‹ Manuel general de musique militaireChapitre 97 sur 229 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

lie la poléiiiiijiie; avec les personnalités, d’ordinaire si ardentes, (juekpie* lois même si abruptes dans la forme, surgissent des particularités curieuses ipii ajoutent à l’intérêt du débat, et forcent d’autant plus l’attention du public. Le niouvement gagne les chefs de musi(|ue eux-mêmes : c’est à cpii élèvera la voix pour défendre les droits de sa profession et rebaussei' celle-ci à tous les yeux ; c’est à cjui demandera des réformes et pro- })Osera des améliorations; c’est à qui feia son plan et diia son avis. Le tournoi s’annonce au son belliqueux des saxlioi ns , et maints champions d’accourir dans la lice; l’im armé de sa plume et de pied en cap ferré de solides arguments; l’autre brandissant son instrument et défiant chacun en combat singuliei'. Mais comme tout cela au fond n’est qu’une petite ^uerre^ et non une guerre sérieuse, nous ne les suivrons pas sur le terrain de leur polémique. Il serait d’ailleurs trop long et trop fastidieux d’enregistrer ici toutes les choses bonnes et mauvaises auxquelles on a donné cours dans ces derniers temps sur la musique militaire. A la vérité, il y en a dans le nombre qui semblent être l’expression de l’opinion générale et le produit d’une sincère unanimité; celles-là méritent évidemment d’être prises en sérieuse considération. Mais il y en a beaucoup d’autres qui sont le ré.sultat d’une opinion individuelle presque toujours trop absolue et trop exclusive; et celles-ci au contraiie ne sauraient être accueillies qu’avec une extrême réserve. Enfin, il en est encore qu’on devrait entièrement passer sous silence, tant elles sont ridicules et erronees, s’il n’importait de mettre en garde le lecteur contre tout ce qui tend à l’égarer et à lui donner des idées fausses sur bien des points.

On aura, par l’aperçu qui va suivre, quelques exemples de cette variété de vues et de sentiments qu’ont donné lieu d’observer dans leurs écrits la plupart de ceux (jui, tout récemment, ont traité du meilleur système à employer pour la formation des musiques.

L’un des plu s empressés à signaler les défauts de la musique militaire en Allemagne, et surtout en Prusse, a ete M. Wieprecht, dont nous avons déjà parlé. Son titre de directeur de la musique des gardes de S. M. Guillaume IV l’obligeait en quelque sorte a prendre 1 initiative. Dans une suite d’articles publiés d’abord par un journal militaire, LAmi de M((rs\, et reproduits ensuite par une intéressante feuille musicale de Beilin (i),

I ) Cette feuille, rrtlijjée j)iu' C. G.iilUird, parait à Berlin sous le litieile . BctUrier fnnxi-

cet artiste distingué recherche les causes de 1 imperfection inhérente à l’ancien système d’organisation, et, comme tous les écrivains en général qui ont, avant lui ou en même temps que lui, abordé ce sujet , il reconnaît qu’elles résident principalement dans la faiblesse du registre intermédiaire, comparativement au legistre grave et au registre aigu. Ainsi, par exemple, dans les corps de musique d infanterie prussienne en marche, il rend témoignage qu’à une distance de vingt pas on n’entend déjà plus que les parties les plus aiguës , la basse-tuba, les instruments de percussion, et parfois quelques trompettes. Quant aux paF’ties intermediaires, s’il n’y a éclipse totale, du moins est-il impossible d’y rien percevoir de complet. c( Notre musique actuelle , dit M. Wieprecht, est un mixtum cvm- « positum, un mélange de paities qui restent toujouis isolées; réunissez ic une musique de cavaleiie avec une musique d’infanterie, les inégalités « disparaissent. Néanmoins, ajoute-t-il, dans mes grands concerts où sont «réunies deux musiques d’infanterie à trois musiques de cavalerie, les « parties aiguës me semblent toujours trop grêles. » Après avoir demandé quelques changements partiels qui, à son point de vue, sont des améliorations, M. Wieprecht propose la révision totale de l’ensemble, révision qui ne porte presque uniquement que sur l’arrangement systématicpie des différentes parties de la combinaison instrumentale, M. Wieprecht avant déclaré qu’il n’entendait point changer les éléments de cette dernière , mais seulement indiquer les moyens d’en tirer un parti meilleur. Le système de M. le directeur de la musique des gardes du roi de Prusse, tel qu’il nous l’a fait connaître par sa huitième lettre sur la musique militaire, lettre qui a été publiée dans le journal de Beilin, le 28 juin i845, et, il est juste de le dire, longtemps après l’apparition du mémoire si remarquable où M. Sax a le premier exposé en détail un projet de réorganisation générale dont l’idée lui appartient en propre, le système de M. Wieprecht, disons-nous, repose sur les bases suivantes : vingt et une partie.s principales, savoir, une flûte, une petite clarinette, une autre plus grave, une premièie grande clarinette, une deuxième grande clarinette, deux hautbois, deux bassons, un batyphon ou contre-basson, un petit cornet.

kalische Zeaun<^ (unter Rédaction von C. Gaillard licrausgegeben von eineni \ K.ünstler und Kunstfreundcn).

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