LIVRE TROISIEME
temcnls de la coulisse à tel point, que re\éculant, pris au dépourvu, et souvent même presque aussi engourdi que son instrument, n’a d’autre ressoiu'ce, pour le faire fonctionner', que de donner par* la pression des mains à ce tube de cuivre le peu de chaleur vitale (|ui lui reste. Nous n’exposerons pas ici les diverses manières de rétablir l’accord dans les instruments de bois ou de cuivre, mornentanéruent altérés par les var iations de l’atmosphère, cet objet formant l’irne des premières notions que reçoit un ar tiste lorsqu’il entreprend l’étude d’un instrument.
A l’effet d’obtenir une justesse irréprochable et une coïncidence par-faite entr e toutes les musiques de France, la commission a jugé nécessaire d’adopter un diapason fixe en si bémol, attendu que la musique joue principalement dans les tons béruolisés, ayant des clarinettes, des saxhorns et des saxophones en si bémol et mi bémol; car si le système d’accord des instruments erat nécessité, par exemple, des clarinettes en ut, la commission eût été naturellement conduite à adopter un diapason en la. La décision ministérielle, ainsi qu’on l’a vu dans le livre précédent, a fait droit à cette demande, et pour démontrer les avantages qui y sont attachés, il suffira de dire que toutes les musiques de France, réunies à l’improviste, pourraient immédiatement se mettre d’accord et jouer simultanément.
Quant au placement des artistes , c’est-à-dire à la manièr e de les disposer pour l’exécution d’un morceau, on ne saurait donner des règles fixes à cet égard, et il appartient au chef de musique d’avoir assez d’intelligence pour y suppléer. En effet, cette disposition varie suivant les circonstances; elle dépend du lieu comme de l’espace; elle n’est plus la même en plein air que dans un local fermé; elle est subordonnée enfin à divers autres motifs qu’on ne peut prévoir. On ne saurait donc la déterminer d’une manière invariable. Dans tous les cas, cependant, il faut avoir soin de placer aussi avantageusement que possible les instr uments chantants, c’est-à-dir e les placer de façon qu’ils ne soient point écrasés parles basses, et surtout par le redoutable voisinage de la barrde turque. Mais ce n’est pas tout encore; car lorsqu’on est arrivé à une heureuse combinaison des instruments les uns par rapport aux autres, il importe tout autant de rencontrer une disposition tout aussi favorable dans le placement des exécutants par rapport au public. Quand on ne met point
une
distance convenable entre les musiciens et les auditeurs, ceux-ci ne peuvent ni saisir les détails ni se rendre compte de l’ensemble : se trouventils trop rapprocbés des basses , ils n’entendent point le cbant; sont-ils, au contraiie, trop près des instruments aigus, le timbre perçant de ces instruments fatigue leur oreille, qui, loin de ressentir alors le cbarme que fait naître une audition musicale, subit, au contraire, une véritable torture. Il y a donc en pareil cas un milieu, une harmonie de distance et de combinaison assez difficile à réaliser, mais de la plus haute importance pour l’effet général.
La disposition la plus ordinaire se fait en cercle ou en fer à cheval, sur un ou plusieurs rangs. Pour ce qui est du placement individuel, il s’opère, ainsi que nous venons de le dire, dans Tordre que le chef juge le plus convenable. Le chef lui-méme prend position de manière à dominer tout son orchestre, à voir tous ses musiciens et à être vu de tous.
On sait qu’en plein air les sons se perdent très-facilement; pour obvier’ à cet inconvénient, M. Ad. Sax, guidé par les lois de l’acoustique et des courants , a imaginé un répercuteur applicable à tous les instruments à vent , au moyen duquel on peut diriger le son à volonté sur tel ou tel point. Cette ingénieuse invention, d’une sîgrande utilité pour les musiques militaires, surtout en rase campagne, où le son expire si rapidement, sera sans nul doute l’objet d’un examen approfondi de la part de l’autorité supérieure, et les expériences que celle-ci est en droit de provoquer viendront sûrement en révéler les heureux résultats, et en même temps toute l’importance.
Dans l’intérét des études auxquelles doivent se livier les chefs de musique et les musiciens de régiment, nous allons donner une liste d’ouvrages didactiques que ceux-ci pourront consulter avec fruit sur chaque matière.
RÉPERTOIRE d’oCVRAGES DIDACTIQUES A LÜSAGE DES CHEFS DE MUSIQUE