‹ Manuel general de musique militaireChapitre 131 sur 229 · LIVRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME

inenls en bois, el comprendre les hautbois et les bassons. En effet , Je lecteur se rappelle cpie la commission, en conservant ces deiniers instruments dans l’organisation (jn’elle proposait, n’avait ])onr but (pie d’atteindie à une plus giande variété de timbres; mais jjour la musi(pie militaiie, limitée dans son personnel, partant dans ses ressources instrumentales, et qui doit neanmoins se produire en plein aii- avec autant de l'uissance (pie possible, la question de sonorité doit passer avant celle de variété dans les lind3res. Or, il est reconnu que l’enq^loi des hautbois et des bassons, avantageux à ce dernier point de vue, ne l’est nullement quant au premier, c’est-à-dire qu’il ne saurait contribuer en aucune façon à augmenter la puissance de sonorité et la force d’intensité de l’ensend)Ie, ces instruments ayant peu déportée, suitout en plein air, et se refusant d’ailleurs presque toujouis, par la nature aussi bien que par les (pialités de leur timbre, à donner à la musique guerrière l’expression éclatante et martiale qui lui convient. Lorsqu’on se sert des hautbois dans le médium , pour des parties de remplissage, ils ne font entendre (pi’une sorte de bourdonnement dont l’oreille peut à peine percevoir le son de fort près, et qui devient tout à fait nul à une certaine distance, ce cpii d’ailleurs n’est pas toujours un mal. A l’égard des bassons , adjoints d’ordinaire à d’autres instruments poui* doubler une partie intermédiaire ou pour soutenir les parties du registre grave, et y exécuter certains passages que les autres ne saluaient faiie, ds jouent un rôle entièrement subalterne, et si par hasard on veut les mettre en évidence en leur donnant (piehpies tiaits soli à exécutei en tierces ou à l’unisson, rien n’est plus grotes(|ue (|ue le contiaste de celte sonorité terne et voilée, avec les vibrations franches el l’éclat strident des instruments appelés à dominer autant par leur nombre (pie par les propriétés de leur timbre, tels, pai' exemple, que les trompettes, les cornets, les petites flûtes et les petites clarinettes. Les hautbois et les bassons produiront toujours ces sortes de disparates tant (pi’ils figureront dans un ensemble insti umental, où l’échelle de la sonorité n’aura pas ete graduée d apres 1 affinité des timbres ( I ). f^’est pour donner les moyens d ai'rivera ce dernier résultat rpie

I >1. Féûs, reiidaiit compte d’un concours de musiciue \nilitaire qui eut lieu on 1827, cite 1111 exemple de l’emploi déplacé du hautbois au milieu d un grou|)e d iustrumeuls de

nous avons loujoui s conseillé la classification et l’emploi des insti umenls par ramille. Il y a plusieurs années, dans la premièie édition de notre 'l'mitr (l'instniuicntaüoii ^ considcréc sous les rapports i)oétiqucs et philos(tphi(jues (le P art ^ nous avons des premiers (i) fourni le plan de (pielquesunes (le ces associations génériques avec les ressources qu’on possédait iilors Dans celle du hautbois, par exemple, nous comprenions, indé- [lendammentde cet insti ument (le hautbois actuel), lecoi anglais, le basson et le contre-basson. M. Fétis est venu coi toborer de son témoignage nos observations sur futilité d’un paieil système, lorsqu’en traitant, dans un de >es ouvrages didacti(pies, de la proportion des instruments par rapporta la musicjuecfharmonie, il a écrit ce (jui suit : « Dans les harmonies les plus « complètes il y a deux parties de hautbois; mais, parla manière dont on « remploie, l’effet de cet instrument est à peu près nul; si on le réunissait avec les instruments de son système, c’est-à-dire avec le coi' anglais, le basson et le contre-basson, pour dialoguer avec le reste de l’hairnonie , on en ponriait tirer de bons effets.» Cependant il ajoute: « Mais tion (f (ui plein air; eai\ bien qu assez pénétrante, la légère sonorité de ces ins- « irwnents s'y perd. Si P on veut employer les hautbois dans la masse de « P harmonie , il est nécessaire d’en mettre deux à charpie partie. » De ce (jui précédé, il ne faut nullement inférer (jue nous avons la moindre an-

«uivre : « La musique du train, dit-il, s’est fait distinguer sinon par un Uni parfait, au « moins pai son ensemble et sa précision. Un hautbois, placé au milieu des instruments de < cuivre, nuisait malheureusement a l’effet général, parce qu’il n’avait pas un volume de <' son capable de lutter contre ces instruments formidables. »

[Revue musicale, tome II, i*'® année.)

(i) Nous rappelions d ailleurs que ce système était autrefois en vigueur pour les anciens msti uments dont 1 usage est maintenant tombe en désuétude, et que, pour la plupart, nous ne

possédons plus. On en trouve fréquemment la preuve dans les écrits didactiques des the<tliciens du dix-septième siècle. Il existait, par exemple, à cette époque, plusieurs familles eonqiletesdu genre hautbois

(2) Les progrès survenus dans 1 art de l’instrumentation depuis la publication de noti< Traité d’instrumentation, comprenant les propriétés et l’usage de chaque instrument, et celle de notre Cours d’instrumentation , considérée sous les rapports poétiT|ues et philosophique.» de l’art, nous ont engagé à écrire une partie supplémentaire pour chacun de ces ouvrages, et c est dans ces stqipléments que nous parlons en détail des diverses familles d’instruments, créées ou complétées paj- M Adolphe Sa\.

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