FORCE DE TRANSPORT DES MARÉES
comme due à Taction d’un courant, lorsque l’observation aura prouvé que la vraie positition du vaisseau est en Cj il est clair cependant que, dans ce cas, ce courant n’existe pas, et que la difference entre la station vraie et la station donnée par l’estime provient seulement de ce qu’on n’a pas tenu compte de 1 attraction locale.
Une autre grande source d’erreurs a été signalée par le capitaine Basil Hall : il fait observer qu’en figurant, comme on le fait généralement, la marche du vaisseau par deux lignes dont l’une représente la courbe fournie par l’estime , et l’autre celle que 1 on déduit des observations chronométriques et astronomiques, ce tracé n’apprend pas où commence le courant et où i! cesse, ni quelle est sa direction et sa vitesse. Il propose , au lieu de cela, que chaque position du navire relevée exactement serve successivement de point de départ, tant pour la ligne que donnera la prochaine station observée rigoureusement, que pour celle que donnera 1 estime. On a ainsi un tracé bien supérieur qui doit faire renoncer entièrement à Tan-
cienne méthode 1 . . .
Si ces causes d’erreurs jettent sur les observations faites jusqu ici
assez de doute pour que nombre de courants peu importants puissent être, par la suite, reconnus imaginaires; si d’ailleurs ces fausses données peuvent exposer le navigateur à de graves danger» , les conséquences de ces erreurs sont moins à craindre pour le o-éologue; car il est très probable que la vitesse générale des courants ne sera pas grandement changée , et c’est cette vitesse générale des courants et par suite leur force de transport qui 1 intéresse
le plus.
Force de transport des marées.
La force du courant produit par la marée varie considérablement-, cependant sa vitesse ordinaire paraît être d un mille et demi par heure, lorsque sa manche n’est point contrariée par des caps, des bas-fonds ou d’autres obstacles. En supposant que ce déplacement soit commun à toute la masse d eau , ce qui ne peut arriver que dans des mers peu profondes , nous n en devrons pas moins regarder comme très faible la force de transport de ces marées , à en juger par les effets que nous pouvons observer près des rivages ; c’est ce que semble prouver la constance des résultats que présentent les sondages faits à de grands intervalles de temps, quoique les fonds soient le plus souvent composés de vase et de
sable.
i Edinburgh, Philosophical Journal, vol. 2.