ZONE TEMPÉRÉE
En pieds anglais.
En toises françaises.
Température
moyenne.
Différence.
Température
moyenne.
Différence.
La courbe qui représente la ligne des neiges perpétuelles ne sera pas la même dans les hémisphères nord et sud : on a reconnu que le dernier est plus froid que le premier.
D’après la hauteur variable à laquelle on commence à trouver les neiges éternelles, on doit concevoir, toutes circonstances égales d’ailleurs , que l’étendue de continent propre à faire vivre les animaux et les végétaux doit diminuer depuis l’équateur jusqu’aux pôles , et que, par conséquent, il y a plus de probabilité pour qu’il y ait une plus grande quantité de débris organiques terrestres enfouis dans les dépôts qui se forment maintenant sous les tropiques, que dans les dépôts du même genre, à des latitudes élevées *.
i Si nous considérons que la vie animale et végétale devient moins active à mesure que l’atmosphère devient plus froide et moins dense, et que les êtres vivants dans la mer sont moins nombreux à mesure que la pression de la mer augmente et que la lumière nécessaire diminue, nous obtenons, si je puis m’exprimer ainsi ,deux séries de zones, l’une au-dessus du niveau de la mer, l’autre au-dessous, dont les termes les plus rapprochés du niveau de l’Océan sont ceux qui présentent la plus grande masse de vie animale et végétale, toutes les autres circonstances qui peuvent la favoriser étant supposées égales.
Vallées.
On ne peut faire une classification des vallées qu avec beaucoup de difficultés, parce que les diverses dépressions existant à la surface de la terre , auxquelles on a trop généralement appliqué le nom de vallées, passent de l’une à l’autre, de manière à produire des resultats composés qu’il n’est nullement facile de classer ; aussi ne faut-il pas attacher trop d’importance à l’esquisse suivante.
Vallées des montagnes. Elles sont longitudinales ou transversales, selon qu’elles s’étendent suivant la direction de la chaîne de montagnes ou qu’elles coupent cette direction; leurs versants sont généralement raboteux , couronnés par des pics élevés et des masses brisées, et elles sont pour la plupart escarpées. Les agents atmosphériques, loin d’adoucir leur surface extérieure, ne font qu’ajouter à leur caractère déchiré ; la fonte des glaces et des neiges et les eaux pluviales sillonnent leurs flancs, entraînant avec elles des détritus considérables jusqu’aux rivières, qui, lorsque les myeaux sont favorables, les déposent dans des endroits propres à la végétation , de sorte que dans les pays de montagnes on trouve que ques champs de verdure au milieu des sites les plus sauvages, qui présentent un singulier contraste avec les formes brisées des montagnes environnantes. Lorsque les niveaux ne sont pas favorables ou que les blocs détachés sont trop considérables, les masses s’accumulent dans les courants et produisent des cascades sans nombre qui ajoutent à l’horreur de ces contrées.
Vallées des contrées basses. Elles diffèrent des précédentes , en ce qu’elles présentent des formes arrondies, de manière quune coupe du sol en travers d’une de ces vallées serait une ligne ondulée; ces ondulations varient quant à l’écartement des parties élevées et quant à la profondeur, de telle manière que les points les plus élevés peuvent être séparés par un intervalle de plusieurs milles, la profondeur étant peu considérable. Par suite des pentes douces de ces vallées, les agents atmosphériques, quoique toujours capables de décomposer les roches qui en forment les pentes ,, ne transportent pas les détritus à une distance considérable, excepté dans les climats et les localités où des torrents d’eaux pluviales descendent sur un sol qui n’est pas propre à la végétation : cependant, même dans ce cas, la surface extérieure générale, dont la forme est arrondie, n est que faiblement altérée , quoique lès flancs des collines soient profondément sillonnés.
Bavins et gorges. Celles-ci sont bordées par des escarpements
oO
t e roches plus ou moins perpendiculaires; elles sont communes dans les vallees de montagnes, et dans celles des contrées basses mais plus particulièrement dans les premières. Elles servent souvent de communication entre des espaces plus ouverts, et il arrive fréquemment qu’on approche de leur bord sans se douter qu’elles existent, le pays paraissant se prolonger sans interruption sur la meme pente ou sur le même niveau.
Vallées larges à fond plat. Ce sont des plaines horizontales d une etendue plus ou moins grande, bornées de chaque côté par es coteaux ou des montagnes : je citerai pour exemple la grande
vallee du Rhin , au-dessous de Basle , bornée d’un côté par la forêt INoire, de 1 autre par les Vosges.
Une telle diversité de formes semble annoncer une diversité ongme. Les vallees de montagnes, pour la plupart, ressemblent a de larges crevasses qui seraient produites lors du soulèvement subit et du contournement que les couches ont éprouvés tandis que les vallées des contrées basses semblent indiquer le passade ancien d une grande nappe d’eau, qui aurait arrondi les inégalités et agi sur la niasse des couches en proportion de leur résistance. Les gorges ou ravins semblent dus à l’action destructive d’un courant d eau, ou a des crevasses produites tout à coup dans les rochers par de vi°Ientf convulsions. Les vallées à fond plat présentent le caractère de lacs desséchés ou de bassins, dans lesquels les rivières ou des cours d’eau en général peu rapides, ont dû déposer des quantités considérables de sédiment sur une surface horizontale.
Comme nous pouvons supposer qu’il a existé des collines et des vallons, des montagnes et des vallées, depuis les époques géologiques les plus reculées, et comme, par conséquent, les couches no se sont nullement déposées sur une surface unie et plane, il en résulte que le système des dépressions que nous observons aujourd’hui est nécessairement très compliqué. On peut cependant établir comme un lait general, que les roches stratifiées supérieures ont rempli et recouvert les nombreuses inégalités des roches stratifiées inférieures comme c’est le cas dans la Normandie , où les roches du groupe oo nique recouvrent la surface inégale des roches de schistes de calcaire et de grauwackc, qu’on voit pointer çàet là à travers les couches des premières, et qui se montrent à découvert partout où es rivieres ont emporté les couches qui les recouvraient.
Si on admet l’hypothèse d’une rupture violente des couches capable de les contourner et de les renverser sur leurs tranches, on conçoit qui en résultera nécessairement de grandes ruptures, nui proc uiront des fentes longitudinales et transversales ; mais les fentes
seraient tout ouvertes et leur origine demeurerait toujours évidente, si elles n’étaient pas modifiées par quelque action postérieure. Si nous supposons, au contraire, avec ceux qui prétendent qu’il n’y a pas eu autrefois d’effets plus considérables que ceux dont nous sommes journellement témoins, que les montagnes se sont élevées graduellement par une multitude de tremblements de terre successifs, agissant toujours suivant la même ligne, nous aurons beaucoup de peine à expliquer la position des couches dans les hautes chaînes, et surtout lorsque des masses entières de montagnes sont contournées, et même paraissent repliées sur elles-mêmes, comme on l’observe au Bighi • tandis que si nous supposons que les soulèvements ont été plus violents, ces difficultés semblent s’évanouir, et les bvpothèses relatives aux couches renversées, bouleversées et contournées, aux fentes longitudinales et transversales ou aux vallées, seraient plus en harmonie les unes avec les autres.
Si nous supposions qu’une violente rupture de couches eut lieu au-dessous des eaux de l’Océan , ses eaux seraient fortement agitées et réagiraient sur le continent , se précipitant dans les fentes, détruisant les parties saillantes des roches , chassant devant elles des blocs et des parties de couches faiblement agrégées, arrondissant les angles de roches, et accumulant des détritus au fond des cavités. Si un soulèvement soudain de ce genre se produisait en partie dans l’Océan, en partie au dehors, la réaction de la mer n’atteindrait les couches soulevées que dans leurs parties les plus basses, lesquelles seules présenteraient des formes arrondies. Si enfin les couches n’étaient soulevées que dans l’atmosphère, les crevasses qui en résulteraient n’éprouveraient d’autres modifications que celles de l’influence atmosphérique.
Quoique les vallées des contrées tasses présentent généralement des formes arrondies , il est rare que les couches qui composent le sol du pays où elles sont situées ne présentent aucune trace de perturbation} elles sont au contraire souvent renversées, contournées et fracturées, et les vallées ont fréquemment la même direction que ces failles ou fentes du sol. Quelquefois, néanmoins, il n’y a dans les collines aucune apparence de fracture visible, quoiqu’elles soient traversées par des failles dans diverses directions. Les environs de Weymouth, en Angleterre, offrent plusieurs exemples remarquables de ce fait géologique.
Les vallées d7 élévation sont celles qui paraissent devoir leur origine à une rupture des couches et à un mouvement de bas en haut des parties fracturées, de manière que les couches plongent de part et d’autre vers l’extérieur de la vallée; probablement un très
VALLÉES. or
8fan(^ iiombr° des vallées de montagnes doit être rangé dans cette Liasse; mais jusqu a présent les géoiogues semblent n’avoir appliqué
ee nom de vallée d’ élévation qu’à des vallées bornées par des collines d’une hauteur moyenne.
M. Bucldand a cité des vallées de ce genre à New-Kingsclere et Bower-Chalk , près de Shaftesbury, et à Poxwell, près Weymouth, i^a figure 1 représente une coupe de la vallée de Kingsclere.
Y, vallée de Kingsclere; a a, craie &\ec silex; b à, craie sans silex ; c c , grès vert.
On voit immédiatement que les couches qui sont sur chaque versant étaient autrefois continues, et qu’elles ont été soulevées postérieurement, ce qui a produit une fracture, laquelle, par une dénudation subséquente, est devenue la vallee que nous voyons maintenant Depuis les observations du professeur Buckland , faites en 1825 M. Hoffmann s’est occupé en Allemagne des vallées du même genre, et u a cherché à prouver leur liaison avec les sources chargées de gaz acide carbonique. À l’appui de cette opinion il a cité la vallée de Pyrmont , dont il a donné une coupc, reproduite figure 2, laquelle fait voir que cette vallée de Pyrmont représente dans son ensemble une structure exactement analogue à celle de la vallée de Kiimsclere, dont il vient d’être question.
M , le mont Muhlberg (1107 pieds); B, le mont Bomberg (1136 pieds); P, Pyrmont, dans la vallée, dont le fond est à 250 pieds; a a , keuper (marnes rouges ou irisées); b 6, muschelkalk; c c, grès bigarré, brisé en fragments dans la partie d qui laisse échapper les eaux acidulés.
Comme dans la vallée de Kingsclere, les couches de ceîie de Pyrmont n’ont pas été soulevées à des hauteurs égales sur chaque versant. Le grès bigarré s’élève à 850 pieds sur le flanc du Bomberg, ou sur le versant nord, tandis que sur les flancs du Muhlberg, ou
sur le versant sud, il n’atteint que 540 pieds , avec une inclinaison plus faible. Nous développerons plus loin , dans le cours de cet ouvrage, les opinions théoriques qui se rapportent à ces faits; il suffit, quant à présent, de faire connaître l’existence de ces vallées d’élévation.
M. Hoffmann (, Journ . de géologie , î , 159) cite d’autres faits semblables, avec sources acidulés, dans la vallée de Dribourg, sur la gauche du Weser, et quelques autres combinaisons du meme genre.
Vallées de dénudation . Quoique les vallées d’élévation citées ci-dessus puissent être appelées aussi vallées de dénudation , ce dernier nom semble attribué de préférence à ces vallées où les couches, sur chaque versant, ne sont pas très éloignées de la position horizontale, et dont on ne peut mettre en doute la continuité primitive. Ta coupe suivante de la vallée de Charmouth nous en four» nira un exemple.
Fig. 3.
a a , sommets des collines, composés de silex ( flint et chert ) anguleux et de graviers, débris des anciennes couches supérieures de craie et de grès vert, qui ont été en partie détruites sur place ; b b , grès vert qui présente à sa surface des inégalités résultant des mômes causes qui ont produit le gravier; c c, lias au milieu duquel a été creusée la partie inférieure de la vallée; d, petite rivière de Char : son lit serait invisible si, dans la coupe, on avait exactement gardé les proportions. Sur les pentes de la colline, de a en d, on trouve beaucoup de graviers de silex répandus sur les roches b et c, et on pourrait se demander combien il a dû en descendre des hauteurs pendant un long espace de temps, comme cela est arrivé sur les pentes de collines semblablement arrondies, dans le canton de South Hams en Devonshire, et combien ont dû être déposés à l’époque de la formation primitive de la vallée. En effet, ceux qui prétendent que de semblables excavations ont pu être produites par des forces du même genre que celles que nous voyons agir journellement sous nos yeux, admettraient que cette vallée a été formée par le courant insignifiant qui la traverse actuellement, aidé par les eaux de pluie. Cependant cette vallée est le seul canal d’écoulement des eaux d’une contrée de plusieurs milles d’étendue , dans lequel le ruisseau actuel, même avec ses débordements, n’a
s’élèvmTauc'flp1!* C?rPU‘°i d°,nt l0S escarpcments verticaux ne , ent <luc de,4 a 15 P>eJs. La plupart de ces escarpements ne
port les * ' de graviers et matériaux de trans*
l o t, les memes que ceux qui couvrent également le reste de la
a ke dans toutes les hauteurs, depuis le lit de ruisseau jusqu’au
“Sri «* * « e«. ». — rz:
ne. ses parties du monde, et .1 n’est pas rare d’en voir où .1
orhdne° Mê ea“x courantes auxquelles on pourrait attribuer leur o e. Meme a la Jamaïque , ou les pluies des tropiques sont assez ommunes, n y a des vallées où les eaux sont absorbées par des ca- S0Uterraines ou espèces de puisards (sink-holes), et où il ne
exemples d^vallée"1™?0”1^- ^ AnglctCrrc’ "™s avons des emples de 'allées seches, dans nos contrées crayeuses dans
. oobte du Yorkshire, et au milieu des schistes du canton de ’sou h
Sur la côte ouest du Pérou , où il ne tombe jamais de pluie il y a aussi des exemples remarquables de vallées sèches, qui à en iu-w d apres les dessms, ressemblent à beaucoup de vallées de contres basses d Europe , a pentes arrondies. La forme de ces vallée- est egalement contraire à la supposition qu’elles ont pu être ouvertes pai des eaux courantes, car leurs pentes sont arrondies et non terminees par des escarpements perpendiculaires.
Quelquefois la partie supérieure d’une colline étant composée de loches plus dures que celles de la partie inférieure, les premières
des auTres & P‘C’ 61 k™0"1 UD6 avanCe en SurPlomb ««-dessus
La forme générale de ces vallées semblerait indiquer un mode de iormalion different de celui des vallées de montagnes, c’est-à-dire une cause qui aurait été capable de détruire tous les points saillants.
11 y a a peine une contrée d’une étendue un peu considérable, et composée de ces sortes de vallées, qui ne contienne des fissures ou des failles, meme quand les couches, prises en masse, ne sont pas beaucoup dérangées de la position horizontale. Dans d’autres oca îtes, les couches sont soulevées, contournées et pénétrées par des roches de trapp qui s’y sont introduites; et cependant la forme generale de ces vallées n est pas considérablement altérée : la forme arrondie domine encore. Ce même caractère paraissant être assez'
i La sécheresse de ces vallées du Devonshire provient de ce que les couches mii
dam’ leur" ta “« “pifa aS’r-’ * des pluies se pcrdcnt entièrement
«ans leur., assures apres avo.r traverse le gravier poreux qui rouvre la surface.