CHANGEMENTS A LA SURFACE DU GLOBE
général ? on peut raisonnablement conclure qu’il a été produit par une seule et même cause : il semblerait que ces vallées ont été creusées par d’énormes masses d’eaux en mouvement, auxquelles les parties les moins résistantes auraient cédé les premières. Nous pourrions penser qu’elles ont été formées par de grands bouleversements au-dessous des eaux de l’Océan, tels qu’en produirait xe soulèvement d’une longue chaîne de montagnes située dans le voisinage, ou bien la dislocation des couches qui la composent, ou, en un mot, des tremblements de terre sous-marins d’une violence beaucoup plus considérable que ceux dont nous sommes maintenant les témoins. Les tremblements de terre actuels produisent souvent des soulèvements terribles des flots qui, se répandant sur le rivage, y détruisent tout ce qu’ils atteignent.
Une élévation soudaine de montagnes jusqu’à la hauteur de plusieurs milliers de pieds serait accompagnée d’un violent dérangement du soi} elle produirait des soulèvements considérables dans les eaux des mers voisines, qui se répandraient avec fureur sur les continents} et ces masses d’eaux, ainsi projetées, auraient une grande force de destruction et de creusement, surtout si elles agissaient sur des couches fracturées ou sur de petites dépressions déjà existantes. Ces vallées peuvent aussi avoir été formées au fond de masses d’eaux agitées, au milieu desquelles se seraient produits des courants d’une grande rapidité, le soulèvement du sol de ces vallées au-dessus du niveau de la mer n’ayant eu lieu que postérieurement.
Ces observations sur l’origine des vallées des contrées basses doivent être regardées comme de simples hypothèses, dont la probabilité ou F invraisemblance ne sera déterminée que par des recherches ultérieures. Néanmoins , un argument qui tend à les faire préférer à la supposition qu’elles ont été creusées par les rivières actuelles, c’est que, dans beaucoup de cas, les rivières quittent les vallées qui paraîtraient être les prolongements de leurs lits naturels, et passent, à travers des gorges et des ravines ouvertes sur un de leurs côtés, dans des terrains d’une hauteur considérable , la barrière qui s’oppose à leur passage dans leur lit naturel n’étant qu’une faible élévation de quelques pieds et presque inaperçue au fond de la vallée.
Changements à la surface dnx globe.
L’état présent de la surface du globe est loin d’être stable} au contraire, en admettant un espace de temps suffisant, on trouverait certainement un grand changement dans les rapports entre les
continents et les eaux. Ces progrès sont lents, sans doute, mais ils
11 en ex^stent Pas m°ins, et sont tellement sensibles, que bien des personnes sont tentées de rapporter tous les phénomènes géologiques aux mêmes causes qui produisent encore les effets dont nous sommes journellement témoins. Autant que nous pouvons en juger par les laita connus, cette opinion semble avoir été adoptée un peu à la bâte, et n’être pas tout à fait d’accord avec tous les phénomènes géologiques qui nous sont aujourd’hui connus. Toutefois, comme on peut supposer que celui qui commence à étudier la science 11e possède pas la connaissance de ces phénomènes, l’appréciation de it-ur importance relative doit être mise de côté, jusqu’à ce qu’il soit devenu plus familier avec le sujet.
Bepms que les géologues ont cessé de s’amuser à fabriquer des théories, sans se donner la peine d’examiner la structure de la surface de ce globe, qu’ils faisaient, modifiaient et brisaient suivant leur bon plaisir, et depuis qu on a commencé à réfléchir qu’il était nécessaire de connaître les faits pour parvenir à connaître le sujet, on n’a pas tardé à remarquer que des changements considérables avaient vu heu a la surface du globe. Les faits étant encore peu nombreux on lit aisément des hypotheses qui furent plus ou moins d’accord avec les connaissances de l’époque : on les trouvera dans les difféienth ouvrages qui traitent de l’histoire de la géologie; il est donc mutile de les rapporter ici. Il nous suffira -d’observer que les deux théories actuellement dominantes sont : 1° celle qui attribue les phénomènes géologiques aux causes qui produisent les effets que nous voyons maintenant ; et 2° celle qui les rapporte à des séries de catastrophes ou de révolutions soudaines. En réalité, la différence entie les deux théories n’est pas très grande, la question ne roulant que sur l’intensité des forces; de sorte que probablement, en réunissant l’une et l’autre, nous serons plus près de la vérité.
Classification des terrains '.
Le nom de roches a été appliqué parles géologues, non-seulement
. 1 L’aif eur ir)müle ne chapitre. Classification oj rocks, ce qui littéralement semjwerait devoir etre traduit par classification des roches. Cependant c’eût été donner une idee inexacte de son objet.
Le mot rocks a en anglais une double acception, comme l’auteur lui-même l’explique positivement dans l'appendice A ci-après (page 526 de l’original anglais), il est employe egalement pour indiquer, non- seulement des substances dures habituellement nominees ainsi, de même que des sables, des argiles, etc., mais aussi des reunions plus generales de ces mêmes substances. Dans la première acception , le mot anglais îochs correspond exactement au mot Lançais roches , dont on sc sert
aux substances dures auxquelles on donne ce nom communément , mais encore à toutes ces variétés de sables, graviers, coquillages, marnes ou argiles qui forment des lits, des couches, ou des associations habituelles de roches qui existent dans la nature et qui sont appelées terrains.
Les terrains furent d’abord divisés en deux classes, primitifs et secondaires , d’après cette idée qu’ils doivent leur origine à des circonstances différentes, les derniers seuls contenant des restes organiques. A ces deux classes, Werner en ajouta une troisième, qu’il appela intermédiaire ou de transition , regardant ces terrains comme formant le passage des primitifs aux secondaires. Plus tard, par suite des observations de MM. Cuvier et Brongniart sur la contrée des environs de Paris, on fit une quatrième classe, et on l’appela terrains tertiaires , parce que les terrains qui la composent sont situés audessus de la craie, terrain considéré comme le plus élevé de l’étage secondaire. Ces divisions ou classes sont plus ou moins en usage aujourd’hui, quoiqu’on semble admettre assez généralement qu’elles sont insuffisantes et qu’elles ne sont plus d’accord avec l’état actuel de la science. On a proposé des modifications et des divisions nombreuses, qui, bien que préférables aux précédentes, n’ont pas été adoptées, la force de l’habitude ayant probablement prévalu.
Proposer dans l’état actuel de la science géologique une classification de terrains en prétendant à autre chose qu’à une utilité temporaire, ce serait présumer une connaissance plus intime de la croûte du globe que celle que nous possédons. La connaissance que nous avons de cette structure est loin d’être avancée, et elle est restreinte principalement à certaines parties de l’Europe. Cependant on a
ordinairement pour désigner des masses minérales qui, existant en grand, peuvent être considérées comme les éléments de la croûte du globe ; dans la seconde, au contraire, le mot rocks a la même signification que le mot français terrains, que les géologues emploient pour indiquer des associations de plusieurs roches, associations qu’on a reconnu être assez constantes dans la nature.
Or, ce chapitre étant consacré par l’auteur à faire connaître la clasification suivant laquelle il a jugé devoir décrire les terrains dans le cours de son ouvrage, on a dû se servir de ce mot dans le titre. On l’a également employé dans le texte, sinon dans le petit nombre de cas où il était réellement question de roches dans la première acception indiquée.
L’auteur a réuni ses terrains ( rocks ) en groupes ; et on pourrait croire que ces groupes sont l’équivalent de ce qu’on vient d’appeler terrains ; mais il n’en est pas ainsi. Presque chacun de ces groupes est composé, non pas seulement de plusieurs roches, mais de plusieurs réunions différentes de roches, c’est-à-dire de terrains, qui souvent sont décrits séparément.
Au reste, cette adoption du mot terrains pour équivalent de celui de rocks a eu lieu avec l’assentiment formel de l’auteur, qui parle parfaitement notre langue, et a une longue habitude d nos ouvrages de géologie. (Noie du traducteur.)
déjà recueilli graduellement une masse d’observations, particulièrement sur cette partie du monde, qui conduisent à quelques conclusions générales importantes , parmi lesquelles voici les principales.
Les terrains peuvent être divisés en deux grandes classes *: les terrains stratifiés et les terrains non stratifiés.
Quelques-uns des premiers renferment des débris organiques, et non les autres; et les terrains stratifiés non fossilifères, pris en masse, se trouvent au-dessous des terrains stratifiés fossilifères pris également en masse.
La dernière conclusoin importante est que, parmi les terrains stratifiés fossilifères, il y a un certain ordre de superposition, dans lequel chaque terrain paraît se distinguer des autres par une accumulation de corps organiques, dont la plupart lui sont particuliers, quoiqu’on observe des variations matérielles dans les caractères minéralogiques.
On a supposé aussi que, dans ces divisions de terrains, qu’on a appelées aussi formations , on trouve certaines espèces de coquilles, etc., caractéristiques de chacune. Des observations multipliées pourront seules démontrer la vérité de cette supposition ; mais il ne faut pas aller jusqu’à prétendre , comme quelques personnes le font, que si, dans une contrée, on est parvenu , pour une série de dix ou vingt couches, à caractériser chacune d’elles par la présence de certains fossiles particuliers, on sera assuré de retrouver les mêmes fossiles caractéristiques, dans chacune des mômes parties de la même série, dans une autre contrée très éloignée de la première.
Supposer que toutes les formations dans lesquelles il a paru convenable de partager les roches de l’Europe puissent être déterminées par les mêmes débris organiques sur différents points éloignés du globe, c’est présumer que les animaux et les végétaux distribués sur la surface de la terre ont toujours été les mêmes au même moment, et qu’ils ont été tous détruits en même temps, pour être remplacés par une nouvelle création, différente d’espèces, sinon de genres, de celle qui a immédiatement précédé. Cette théorie conduirait aussi à conclure que toute la surface du globe a possédé une température uniforme à une même époque donnée.
On a pensé (mais on ne l’a pas encore suffisamment prouvé) que les terrains les plus bas , dans la série de ceux qui contiennent des débris organiques, présentent une identité générale dans leurs fossiles, en des points de la surface du globe considérablement éloignés 1 un de 1 autre, et que cette identité générale a disparu graduellement, jusqu’à ce qu’on soit arrivé à trouver des espèces végétales et animales différentes à différentes latitudes, et même
dans divers méridiens, comme cela est aujourd’hui. Cette opinion est-elle, ou n’est-elle pas fondée ?... C’est ce qu’on ne pourra décider que quand les faits géologiques seront suffisamment multipliés; mais elle réclame une attention particulière, puisqu’elle est la base principale de la classification des terrains fossilifères. Si on parvient à reconnaître qu’elle est exacte, au moins jusqu’à un certain degré, elle ne sera pas en contradiction avec la théorie d’une chaleur centrale, dont la diminution a permis à la chaleur du soleil d’acquérir graduellemen t une influence sur la surface du globe.
Il faut qu’une classification de terrains soit commode, quelle soit en harmonie avec l’état de la science, et dépouillée autmt que possible de tou te préoccupation théorique.
Or, les divisions habituelles des terrains en primitifs, de transition, secondaires et tertiaires , peuvent être commodes ; mais assurément on ne peut pas dire qu’elles soient en rapport avec l’état de la science, ou dégagées d’idées théoriques.
Dans le tableau qui va suivre, les terrains ont été d’abord divisés en stratifiés et non stratifiés , division naturelle, ou au moins convenable pour la pratique , et indépendante des opinions théoriques que l’on peut rattacher à ces deux grandes classes de terrains. On pourrait peut-être dire la même chose de la subdivion des terrains stratifiés en supérieurs ou fossilifères , et inférieurs ou non fossilifères. Les terrains stratifiés supérieurs, ou les terrains fossilifères , sont partagés en groupe. Nous ne connaissons encore qu’une si petite partie de la surface du globe , que toutes les classifications générales semblent prématurées ; il paraît donc inutile d’essayer d’en établir d’autres, sinon provisoirement, pour un usage momentané 5 et en les combinant de manière à ce que , par la prétention d’en savoir plus que nous n’en savons réellement, elles ne viennent pas mettre obstacle aux progrès de la géologie.
A. Terrains stratifiés. 1er groupe. ( Terrains modernes). - — Au premier abord, ce groupe paraît naturel et facile à déterminer; mais, dans la pratique, il est souvent très difficile de dire où il commence. Quand on considère la grande profondeur de beaucoup de gorges et de ravins, qui paraissent devoir leur origine au pouvoir destructeur des cours d’eau existants; ces falaises, souvent formées des roches les plus dures, qui sont plus ou moins fréquentes sur les côtes; cette immense accumulation de terrains comparativement plus modernes , tels que ceux qui constituent les deltas de grandes rivières; enfin ces vastes plaines, comme celles de la partie orientale de l’Amérique du sud , alors il est difficile d’imaginer que ces phéno mènes aient pu être produits pendant la durée d’une période de
'cmPS comPai'ativement assez limitée. Géologiquement parlant , i époque est récente - mais, d’après nos idées du temps, elle paraît remonter bien au delà des dates qu’on assigne communément à l’ordre de choses actuel.
2e groupe. ( Blocs erratiques).— Ce groupe est extrêmement difficile à bien caractériser . et il ne doit être regardé que comme provisoire : c est un groupe uniquement établi par convenance, pour renfermer ces dépôts superficiels de graviers , brèches et autres matériaux de transport qui se rencontrent dans les localités où des causes semblables à celles qui agissent maintenant n’auraient pu les amener. Le trait le plus extraordinaire de ce groupe est l’existence de ces énormes blocs que l’on trouve si singulièrement perchés sur des montagnes, ou épars sur des plaines situées à une grande distance des roches en place, dont ils paraissent avoir été détachés.
3e groupe. ( Supercrétacé). — Ce groupe comprend les terrains vulgairement appelés tertiaires. Ceux-ci sont extrêmement variés, et contiennent une accumulation immense de débris organiques , îc’i î est ) es , d eau douce et marins. On a reconnu récemment que ce groupe était lié plus étroitement qu’on ne l’avait supposé, d’un côté à 1 ordre de choses actuel , de l’autre au groupe suivant.
4e groupe. ( Crétacé). — Ce groupe contient les terrains qui, en Angleterre et dans le nord de la France , sont caractérisés par de la ci aie dans la partie supérieure, et par des sables et des grés dans la partie inférieure. Peut-être ne doit-on attacher aucune valeur à ce nom de crétacé car le caractère minéralogique de la partie supérieure de ce groupe, d’où le nom dérive, est probablement local , cest-à-dire restreint à certaines parties de l’Europe, et la craie peut y être remplacée ailleurs par des calcaires compactes, et même par des grès. Cependant , comme les géologues sont parfaitement d accord sur ce que l’on entend quand on parle de la craie, rien ne paraît s opposer , quant à présent , à ce que nous conservions à ce quatrième groupe le nom de crétacé. Le terrain de fVeodd y a été réuni, quoique les débris organiques qu’il contient indiquent une* origine differente : on a pense que l’étude de ce terrain était intimement liée avec celle des terrains qui constituent essentiellement le groupe crétacé.
5e groupe. ( Oolitique). — Il comprend les divers membres de la formation d oolite , ou formation calcaire jurassique , y compris le lias. Le mot oolitique a été conservé d’après le même motif que celui de crétacé. Dans le fait, ce caractère minéralogique ne s’observe que dans une partie insignifiante des roches faisant partie de la formation oolitique en Angleterre et en France*, et, en outre , ce genre
de structure n’est pas particulier aux terrains en question , mais il appartient aussi à beaucoup d’autres. Bans les Alpes et en Italie, la formation oolitique semble remplacée par des calcaires-marbres , noirs et compactes, en sorte que ses caractères minéralogiques sont d'une faible importance.
6e groupe. ( Grès rouge). — 11 comprend les marnes rouges ou bigarrées (marnes irisées, keuper ), le muschelkalk , le nouveau grès rouge ou grès bigarré ( hunter sandstein }, le calcaire magnésien (ou le zechstein ), et le conglomérat rouge ( rothes lodt lie gsndes , grès rouge). L’ensemble de ce groupe peut être considéré comme une masse de conglomérats , de grès , de marnes généralement de couleur rouge , mais plus fréquemment panachées dans les parties supérieures. Les divers calcaires qu’on y a indiqués peuvent être regardés comme subordonnés; quelquefois on n'en rencontre qu’un, et c’est tantôt l’un, tantôt l’autre; quelquefois aussi tous les deux manquent. Il n’y a même peut-être aucun motif pour croire que d’autres calcaires de caractères différents ne puissent pas être développés dans ce groupe sur d’autres points du globe.
7® groupe. ( Carbonifère ). — - Terrain houiller , calcaire carbonifère, vieux grès rouge des Anglais. Bans le plus grand nombre des cas, le terrain houiller est très bien distingué naturellement du groupe de grès rouge qui lui est supérieur; quant au vieux grès rouge, quoique dans le nord de l’Angleterre il soit parfaitement distinct du 8e groupe (celui de grauwacke, qui lui est inférieur) , il y a beaucoup d’autres contrées où ces deux formations ont entre elles une liaison si évidente , qu’on peut y considérer le vieux grès rouge comme n’étant, pour ainsi dire, que la partie supérieure du terrain de grauwacke.
8e groupe. (Grauioacke). — On peut la considérer comme une masse de grès, de schistes et de conglomérats , au milieu desquels des calcaires se développent quelquefois accidentellement. Bes grès qui ressemblent, parleurs caractères minéralogiques, au vieux grès rouge des Anglais, occupent non-seulement la partie supérieure, mais souvent aussi d’autres étages plus inférieurs.
9e groupe. ( Terrains fossilifères inférieurs ). — • Ce groupe est composé de roches schisteuses de différentes espèces, au milieu desquelles on rencontre fréquemment des composés stratifiés semblables à quelques-unes des roches non stratifiées. Les débris organiques y sont très rares.
Terrains stratifiés inférieurs ou non fossilifères. Cette division comprend différentes espèces de schistes et divers composés cristallins, disposés en couches, tels que du marbre saccharoïde , auxquels
parfois sont interposés du gneiss , de la protogyne , etc. Par suite de diverses circonstances, beaucoup de roches de la division précédente prennent tellement les caractères minéralogiques des roches de celle-ci, qu’on ne peut les distinguer que par leur position géoîogique, mais on admet que, en masse, les couches de cette division sont beaucoup plus cristallines que celles des terrains stratifiés supérieurs , dont l’origine semble due à des causes principalement mécaniques.
^ B. Terrains non stratifiés. — Cette grande division naturelle est d’une importance très grande dans l’histoire de notre globe , en ce que les roches qui la composent semblent avoir produit, par l’effet des forces qui les ont émises, des changements très considérables à la surface de la terre. On admet généralement que ces roches sont à? origine ignée ; et, en effet, il est impossible de contester cette origine pour celles de ces roches non stratifiées qui sont produites par les volcans actifs. Ce qui les caractérise principalement est leur tendance à prendre la structure cristalline , quoiqu’elle ne soit pas sensible dans plusieurs d’entre elles. Il arrive souvent que, dans la même masse, on peut observer tous les degrés , depuis la structure cristalline jusqu’à la structure compacte.
Parmi les minéraux qui composent ces roches, les plus abondants |pnt le feldspath , le quartz , la hornblende , le mica , la dial lage et la serpentine , et principalement le premier.
En proposant cette classification , je 11e me dissimule pas que l’on peut faire contre elle beaucoup d’objections fondées; mais je ne la présente que parce qu’elle m’a paru plus commode; et si on pouvait amener les géologues à faire usage d’une classification semblable, ou de toute autre qui leur paraîtrait plus convenable, pour nous débarrasser des vieilles dénominations, je ne puis m’empêcher de croire que la science gagnerait beaucoup à ce changement.
Dans la suite de ce Manuel, les faits géologiques seront développés suivant cette classification ; néanmoins, pour faciliter l’intelligence de mon ouvrage à ceux qui préfèrent d’autres classifications , j’ai jugé utile d’insérer ici le tableau suivant, qui présente pour chacune des divisions ou groupes ci-dessus indiqués, des équivalents dans différents modes de classification. Ainsi celles de MM. Conybeare , Brongniart , d'Omalius d’Halloy, et même celle de Werner perfectionnée, sont disposées à côté de la mienne dans des colonnes différentes, de manière que chacune des divisions de ces méthodes géologiques se trouve en regard avec son équivalent dans celle ’qui vient d’être exposée.