FORGE DE TRANSPORT DES MARÉES
où la marée se fait sentir, il y a encore des màtières entraînées an delà dans la mer, et que les marées transportent à des distances plus ou moins grandes; on peut souvent s’en apercevoir à basse mer, sur
les côtes voisines de ces rivières.
La force de transport des marées et courants croissant avec leui
vitesse, et cette dernière augmentant par la rencontre d obstacles, c’est dans ces circonstances que nous trouverons la plus grande force
de transport.
La différence entre la vitesse des marées a la surlace et celle qu’elles ont à une certaine profondeur, doit être très considérable, sans quoi la faculté reconnue aux eaux de transporter différentes matières lorsqu’elles atteignent une certaine vitesse, se trouverait démentie par les faits, puisque si la vitesse superficielle des courants produits par la marée s’étendait aux parties inférieures, ces courants ne pourraient guère offrir que des masses d’eaux troubles.
Il est bien constaté que le changement de couleur de la mer, suivant la profondeur, à une distance plus ou moins grande du rivage, n’a lieu que par les gros temps, qu’il est dû à l’action des vagues et nullement à celle de la marée passant avec une certaine force sur un fond de sable ou de vase; il faut donc se garder de confondre ces
deux causes. , ,
Nous prendrons pour exemple de l’action de la maree sur le tond
de la mer le banc bien connu sous le nom de Shambles, près de File de Portland. La marée coule avec une vitesse de 3 milles nautiques par heure sur un fond de gravier, sans 1 altérer en rien. D’après les calculs déjà cités, en supposant que la vitesse au fond diffère peu de celle à la surface, l’eau aurait assez de force pour entraîner des cailloux de la grosseur d’un œuf, avec une vitesse de 3 pieds par seconde ou 3,600 yards par heure ; par conséquent, tout le gravier devrait être entraîné, et laisser à découvert le roc , ou du moins des pierres d’assez fortes dimensions. Mais cela n est pas ; et les sondages exécutés sur ce banc , il y a nombre d années, et indiqués sur les cartes, ne présentent aucune différence avec les plus
récents.
Le fait de la non altération des fonds sur lesquels passent avec une vitesse considérable des marées ou des courants est bien connu des marins, et il semblerait que nous sommes loin d’avoir des idées exactes sur la vitesse que doit avoir l’eau à différentes profondeurs pour entraîner de la vase, du sable et des cailloux. Il y a quelques embouchures de fleuves où les marées courent avec une vitesse de 1 i ou deux milles par heure, sur des bancs de vase, sans y produire aucune dégradation , tandis qu’en y appliquant les calculs, on trou-