LIVRE DEUXIEME
Qui^i (ju'il en soit, la suppression des Laiitlîois el des bassons , (pie l’on • ttiilnia injustement à la commission, souleva de grandes rumeuis. Les idées systématiques et un peu arriérées de quelques personnes leur faisaient envisager comme impossible une musique militaire dépourvue de (VS instruments, et cela dans quelque circonstance que ce fut. Or, comme il est d’une habile politique de transformer des (piestions d’intérêt privé en (juestions d’intérêt général, on espéra pouvoir aliéner tous les esprits ('outre la décision du ministre, en déclarant que cette mesure allait enlever aux orchestres les moyens de se recruter de hautboïstes et de bassonistes, et (pi’elle était pai* conséquent désastreuse pour les théâtres. On donnait ainsi à entendre que, les classes de hautbois et de bassons du Gymnase musical une fois supprimées, c’en était fait à tout jamais de l’avenir de ces instruments en France ; car il ne serait plus possible de trouver nulle part ni d’artistes qui les enseignassent , ni d’élèves qui apprissent à en joue?-. C’était là, on en conviendra , une prétention bien singulière. Comment! on irait jusqu’à vouloir qu’une institution spécialement destinée à former des musiciens pour l’armée fût chargée d’alimenter les orchestres des théâtres, tandis que la Fr ance possède un conservatoire qui n’a point d’autre but ! On prétendr'ait contraindre l’administration de la guer re à faire l’éducation musicale de jeunes soldats , qui, aussitôt le temps de leur engagement expiré, et au moment même où leurs services pourraient être le plus utiles, se letiieraient sans scrupule et viendraient recueillir dans la vie civile le fruit des peines cju’on se serait données pour eux, sans être tenus à aucun retour, à aucune reconnaissance! Une exigence de cette nature est tellement absur de, qu’il n’est pas même besoin de la discuter- pour lui ôter tout crédit. Au reste, si l’on veut démontrer l’insignifiance de ces clameurs, il suffit de rappeler qu’à l’époque où les tinrrbaliers furent supprimés dans les régiments de cavalerie, on répandit aussi partout le bruit qu’il fallait désormais renoncer à l’espoir d’en trouver pour alimenter les orchestres, et cependant il est certain que, depuis lors, on n en a jamais mancpié un seul instant. La même chose aura certainement lieu avec les hautbois et les bassons. Pour ce qui est des autres articles de cette première décision ministérielle, ils étaient loin de r-époudre a toutes les demandes (|u’avail faites la commission; et, en ce (pii touche seulement l’oi-ganisation instrumentale, on a pu voir rpie cette decision ne détermine
:5o() MANUEL GÉNÉRAL DE MUSIQUE MILITAIRE.
(jue rorganisatioii des musiques d’iufautei ie et de cavalerie, el que celle des chasseurs ne s’y trouve point comprise. On y a cependant eu égard aux propositions relatives à l’introduction d’un métronome et d’un diapason fixe dans toutes les musiques de l’armée, ainsi qu’à l’adoption d’étuiseu bois pour les instruments fragiles, et à l’augmentation de l’allocation annuelle accordée aux musiques de cavalerie. De plus, le texte de cette décision comporte quelques mesures accessoires que la commission n’avait point pi'écisément sollicitées, mais qui ont paru devoir concourir aux améliorations (pi’elle avait en vue. Dans ce nombre ligurent les primesannuellement accordéesaux compositeurs ipii auront présenté les morceaux de musique militaire jugés les meilleurs et pr oclamés tels par une commission composée de la section de rnusicpie de l’Institut. Une seconde décision ministérielle, qui parut peu de temps après celle-ci , n’eut point encore pour objet de compléter l’ensemble des mesines indiquées dans le rappoi t de la commission. Cette décision ne concerne que l’organisation de l’artillerie, dont la commission ne s’était point spécialement occupée, et (ju’elle avait comprise dans celle de la cavalerie. Le ministre décida que l’artillerie aurait l’organisation suivante, qui n’offre (pi’une légère différence avec celle de la cavalerie. Il est seulement à observer qu’elle comporte un chiffre plus élevé que cette deinière.