docu nient:
« Une décision ministérielle, en date du 19 août 1 845, détermine la « composition instrumentale des musiques des régiments de cavalerie de <( l’armée, et fixe ainsi qu’il suit le nombre des élèves musiciens dans (> chaque corps.
« Le président du conseil , ministre secrétaire d’État de la guerre, a déc( cidé, le 3i juillet i 845 , que les musiques de chacun des régiments d’in- « fanterie et des l égimentsde cavalerie de l’armée auraient la composition instrumentale ci-après :
Musique d'un régiment d' infanterie .
I petite flûte en ut.
1 petite clarinette en mi bémol.
1 /i grandes clarinettes en si bémol omnitoniques ( i""*et
2 clarinettes-basses recourbées en si bémol, à pavillon de cuivre (système Sa\). 2 saxophones.
2 cornets à trois cylindres.
2 trom|)ettes à trois cylindres (système Sax).
!\ cors à trois cylindres.
1 petit saxhorn en rni bémol.
2 saxhorns en bémol.