MÊME VOLUME , PAGE
(6). Des signaux.
Lorsque dans un exercice on voudra commander à un assez grand nombre d'escadrons ou de troupes pour que la voix ne puisse pas se faire entendre au total , on se servira des signaux ciapres , et on aura soin d’exercer la cavalerie à en faire usage , afin qu’elle ait une connaissance parfaite des mouvements qu'ils indiquent.
Un appel sera destiné à prévenir qu’on va faire quelques mouvements, et à ce signal cha(|ue commandant dira : Prenez garde à vous.
Lorsqu'il sera suivi immédiatement par la marc/ic , on marchera en avant, le commandant disant : Marche !
Lorsqu’après le premier appel on sonnera au ton bas, le mouvement se fera par compagnie ou par demi-troupe de cinquante mètres , et le commandant dira : Par compagnie ou Par demitroupe.
Si on sonne deux tons bas , le mouvement se fera par deux compagnies, et le commandant dira : Par deux compagnies. ,
Si on ne sonne point de tons bas , le mouvement se fera par escadron ou par troupe entière.
Les demi-appels indiqueront l’espèce du mouvement : un demi-appel signifiera un quart de conversion à droite ; deux demi-appels , un quart de conversion à gaucbe ; trois demi-appels , une demi-conversion à droite; quatre demi-appels., une demi-conversion à gauche. Alors le commandant dira ou à droite ou à gauche ; faites un quart de conversion , ou demi-tour à droite ou demi-tour à gauche; il ne dira marche! que lorsqu’ensuite on sonnera la marche., et alors on se mettra en mouvement pour exécuter ensemble la manœuvre indiquée.
Lorsque, dans une colonne de cavalerie un peu considérable , les derniers escadrons se trouveront obligés de galoper, ils feront sonner un appel qui sera répété jusqu’à la tête , d’escadron en escadron ; alors la tête fera halte pour attendre la queue, et ne se remettra en marche que lorsque le dernier escadron ayant rejoint il aura fait sonner la marche., qui sera de même répétée d’escadron en escadron.
Fait à Versailles , le 14 mai 1754.,
Signé: Voyer-d’Argenson.
extrait du tome XXIII DE L’OUVRAGE manuscrit intitulé : ÉTUDES SUR LA GUEHRK.
Article : Signaux.
Ce que nous connaissons sur nos signaux actuels pouvant répandre plus de jour sur les anciens , c'est par ceux que nous employons le plus communément que je commence cet aiticle.
•l’ai parlé du mot dans un article séparé , qui est dans la première espèce dont parle \ égece. Ouant à la seconde , ou ceux qui sont donnés aux troupes par les instruments, I ordonnance nous
PIÈCES JUSTIFICATIVES
ies prescrit : on se sert, pour suppléer au défaut de la voix , des batteries de tambours^ dans l’infanterie , et des sonneries de trompettes ^ dans la cavalerie, pour indiquer à ces troupes les mouvements qu’elles doivent faire.
Ordonnance du 20 mars 1764.
D’abord ces différentes batteries et sonneries expriment les différentes espèces de services auxquelles ces troupes doivent vaquer; ainsi, lorsqu’on bat la générale, toutes les troupes d’une armée ou d’une place doivent prendre les armes ou se tenir prêtes. à les prendre.
Lorsqu’on bat seulement le premier, c’est-à-dire la marche, la troupe seulement où se fait cette batterie tloit prendre les armes ou s’y préparer.
Lorsqu’on bat /’awemù/éc , les troupes s’assemblent. Cette batterie est ordinairement suivie d’un autre appel au drapeau, auquel on lève le camp. On prend les drapeaux, et la troupe se forme par compagnie , pour marcher ensuite lorsque les tambours battent la marche.
Le rappel, lorsqu’une troupe en marche , ou seulement assemblée pêle-mêle , doit se former.
La retraite, lorsque la troupe doit se retirer dans ses logements ou marcher en arrière.
La lorsque les troupes doivent aller à quelques travaux ou à quelques distributions.
Les batteries des tambours servent aussi dans les évolutions relatives aux différentes formes que doivent prendre les troupes pour le combat , pour indiquer aux troupes les manœuvres qu’elles doivent faire. L’ordonnance cependant prescrit de ne jamais s’en servir en présence de l’ennemi, ces sortes de signaux étant trop sujets à se confondre dans le tumulte d’un combat, joint au bruit de la mousqueterie, du canon et de la caisse des tambours ennemis ; qu’ainsi il vaudrait mieux accouturner les troupes à manœuvrer à la voix de leur commandant , sauf à faire passer d un bataillon a 1 autre les ordres par des officiers majors.
On fait appeler, comme j’ai dit , pour faire assembler la troupe ; on le fait encore pour en faire serrer les rangs lorsqu’elle est assemblée. -
On fait battre aux champs pour marcher eu avant. Les mouvements qui ne sont point anuon-
ces sont md.qués par un roulement .s'ils doivent être faits à droite, ou par deux si ce doit être a gauche.
Si un bataillon doit se rompre en deux ou par demi-rang, après un ou deux roulements ou donne quatre coups de baguette ; si c'est par quart de rang , on en donne trois ; si c'est par pe-
tatmùtir; i ^Près quoi les tambours
atteut chcimps, pour executer le mouvement dont les ralliements et les coups de baauette ont donne l avertissement. • tucue um
Lorsque l'on bat au drapeau , le bataillon rompu alors en colonnes se remet en bataille s, a la batterie des drapeaux succèdent celles ou de la marche ou de ta eharne
S 11 y a plusieurs bataillons, et qu'on veuille leur faire faire ensemble le quart de conversion 011 donne cinq coups de baguette après les roulements. foineision ,
Po'”' doubler toute sorte de divisions quelconques, lorsqu'une troupe est en colonnes on fait fr„h roulements , et quatre pour la dédoubler.
cher' On en^d!" «n doit mar-
cl r On 11 donne un pour marcher de front, par section; deux . pour marcher de front par
lataM ôn '**"''"■‘“>81 «nq , par bataillon ; six. par deux
lataillons, et par quatre bataillons. ^
vanter’” à droite, pour marcher ensuite de-
PIÈCES JUSTIFICATIVES. 399
Cn cesse de marcher toutes les fois que les tambours cessent de battre.
Il y a aussi des signaux qui indiquent aux tambours d’exécuter ces différentes batteries. *
Celui qui commande agite circulairement sou épce autant de fois qu’il voudra que les tambours tassent de rolilements.
Il marque de même avec l’épée le nombre de coups de baguette qu’il veut faire donner, en la levant et abaissant vivement.
Pour faire battre aux champs, il lève l’épée droite , la pointe en haut , le bras tendu à la bauteur de l’épaule.
Pour faire battre aux drapeaux , il a le bras tendu , le poignet tourné en dedans , de façon que l’epée croise horizontalement devant lui, à la hauteur de la cravate.
Pour faire battre la charge^ il porte l’épée directement devant lui , la pointe en dedans, ayant le bras tendu.
Pour faire appeler, il met l’épée sur l’épaule.
Pour faire battre la retraite, il passe l’épée croisée derrière le dos.
Pour faire battre l’assemblée, il tient l’épée perpendiculaire, la pointe eu bas, le bras tendu devant lui , à la hauteur de la cravate , et le poignet renversé en dedans.
Pour faire cesser de battre , il donne un grand coup de l’épée sur la terre sans la relever ( 1).
EXTKAIT DU TOME III DE l’OUVRAGE PRECITE.
Article : Batterie.
Il y a encore d’autres batteries qui indiquent les différentes espèces de services, comme la générale, lorsque toute l’infanterie d’une place ou d’un quartier doit prendre les armes, soit pour marcher, s’exercer, etc.; lorsqu’avec cette infanterie il n’y a pas d’autres troupes, comme cavalerie ou dragons; car, dans ce cas ou qu’il n’y ait qu’un régiment ou bataillon qui doive prendre les armes , les régiments en ce cas rappellent seulement devant leur quartier.
Autrefois l’on battait le premier au lieu de la générale , quand il y avait dans le même lieu d’autres troupes qui ne devaient pas prendre les armes. Ce premier était la marche, qu’on battait une heure environ avant de marcher.
Ensuite on battait rassemblée , à laquelle les compagnies se rassemblaient , particulièrement jusqu’au rappel, qu’elles se réunissaient en corps de bataillon.
La retraite indique l’instant auquel les troupes se retirent, et les mouvements en arriére dans les évolutions.
Aux drapeaux est une batterie à laquelle les troupes se mettent en bataille, lesquelles sont en colonnes , et que l’ôn bat lorsque l’on transporte les drapeaux de chez le commandant à la troupe.
La fascine ou breloque sert à appeler les soldats aux corvées , et dans les évolutions h envoyer les troupes à la paille.
(1) L’ordonnance de 1766, relative aux batteries, ne différant presque pas de celle-ci, nous nous' dispenserons de la rapporter.
4oo PIÈGES JUSTIFICATIVES.
Im messe ou prière , pour avertir de se rendre à ses œuvres de piété.
Le ban sert pour les proclamations , soit d’ordonnance, soit de défense, ou ordres particuliers de par le roi , pour recevoir un officier à la tête de sa troupe.
Je parle encore de cette espèce de batterie, relativement aux signaux qu’ils donnent, à l’art, des instruments , n» 13 , et à celui des signaux , n° 34.
Dès le quinzième siècle, ces batteries avaient les mesures qu’on avait négligées et reprises.
Ordonnance du juin 1766, chapitre titre F.
Lorsque toute la cavalerie et toutes les troupes d’une garnison, ou d’un quartier, ou d’un camp, devront monter à cheval et prendre les armes , toutes les trompettes sonneront le bouteselle, auquel signal on sellera , et le cavalier tiendra son équipage prêt à charger.
S’il n’y a qu’une partie de la cavalerie d’une garnison , d’un quartier ou d’un camp, qui doive monter à cheval, on prendra les armes à pied, on sonnera des appels au lieu du boute-selle.
Lorsqu’on sonnera le boute-charge , on bridera les chevaux , et si l’on doit partir d’un camp, on détendra les tentes et l’on chargera.
Lorsqu’on sonnera à toutes les compagnies se rassembleront pour se former ensemble
en bataille, soit à la tête du camp , soit au quartier d’assemblée de chaque régiment en garnison ou eu quartier.
Lorsqu’on sonnera ensuite la marche , on se mettra en mouvement.
Eu cas d’alerte ou de surprise , où il est nécessaire de monter à cheval avec la plus grande cé^ lérité pour se mettre promptement en état de défense , on sonnera aux armes au lieu du boute^ selle.
Toutes les différentes sonneries étant réglées et jointes à la présente ordonnance, les commandants des provinces et des places tiendront la main à ce qu’on ne s’en écarte en aucun point.
Ordonnance du 14.
Lorsque le nombre d escadrons ou de troupes sera trop considérable pour que la voix puisse se faire entendre à tous , soit en bataille ou en colonne , on emploiera les signaux ci-après , et on
aura soin d’exercer la cavalerie à eu faire usage, afin qu’elle connaisse les mouvements qu’ils indiquent.
Un est destiné à prévenir qu’on va faire quelque mouvement. A ce signal, chaque commandant d’escadron dira : Prenez garde à vous !
Lorsqu’il sera suivi immédiatement par la marche , on marchera en avant, le commandant disant : Marche !
Lorsqu’après le premier appel on sonnera deux to7is bas, cela indique que le mouvement devra se faire par division, et le commandant dira : Par division.
Si on ne sonne qu’un ton bas, le mouvement devra se faire par compagnie , et le commandant dira : Par compagnie. >
Si l’on ne sonne point de tons bas , le mouvement devra se faire par escadron.
Les demi-appels indiqueront ensuite l’espèce de mouvement.
Un demi-appel signifiera un quart de conversion à droite.
PIECES JUSTIFICATIVES
Deux demi-appels, un quart de conversion à droite.
Quatre demi appels, une demi-conversion à gauche.
Aloi'S le commandant dira : droite ou à gauche , demi-tour à droite ou demi-tour à gauche, et il ne dira : Marche, que lorsqu’ensuite on sonnera la marche, et alors on se mettra en mouvement pour exécuter ensemble la manœuvre indiquée.
Le régiment étant eu colonne, on le remettra en bataille par les mouvements contraires; mais lorsqu on voudra le mettre en bataille en avant, après avoir sonné un appel, les trompettes sonneront /e ralliement, et ensuite la marche , auquel signal le régiment se formera en bataille en avant.
Lorsqu’on sonnera la charge , les cavaliers mettront leurs chevaux au galop , le sabre haut.
Lorsqu’après un appel on sonnera la retraite et ensuite la marche , la première compagnie de chaque escadron se portera en avant ; la seconde se retirera pour former deux lignes.
Cavalerie. — Manœuvres.
Lorsqu’on voudra disperser les cavaliers fourrageurs, on fera sormex le boute charge;\o\'s- . qu’ensuite on sonnera le ralliement , ils se rallieront à leur étendard.
Quand les troupes de la queue d’une colonne ne pourront pas en suivre la tête, ou qu’elles seront obligées de s'arrêter, elles feront sonner un appel, qui sera répété d’escadron en escadron jusqu'à la tête, qui fera balte.
Dès que la colonne aura rejoint ou qu'elle n’aura plus de raisons de s'arrêter, elle fera sonner un couplet de la marche, qui sera répété par un trompette de la tête de chaque escadron; après quoi la tête de la colonne se remettra en marche. Il sera cependant détaché un officier major pour avertir celui qui commandera la colonne du sujet pour lequel on se sera arrêté.
Même ordonnance , juin 1766, titre XVII .
Le timbalier et les trompettes d’un régiment s’exerceront ensemble deux fois par semaine pendant l’iiiver, et pendant l’été ils ne s’exerceront que les jours où le régiment montera à cheval. Un porte-étendard sera chargé de veiller à cette école.