LIVRE TROISIÈME
mieux (lire de ceux tjui ont cTé le plus en usage. L’ou comprendra eu elfel que le cadre d’uu Mauuel s ’op|)osait à ce que nous pussions uiellre sous les yeux du lecteur, sous toutes les formes qu’ils ont revêtues et avec toutes les modifications de structure et de mécanisme qu’on leui- a fait subir, tous les instruments de musique employés, soit à la guerre, soit dans les cérémonies triomphales. Le nombre de ces vaiiétés est si considéiable , surtout chez les modernes, cpie force nous a été, pour cbacpie genre, de tenir compte seulement des modèles principaux, et, pourcbacpie espèce, des principales variétés. Chez les Allemands , par exemple, il n’est pas de jour où l’on ne voie écloie une modification nouvelle, principalement dans la catégorie des instruments de cuivre; les différents modèles de Flügelbom, de trompettes et de cornets allemands, dont nous avons donné la ligure, sufliront déjà pour édifier le lecteur sur cet objet ; d’ailleurs il sait déjà que toutes ces variétés aboutissent au même résultat, et que l’instrument dans toutes ses transformations successives est au fond toujours le même. On n’ignore pas que de nos jours l’application du système Boebm a été faite à presque tous les instruments en bois; c’est pourcpioi nous avons pensé ({Li’il suffisait, pour donner une idée de ce système, de présenter le dessin de la flûte Boebm, sans qu’il fût besoin d’y joindre celui des autres instruments à vent en bois, perfectionnés à l’aide du même procédé, tels, par exemple, que les clarinettes, hautbois et bassons. Pour ce qui est de la nouvelle organisation prescrite dans les musiques régimentaires de France, il nous a paru nécessaire de la rendie aussi complète que possible, notamment en ce qui concerne les instruments inventés ou perfectionnés par Ad. Sax , et cela, avec d’autant plus de raison (pie le dessin de ces instruments est ici publié pour la première fois.
On remarcpiera (pie , dans la classification de nos planches, nous avons à peu près suivi les divisions adoptées poui’ le texte de l’ouvrage. Ainsi nous avons commencé par donner la figure des principaux instruments dont les anciens ont fait usagedans leur musique guerrière et dans leur musique triomphale. Viennent ensuite sur les autres planches les instruments des Chinois, puis les instruments bardiques, employés dans les combats aux premiers temps de l’ère chrétienne; puis les instruments de musiipie militaire du moyen âge (1), auxipiels succèdent les instruments de (|uel-
‘ i) Quant aux instruments employés à cette époque par les ménestrels, nous n’avons pas
(|ues peuples sauvages. Enfin les instruments modernes, débutant par les principales variétés en usage dans les derniers siècles écoulés, et particulièrement sous le règne de Louis XIV, se poursuivent sans interruption jusqu’à la nouvelle organisation récemment adoptée en France. Ce dernier objet, qui est en définitive le plus important, a été traite dans tous ses développements, et, à la fin de notre recueil de planches, on trouvera la riche et intéressante série des nouveaux instruments d’Adolphe Sax, représentés fidèlement et dans leurs plus exactes proportions. Afin que l’on soit complètement à même d’apprécier les bases de la nouvelle organisation régimentaire, nous en ferons ici une courte description, et donnerons un aperçu succinct des éléments qui la composent, c’est-à-dire delà nature de chaque instrument, de son étendue et du lôle qui lui est attribué dans l’ensemble. Cesbrièves indications aideront encore à l’intelligence des planches jointes au texte de ce Manuel, et qui représentent les instruments actuellement en usage dans nos musiques militaires. Au reste, les personnes qui désireraient de plus amples renseignements à cet égard, et principalement ceux de MM. les chefs de musique qui seraient jaloux de connaître à fond toutes les ressources qu’offre aujourd’hui l’art de l’instrumentation, dans son application à la musique militaiie, pourront consulter avec fruit nos deux traités d’instrumentation, approuvés par l’Institut de France, et adoptés pour l’enseignement dans les classes de composition au Conservatoire royal de musique (1). Nous donnons ci-après
cru devoir les comprendre dans cette catégorie ; on sait d’ailleurs que ces instruments n’etaientpas précisément déterminés; ils devaient être, dans les premiers temps, semblables à ceux des bardes, et ils consistaient^principalement en instruments à cordes; ensuite, les ménestrels ou ménétriers eurent entre les mains des instruments de tout genre; mais ceux-ci n avaient pas une application directe à l’objet dont nous nous occupons; ils ne formaient plus en quelque sorte, dans certaines occasions solennelles, qu’une musique militaire de concert^ ou plutôt une adjonction à la musique militaire. Quant aux violons ou aux violoncelles , on sait qu ils ont encore moins de droit que le rebec des ménestrels à figurer parmi les instruments employés dans ce genre de musique. C’est là un fait que nous avons suffisamment établi et sur lequel nous n’avons pas besoin de rev'enir.
(1) Los suppléments récemment publiés , tant pour notre Traité d'instrumentationy comprenant les propriétés et l’usage de chaque instrument, que pour notre Cours dinstrumen- /a/jort, considérée sous les rapports poétiques et philosophiques de l’art, traitent fort Ion-