PRODUITS VOLCANIQUES MINERAUX
que les coulées présentent la texture la plus cristalline ou la plus compacte. Par la môme raison, cette disposition est encore bien plus prononcée dans les dykes qui coupent souvent les cônes volcaniques que dans la coulée*, et ces dykes eux-mêmes sont plus cristallins vers leur centre qu’au voisinage de la roche qu’ils traversent.
On a cru pouvoir conclure de l’apparence et de la disposition de beaucoup de masses volcaniques, qu’elles s’étaient formées sous beau, et qu’elles avaient été postérieurement soulevées. Les cendres et les pierres ponces rejetées par les volcans paraissent n’être , si je puis m’exprimer ainsi, que l’écume produite à la surface de la masse en fusion par le dégagement des gaz, ou par le bouillonnement de la matière elle-même sous une moindre pression. La force nécessaire pour projeter des matières aussi légères est évidemment de beaucoup inférieure à celle qu’exige une éruption de laves très compactes; aussi ce dernier cas se rencontre-t-il beaucoup plus rarement que le premier. Les substances volcaniques présentent d’ailleurs, ainsi qu’on doit le concevoir, tous les passages de la cendre la plus légère à la roche cristalline la plus pesante. Les produits vitreux de la nature de Y obsidienne tiennent le milieu entre ces deux extrêmes.
Les espèces minérales observées dans les roches volcaniques sont extrêmement nombreuses; et l’on ne doit nullement en être surpris lorsque l’on considère la variété des éléments qui, sous l’influence d’une haute température, ont dû réagir les uns sur les autres dans les entrailles du volcan, et tendre à se combiner de diverses manières 1 .
Outre les matières fondues, on observe toujours, parmi les produits d’une éruption, les fragments des roches que traverse la cheminée volcanique; et comme la nature du terrain traversé est très variable , il en résulte une grande diversité parmi les fragments de roches ainsi projetés. C’est le cas que nous présente le Vésuve, qui a été l’objet d’observations suivies depuis une époque déjà très reculée, et dont les produits ont été plus étudiés que ceux de la plupart des volcans. Les fragments de roches rejetés par ce volcan sont assez nombreux et de nature variée. Mais à cet égard les volcans diffèrent grandement entre eux. Le chevalier Monticelli possède, dans son admirable collection des produits du Vésuve, à Naples, une grande variété de ces roches, parmi lesquelles on voit des fragments du calcaire compacte coquillier qui forme le sol de la contrée. On est
» Le soufre y est très abondant, et souvent il se sublime en assez grande quantité pour devenir l'objet d’exploitations considérables.
DYKES VOLCANIQUES, ETC. j .y-
donc forcé d’admettre que la cheminée volcanique traverse cette formation calcaire, et que la masse fluide en arrache des fragments ors de son éruption. C’est, au reste, ce que l’on pouvait prévoir d apres la constitution géologique de la contrée. Les fragments calcaires ainsi rejetés par le volcan sont souvent imprégnés de magnésie, dont ils semblent s’être chargés dans le foyer volcanique.
Dykes volcaniques , etc.
On observe assez fréquemment, sur les flancs des volcans, des dykes ou fentes postérieurement remplies par la lave. M. Necker de Saussure en cite un grand nombre à travers les couches de la Somma. Ces espèces de filons ont tous à peu près la meme composition, mais ils diffèrent sensiblement des coulées de laves qu’ils traversent. L’augite y est en plus grande quantité, tandis que la leucite, si commune dans la lave, est très rare dans les dykes, en exceptant toutefois un dyke du mont Ottajano , et un autre qui se trouve près du pied du Puntedel Nasone, qui contiennent de grands cristaux de leucite. La lave des dykes paraît aussi contenir de petits cristaux de feldspath (?) avec une grande quantité d’une substance jaune qui peut être de F olivine. La roche est à grains fins près des paiois du dyke, et d une structure plus cristalline dans le milieu. La puissance de ces dykes varie de 1 â 12 pieds.
On trouve à Ottajano un dyke remarquable qui diffère de tous les autres 5 sa largeur est d’environ dix pieds et demi. Il s’élève verticalement jusqu’à la crête de la montagne, paraissant avoir relevé les couches de lave poreuse et compacte qu’il traverse. Un autre dyke singulier coupe les roches du Monte Primo. Il est formé d’une roche homogène, d’un gris légèrement verdâtre, et s’élève aussi verticalement. A la base de la montagne, sa largeur n’est que de il pouces, et il présente, jusqu’à la hauteur de 12 pieds, une petite bande d’un pouce et demi de lave vitreuse, qui le sépare de la brèche volcanique poreuse qu’il traverse; au-dessus, la lave vitreuse disparaît entièrement, et la roche compacte occupe toute la largeur du dyke & '
îa D’après le docteur Daubeny, le Stromboli et le Fulcanello , dans 1 île de Lipari , présentent des dykes d’une lave traebytique cellulaire à travers un terrain de tuf2. Sir George Mackensie indique,
1 Neekei, hémoire sur le mo/il Somma • Mém. de la Soc. de phys. et d'hist. ualur. de Genève , 1828.
s Daubeny, Descriptions of volcanos , pages 185-187. On v trouve des vues de Ces dykes.
158 DYKES VOLCANIQUES, ETC.
en Islande , des dykes d’une roche assez semblable au grunstein,
lesquels traversent des lits alternatifs du tuf et de lave scoriacée.
Des dykes de porphyre traversent les anciennes laves de 1 Etna. La formation de ces dykes s’explique très facilement par 1 hypothèse des fentes, arrivant ou non à la surface du sol, lesquelles ont été remplies de lave incandescente. Nous avons un exemple de fente s’étendant jusqu’à la surface dans la grande crevasse de 12 milles de long et 6 pieds de large qui s’ouvrit sur le flanc de 1 Etna, depuis la plaine de S. Lio jusqu’à un mille du sommet du volcan , au commencement de la grande éruption de 1669 *. La vive lumière que jetait cette crevasse a fait conclure , avec une grande probabilité , a M. Lyell , qu’elle était alors remplie jusqu’à une certaine hauteur de lave incandescente. Peu après , le sol se fendit encore en cinq endroits, et ces ruptures furent accompagnées d explosions que 1 on entendit à une distance de 40 milles \
Avant de terminer ce sujet , il convient de faire connaître quels doivent être les effets probables d’une colonne de lave qui , traversant des roches stratifiées, fait effort pour s’insinuer entre les couches ou dans les fentes qui s’y sont formées. La figure 19 servira à nous faire comprendre.
Fig. 19.
Soit ah, une colonne de lave liquide qui traverse des couches horizontales; il est clair qu’elle presse en tous points contre les parois , et que leur résistance est moindre entre les strates que partout ailleurs. Si la lave se fraie une ouverture dans cette direction , elle fera ensuite effort pour séparer les deux couches contiguës , et il y aura latéralement une injection de lave, jusqu’à une limite qui dépend de la hauteur de la masse liquide , laquelle tend à s’insinuer comme un coin entre les deux couches; de telle sorte que , si
i Lyel \ Principles qf geology. * Ibidem* vol. I , p. 364.
TREMBLEMENTS DE TERRE. \ r}g
k separation des strates a commencé en d, elle continuera dans là
,iauide° « rf c ’ aussi Ioin <llle le permettra la pression de la colonne iqu de ad. Si nous supposons que les couches de terrains ont été fiacturees, et c est certainement ce qui a lieu dans le voisinage des bouches volcaniques, la lave remplira toutes les fissures dans lesquelles elle pourra pénétrer; en sorte que, s’il existe une fracture telle que ef, elle se remplira de lave liquide jusqu’à un niveau cependant de la pression de la colonne a e. Pour plus de clarté nous avons supposé des couches horizontales ; elles peuvent se présenter dans toute autre position : les effets varieront alors en conséquence, mais le principe est toujours le meme.
Tremblements de terre.
La connexion qui existe entre les tremblements de terre et les volcans est aujourd’hui si généralement admise, qu’il est inutile de teproduire ici tous les laits sur lesquels est basée cette opinion • les uns et les autres paraissent être les effets d’une même cause' oui nous est encore inconnue.
Le mouvement du sol , dans un tremblement de terre n’est pas toujours le même : tantôt c’est un mouvement ondulatoire, analogue a un grand roulis sur mer, quoique beaucoup plus rapide ; d’autres fois c’est une trépidation, comme si la terre était violemment choquée en quelque point. Le premier de ces mouvements est de beaucoup le plus dangereux , car il déplace les murs et les constructions
de leur position d’équilibre, au grand danger de celui qui se trouve au-dessous d’eux.
On a av ancé que les tremblements de terre s’annonçaient par certaines circonstances atmosphériques; mais on peut mettre en question jusqu’à quel point ce fait est exact. Ceux qui ont décrit des tremblements de terre paraissent généralement avoir eu pour but de produire beaucoup d’effet dans leurs tableaux, et y avoir ajouté tout ce qui pouvait en accroître l’horreur; de plus, ils ont bien rarement apporté dans leurs observations les soins ou les connaissances nécessaires pour distinguer les circonstances essentielles de celles qui n’étaient qu’accidentelles. Autant que j’en puis juger par ma propre expéiience, qui ne porte que sur quatre tremblements de terre, l’atmosphère m’a paru rester à peu près étrangère à ce phénomène. Toutefois je ne prétends pas qu’il ne puisse en arriver autrement ; car on concevrait difficilement que de pareils mouvements eussent lieu dans le sein de la terre 3ans apporter quelque changement à son état électrique , changement qui peut lui-même
\(>ï) tremblements de terre.
exercer une action sur l’état de l’atmosphère. Si les animaux sont généralement sensibles aux approches d’un tremblement de terre, cela peut provenir tout aussi bien d’un changement dans 1 état électrique de Fair, que de la production de bruits souterrains qu’on leur
supposerait la facilité de distinguer.
Des tremblements de terre précèdent presque toujours les grandes éruptions des volcans, quoique souvent ils aient lieu à de très grandes distances des bouches volcaniques. C’est ainsi que le grand tremblement de terre qui bouleversa la province de Caraccas, le 26 mars 1812, fut suivi, le 30 avril de la même année, de la grande éruption de la soufrière, dans F île de S aint-V incent ; éruption qui, d’après M. de Humboldt, s’annonça par de grands bruits souterrains qu’on entendit le même jour dans la province de Caraccas et sur les bord de F Apure.
Les tremblements de terre se font quelquefois sentir sur une étendue très considérable. Il n’en est pas d exemple plus frappant que le fameux tremblement de terre de Lisbonne , en 1755, dont on ressentit la secousse, non-seulement dans toute l’Europe, mais même jusqu'aux Indes occidentales. L’etendue de cette action suppose une force motrice énorme 5 et quelque facile que soit la transmission latérale du mouvement et du son à travers l’écorce solide du globe, on est conduit à admettre que cette force devait agir à une profondeur considérable.
Pendant les tremblements de terre , le mouvement paraît se transmettre aux eaux , car des vaisseaux en ont très fréquemment ressenti les secousses en pleine mer , et la mer roule alors sur le rivage des vagues plus ou moins hautes, suivant la force du choc. Pendant le grand tremblement de terre de Lisbonne, les vagues s’élevèrent, à Cadix, à la hauteur de 60 pieds ^ à Madère, elles avaient encore 18 pieds de haut-, et, sur les côtes de la Grande- Bretagne et de l’Irlande, la mer présenta divers mouvements extraordinaires. Ces circonstances se reproduisent, mais à un moindre degré, pendant la plupart des éruptions volcaniques. La couche d’eau en contact avec la terre ne pouvant se fendre et se diviser comme elle, transmet à la suivante le mouvement qu’elle reçoit, et qui se propage ainsi successivement, se manifestant à la surface par des vagues dont la hauteur va en diminuant a mesure qu elles s é~
loignent de la cause perturbatrice.
Dans presque tous les ports, le mouvement de la mer présente, par moment, des irrégularités qui ne peuvent s’expliquer par les marées, ni par les courants passagers, ni par les vents qui régnent au large. Ces mouvements consistent généralement en flux et reflux rapides
.les eaux souvent si faibles, qu’on n’en aurait aucune connaissance sans les mariniers ou pécheurs, qui, se trouvant constamment dans le voisinage des cotes avec leurs embarcations, ne voient pas sans surprise celles-ci mises tout à coup à Ilot ou laissées à sec sur le rivage ce qui, parfois, se reproduit à plusieurs reprises. Ces mouvements ne pourraient-ils pas être produits par des tremblements de terre qui auraient lieu au fond de la mer , et dont les effets sur le sol que nous foulons seraient assez faibles pour échapper à nés observations ?
Si, comme il semble raisonnable de le penser, les tremblements de terre se propagent latéralement à de grandes distances , de la meme manière que le son dans l’air, l’intensité du choc doit dépendre du milieu qui le transmet; et si cette idée est exacte les tremblements de terre ne doivent point se foire sentir avec la même force a la surface de terrains de nature différente. J’ai moi-même observé un fait, qui sans doute, quoiqu’il m’ait alors beaucoup trappe, ne peut à lui seul former la base d’aucune hypothèse bien fondée, mais que néanmoins je crois devoir rapporter ici pour engager les géologues à de nouvelles recherches sur ce sujet. A la Jamaïque, pendant que j’habitais une maison située sur le bord de la formation du calcaire blanc de cette île et près de sa ligne de jonction avec la vaste plaine de gravier, sable et argile de Verre et de Lower Clarendon, je ressentis une légère secousse de tremblement de terre. Environ une demi-heure après, étant descendu dans la plaine, je m’informai de plusieurs habitants s’ils avaient ressenti le tremblement de terre; mais tous rirent de ma question, me disant que, s’il y en avait eu, ils s’en seraient aparçus, vu qu’ils étaient alors tranquilles, et qu’ils étaient trop familiers avec ces secousses pour ne pas remarquer un tremblement de terre, si réellement il avait eu lieu. Je crus alors que je m’étais trompé, et n’y pensai plus jusqu au soir, lorsque j’appris de quelques nègres, qui avaient travaillé à plusieurs milles dans des montagnes formées de calcaire blanc, qu’ils avaient ressenti un léger tremblement de terreet 1 on sut , dans la suite, qu’il s’était fait sentir avec plus de force dans les environs de Kingston, qui est à une distance d’environ 40 milles. L’importance de ce fait repose sur ce qu’on ne s’aperçut nullement de la secousse dans les habitations de la plaine que je visitai ; mais il n’est pas impossible , à raison de sa faiblesse , qu’elle y ait eu lieu sans éveiller l’attention de ceux qui s’y trouvaient • et dès lors cette circonstance n’est pas en elle-même d’une grande valeur ; aussi je ne la fais connaître que pour engager à de nouvelles recherches. Quoi qu’il en soit, on peut remarquer qu’une vibration doit se transmettre moins rapidement dans un sol de gravier que
dans un terrain de calcaire compacte , quoique le premier puisse céder pins facilement que le second à une impulsion verticale.
M de Humboldt a observé que le tremblement de terre de Caraccas, en 1812, agita bien plus violemment la chaîne des Cordillières que les plaines voisines : ce que l’on peut attribuer a ce que le gneiss et le micaschiste des Andes transmettent plus facilement les vibrations souterraines que les matériaux qui constituent le sol des plaines voisines; ou bien encore, et c’est peut-etre ce qui a lieu aussi pour la Jamaïque, cela peut tenir a ce que le choc, se transmettant, dans la série des terrains, des inférieurs aux supérieurs, ces derniers, plus éloignés de la cause du mouvement,
doivent être moins violemment ébranlés. .
On peut aussi remarquer que le son doit se transmettre inégalement dans les masses minérales, suivant leur texture et leur continuité et que des bruits souterrains peuvent se faire entendre la ou le choc qui les a produits n'est plus sensible. Les bruits qui accompagnent les tremblements de terre sont de nature assez diverse. Presque toujours ce sont des bruits sourds assez semblables à celui que fait entendre un chariot qui roule avec rapidité. Ce lut pendant une belle nuit, dans la partie nord de la Jamaïque , que je ressentis poui la première fois les effets d’un tremblement de terre, et je ne puis en donner d’idée plus exacte qu’en les comparant a ceux d un chariot qui, lancé avec vitesse, serait venu choquer fortement la
maison où j’étais, et ensuite aurait passé outre.
On a supposé, et avec beaucoup de probabilité, que les grandes distances auxquelles les explosions des bouches volcaniques ont ete entendues, résultent de la transmission du son a travers les roches. Nous avons déjà cité (page 146) la grande éruption de île de Sumbava que l’on entendit à Sumatra, qui en est distant de 9/0 milles géographiques , et à Ternate, qui est à 720 milles dans une autre direction *. Nous pouvons ajouter à cet exemple celui de 1 eruption de l’ Aringuay , dans File de Luçon, l’une des Philippines, en 1641 , dont le bruit se fit entendre dans la Cochinchine ^
Les tremblements de terre donnent lieu à des élévations, depressions crevasses, glissements et autres changements à la surface du sol. Toute élévation du sol suppose, ou que la masse solide qui le constitue prête de manière à s’étendre et à occuper un plus grand volume, ou bien qu’elle se rompt en plusieurs points, et donne naissance à des vides qui se remplissent de matières gazeuses ou
1 Life of sir S. Raffles.
2 Chamisso, Voyage de Kotzebue.
tremblements de terre. ir>
Nous, ne connaissons pas de cause autre que la chaleur capable de produire cette expansion; de sorte que celle-ci devra être
“S,, 5 lor*r '* <r»4» » n“
• J a luptuie, et qu une portion du sol soit soulevée nar des matières gazeuses ou liquides, on ne peut regarder comme
Ïe Ïmatiôre intS r "* qU’& ^ naîlre leur aclio“ qu’antant
injection Islà 2 ’ ? ““f l°rSque le vide résullMt de cette
Te Tein 8? pr0f0ndeur ^-dessous de la surface.
d’une r rr f emp 6 que nous possédions d’une élévation subite 1 une étendue de pays considérable, est celui qui a eu lieu au CMU
madame Mariierenh ^ T'® de * 822 ’ d°nt n°US devolls ^ détails à madame Maria Graham. La secousse se fit sentir le long des côtes sur
ne etendue de plus de 1,000 milles. Tonte la contrée comprise entre
mer et les montagnes, et peut-être au delà, fut soulevée sur une
&K s,n:;"r ie «-»>• — i- u ~ Jsrr “
des cotes, s eleva de trois ou quatre pieds, de manière à mettre à sec une grande quantité de coquillages avec leurs animaux encore adherents aux roches sur lesquelles ils vivaient. Il paraîtrait que des tremblements de terre antérieurs avaient déjà, à plusieurs reprises eleve le sol de cette contrée; car la côte présente une disposition genei ale en terrasses, que leur parallélisme avec le rivage actuel et les coquilles qui y sont renfermées çà et là doivent faire consi-
hisan’àTomne nanCT rivapS’ bien (lu’elles s’élèvent maintenant tëree de 182?hm SUS, • mer’ Pendant le ^blement de
cha des côtes ’i L ’.f P S‘eU1'S reprises> Soigna et se rappro-
Clos cotes Aucun changement visible dans l’atmosphère ne pré-
un certain eflet, peut-être electnque, car des torrents de pluie inondèrent presque aussitôt toute la contrée '.
. M- ,Lye11 a réuni une grande masse de faits qui prouvent nue dans beaucoup d’autres localités, les tremblements de terre ont
râbles*’ de *':mblables,ëlévations et auS!d des dépressions considérable^. C est ainsi quen 1819, le tremblement de terre du navs
de Cutch, dans l’ouest de l’Indostan, produisit de grands changements oans le bras oriental de l’Indus. Son lit s’approfondit de J7
pieds en certains endroits, de sorte qu’une portion qui était ouéable cessa tout à coup de l’être 3. 4 &ueable
Le grand tremblement de terre de la Calabre, en 1783, produisit
1 Journ. of Science; Géol. Trans., vol. 1.
2 Principles of geology.
2 Voyez la fin de la note, page 166
divers changements à la surface du sol de cette contrée. M. Lvell a donné, d’après différentes autorités, un précis de ces phénomènes dont la lecture présente un vif intérêt, quelque peu disposé que l’on soit à admettre les conclusions théoriques qu’il en tire. La surface de la contrée éprouva un mouvement ondulatoire qui détermina de nombreuses et profondes ruptures du sol, la chute ou l’ébranlement de beaucoup d’édifices et des glissements de terrain très étendus. On vit se former plusieurs lacs, dont l’un, produit par l’accumulation des eaux de deux ruisseaux qui se trouvèrent barrés, avait deux milles de long sur un de large. La mer, dans le voisinage, était, comme cela arrive ordinairement, dans un état d’agitation extrême, et d’énormes vagues, balayant tout devant elles, venaient
se briser avec violence sur le rivage.
Le grand tremblement de terre de la J amaicfae , qu on dit généralement avoir englouti la ville de Port-Royal , en 1692, a été présenté comme un exemple d’un grand bouleversement ‘. Mais c’est une opinion tout à fait accréditée dans cette île, que presque tous les récits qui en ont été faits sont très exagérés; et cela ne doit point nous surprendre , si nous réfléchissons combien il est difficile d’obtenir sur une catastrophe si peu ordinaire des renseignements exacts de témoins dont les esprits étaient frappés d’une profonde terreur. Pour se rendre compte de ce qui a pu se passer, il est indispensable de décrire la position de Port - Royal et l’ancienne configuration des côtes antérieurement au phénomène. La nouvelle ville de Port-Royal est, de même que l’ancienne, située à l’extrémité occidentale d’un banc de sable, long d’environ 8 milles, qui paraît avoir été formé par la mer. Le rivage est bordé de nombreux basfonds et de récifs de corail connus sous le nom de keys; et il est assez probable que de semblables récifs forment la base de la partie du banc de sable que l’on appelle les Palissades. Une partie de Port-
Royal est d’ailleurs bâtie sur le roc.
Or, il résulte du témoignage du capitaine Hais, qui visita la Jamaïque, en 1655, avec Penn et Tenables, que le sol sur lequel s’élevait Port-Royal n’était réuni aux Palissades, éloignées d’environ un quart de mille, que par une étroite chaussée de sable qui ne faisait qu’effleurer la surface des eaux; il paraît même que 17 ans auparavant, lorsque Jackson s’empara de Santiago-de-la-\ cga, le sol de la ville était entouré d’eau de tous côtés, et que ce n’est que
î Ayant lieu de présumer que M. Lyell combattra , dans le second volume de ses Principles of geology, l’opinion que j’ai émise dans la première édition de cet ouvrage sur l’importance de ce tremblement de terre, j’ai traité ici ce sujet plus longuement peut-être que ne l’exigerait le cadre d’un Manuel.
tremblements de terre. 165
pJus tard que s’éleva au-dessus des eaux l’étroite digue de sable due a action des brisants et à la prédominance des vents d’est et de sud-est. Le mer ne tarda pas à combler ainsi tout l’espace compris entre les Palissades et Port-Royal, travail dans lequel elle fut aidée par les habitants, qui consolidèrent le sable par des pilotis, de manière a former des quais, le long desquels la mer avait assez de profondeur pour que les navires 1 de 7C0 tonneaux pussent venir s’y décharger. C est sur ce sol nouvellement formé que furent bâties la plus grande partie des maisons de Port-Royal , lesquelles étaient généralement ,e lourdes constructions en briques; et c’est précisément cette partie , }a v^e dui fut engloutie. « Tout le terrain chargé d’édifices s abîma, et il ne resta plus qu’une partie du fort et le quartier des ! ahssades à l’autre extrémité de la ville 2,
Voici comment s’exprime sir Hans Sloane : « La langue de terre sableuse sur laquelle était bâti presque tout Port-Royal, à l’exception du tort (lequel repose sur le roc, et est resté debout), n’étant maintenue que par des pilotis et des quais, s éboula dans la mer à l’instant du tremblement de terre, et enfouit sous ses débris les ancres de plusieurs vaisseaux qui se tenaient près des quais. C’est alors que les fondations manquant, la plus grande partie de la ville s’écroula, et s’affaissa de telle sorte, que la mer recouvrit de trois brasses d’eau presque tout l’espace qu’elle occupait. Un grand nombre d habitants périrent victimes de cette catastrophe. » Quant à l’état de la mer pendant le tremblement de terre, « elle fut agitée comme dans une tempête, et la violence des vagues fut telle dans le port, que plusieurs vaisseaux rompirent leurs câbles, et furent empor tés de dessus leurs ancres. » Nous retrouvons plus loin dans la meme description, que toutes les maisons voisines de la mer
s écroulèrent à la fois, «et que d’énormes vagues les couvrirent aussitôt. )>
La frégate le Oigne , qui était en radoub le long du quai, fut poussée par la mer au-dessus du faîte des maisons, et sauva la vie à plusieurs centaines de personnes qui s’y réfugièrent. Quelques maisons ne firent que s’enfoncer verticalement, de manière qu’elles
» La profondeur de l’eau près de ces quais ne pouvait varier qu’entre des limites très rapprochées, car les marées ne sont à Port-Royal que de onze à douze pouces.
a Phil. Trans., année 1694. Long, que ses fonctions mettaient à même d’obtenir les renseignements les plus exacts, dit « qu’on avait bien raison de penser que le poids de tant de grosses constructions en briques avait puissamment contribué à leur chute, car le sol ne céda qu’aux endroits où s’élevaient des maisons, et nullement au delà. »
restèrent encore au-dessus des eaux à partir du balcon supérieur ; mais la plus grande partie tomba tout à fait en ruines : en résultat, le fort se trouva environné d’eau de tous côtés, comme à l’époque de l’expédition de Jackson \ Mais cet état de choses n’a pas duré; car les mêmes causes qui avaient autrefois réuni les Palissades au fort, continuant d’agir, ont de nouveau comblé l’intervalle, et le tout ne forme maintenant qu’un sol continu.
De l’examen de toutes les circonstances de ce tremblement de terre, il ne me paraît pas résulter qu’il y ait eu nécessairement un affaissement du sol (en attachant à ce mot l’idée d’un abaissement en masse d’une portion du sol, et à une grande profondeur), quoique je ne prétende pas que rien de semblable ne puisse être arrivé. Je crois qu’on peut tout expliquer par Féboulement d’un sable non cohérent, chargé du poids de lourdes constructions, éboulement produit par de violentes secousses de tremblement de terre , et par une invasion de la mer. On voit encore par un temps calme, près de la nouvelle ville, les ruines de l’ancienne sous les eaux : mais ce fait est également en faveur des deux hypothèses; car, dans l’un ou l’autre des cas, soit d’éboulement ou d’affaissement en m fisse , la position de ces ruines doit être la même a.
5 Phil. Trans., 1694; Sloane, Nat, hist, of Jamaica ,• Long, Hist, of Jamaica ; el Bryan Edwards, Hist, of the West Indies.
2 Nous croyons devoir transporter ici, sous la forme de note, l’addition suivante que l’auteur a faite à tous les détails qui précèdent sur le tremblement de terre de la Jamaïque, et qui est placée dans son ouvrage, page 542, sous la lettre E de son Appendice. ( Note du traducteur J)
Je me félicite de pouvoir ajouter ici, sur ce tremblement de terre de 1692, quelques documents nouveaux que je dois principalement au docteur Miller, de la Jamaïque, qui a habité quelque temps Port-Royal, quand il servait dans l’artillerie : on va voir qu’ils confirment les opinions que j’ai émises ci-dessus.
Dans un almanach publié à la Jamaïque en 1806, on a inséré un plan de Port- Royal qui avait paru, pour la première fois, dix ou douze ans auparavant. Ce plan, formé d’après des documents authentiques qui existent, représente en même temps les limites qu’avait la ville avant le tremblement de terre de 1692, et celles qu’elle a eues depuis.
La figure 108 ci-jointe est une réduction de ce plan, dans laquelle on a seulement supprimé le tracé des rues de la ville. On y a ajouté, d’après le docteur Miller, l’indication de l’étendue actuelle de cette langue de terre.
a, a, a, a, a et L, sont les limites qu’avaient la ville et le promontoire de Port- Royal avant le grand tremblement de terre. — Les deux espaces fortement ombrés P et C, sont les parties qui restèrent après cette catastrophe. C est le fort Charles. — Tout l’espace couvert de traits fort écartés N, N, N, indique l’étendue qu’avaient prise la ville et le promontoire à la fin du dix -huitième siècle, par l’accumulation ordinaire de sables produite par la mer. — Les espaces I, I, I et H, sont l’accroissement que le sol a reçu depuis cette époque. — Ainsi l’ensemble de ces parties I, I, 1 et H, avec les parties légèrement ombrées N, N, N, représente la surface actuelle de
TREMBLEMENTS DE TERRE. Jf)7
Le meme tremblement de terre renversa presque toutes les eons-
la Ville et du promontoire de Port-Royal. — 1 Vsnace w n
îKSSr-»-- •-».-Sïiss=;:s:1=,;:
Fig. 108.
H parait aussi que toute la partie de Port-Royal qui est demeurée au-dessus de ieau apres le tremblement de terre, repose sur le calcaire blanc; on l’a constaté pour le fort Charles. On sait maintenant que cette roche sert de base à une mi » -P peut-etre assez considérable, de la langue de terre nommée les Palissa les m,
2ZI « t011t P* 0* *»'-««*•'. e. très probablemenTaussi^à piu^leurs^rëcift^ë
ft . ,nuS SOUS Ie nom des Clefs-de-Port-Royal ( Port-Royal K ers )
Rovoi d / n°U,S Semblent exPli(Iuer la submersion de terrain qui a eu lieu à Port fab “ Ie lrembl<;ment de terre. La secousse a fait ébouler ou Lser les , an is que les parties plus solides, ou les roches, sont restées fermes • ce nui
KCe causé par le 8lissemenl du sabIe- ce qui s'accorde Æ
Lorsque je me trouvai à la Jamaïque, en 1824, j’essayai vainement de voir ce mu-
sablenSf fC ^ r,],lneS da V1GUX Port"Royal* 11 paraît Moelles sont couvertes pa? le
de ’hôn tllT t i T ineg!litéS SUr 16 f°nd de 13 mer’ à rouest et au nord-ouest tZl , ?Ud eS mannS- Quand lin vaisseau vient à toucher sur une de ces ga îles, on dit « qu’il a ete sonner les cloches du vieux Tort- Royal » Il ne s’en
sir S7e,a,(qUe °eS rUineS ne fuSSGnt paS distinctement visibles en 1780, comme
présumer q^ilTdren p, aUtr6S ^ T* (LyCl1’ ** "• P* 269)« 0n doi* a« contraire
lement paroles brisan tsf qui Ton t* poussés^ar 'lessen te^c^nants ^
*dû recouvrfr^eu ^ penses ruines^ °" doit Croire ^’il a’
mem drterre'del^r6"15 ayantDpou^but de faire ™ir que, durant ce tremblesol dans l’accentinn Z' V ^ 8 CU a Port-Royal que peu ou point d’affaissement du ch re nu’i sohf ^o]oSique ordinaire de ce mot, je ne prétends nullement conclure qu il soit impossible qu’un affaissement puisse être produit par une catastrophe
dans e? ^V^HcSkr mem ™<)em q“'°n "e ‘)eut »<"»«'« «•* supposition
D’après les obseryations du liculenant Bûmes, rapportées par M. Lyelt ( Prindp. n/
fgg TREMBLEMENTS DE TERRE.
[ructions qui existaient à la Jamaïque , et détacha des montagnes d’énormes quartiers de roches, fait qui n’est nullement surprenant dans une contrée dont le sol est si profondément accidenté. Il existe une relation suivant laquelle, dans le lieu qui porte le nom de Sixteen Mile Walk, deux montagnes se seraient jointes l’une contre l’autre. Si cela a jamais eu lieu, il faut que ces montagnes se soient séparées depuis, car l’état actuel des lieux ne peut faire soupçonner rien de tel. Que de gros quartiers de roches, que d’énormes masses de terres aient, pour un temps, fermé tout passage, c’est une chose extrêmement probable*, mais il y a loin de là à la jonction de deux mon-
1 ci O’ JJ 0 S •
On observe très fréquemment, après les tremblements de terre, des cavités, en forme d’entonnoir ou de cone renverse, a la surface des plaines. Elles ont partout présente une telle ressemblance, qu’elles doivent provenir d’une même cause. Un grand nombre de trous circulaires se formèrent dans les plaines de la Calabre lors du tremblement de terre de 1783. Leur diamètre le plus ordinaire était celui d’une roue de voiture, mais souvent aussi il était ou plus grand ou plus petit : quelques-uns étaient remplis d’eau , et la plupart de sable. Il paraîtrait que des eaux avaient jailli par ces espèces de puits ‘. Pendant le tremblement de terre qui agita la province de Murcie en 1829, il se forma, dans une plaine voisine de la mer, une grande quantité de petites ouvertures circulaires, desquelles sortirent une vase noirâtre, de l’eau salée et des coquilles marines \ Enfin, après le tremblement de terre du cap de Bonne-Espérance , en décembre 1809, on trouva le sol sablonneux de la vallée de Blauweberg criblé de cavités circulaires de 6 pouces à 3 pieds de diamètre, sur une profondeur de 4 à 18 pouces } et les habitants de la vallée affirmèrent que des eaux colorées avaient jailli, par ces ouvertures, jusqu’à la hauteur de 6 pieds, pendant le tremblement de terre 3. Il paraît assez difficile de se rendre compte de ces faits, qui ne peuvent s’expliquer comme les eaux que 1 on voit fréquemment jaillir par des fentes ou crevasses. Le tremblement de terre
geology, tom. 2, png. 266), il paraît que, dans le pays de Cutch, le tremblement de terre de 1819. dont nous avons déjà parlé ci-dessus, page 163, a produit, sur certains points, un affaissement considérable, et en même temps-, sur d autres , une élévation du sol, de 50 milles de long sur quelquefois 16 milles de large, dont la plus grande hauteur est de 10 pieds. La direction du terrain affaissé et celle du terrain soulevé sont parallèles, et courent toutes deux de l’est à l’ouest, en travers du delta de Plndus.
l Lyell, Fr inc. of geol. On y trouvera une vue et une coupe de ces cavités remarquables, pages 428 et 429,
j ibidem. Voyez aussi le Bulletin de Férus sac, année 1829.
5 Phil. Mag. and Annals, janvier 1830.
dii Chili , dont nous avons déjà parlé, donna lieu à la formation de cônes de sable dont un grand nombre étaient creux à l’intérieur \
Comme nous le verrons plus tard , les tremblements de terre changent souvent le cours des sources. Enfin, tant de descriptions nous les représentent comme accompagnés d’éclairs et autres météores lumineux, qu’il n’est guère possible de douter de ce
phénomène, qu’on doit peut-être considérer comme un effet électrique.
Si maintenant, mettant de côté tout ce qu’ont d’effrayant les volcans et les tremblements de terre, nous cessons de mesurer leur importance aux effets qu ils ont produits sur notre imagination, nous trouverons que les changements qu’ils peuvent faire naître à la surface du globe sont, comparativement parlant, bien peu de chose. Ces faibles changements ne s’accordent pas du tout avec ces théories dans lesquelles on a voulu expliquer les soulèvements de grandes chaînes de montagnes et les dislocations subites des couches terrestres, soit par 1 action répétée de tremblements de terre, qui, agissant constamment dans une meme direction, auraient élevé les montagnes par sauts successifs de 5 à 10 pieds à la fois, soit par toute autre catastrophe d’une aussi faible importance géologique que nos tremblements de terre actuels. En vain on en appellerait au temps ; la durée d action d’une force n’ajoute rien à son intensité. Qu’on attelle une souris à une grosse pièce d’artillerie, jamais elle ne la mettra en mouvement, quand même on lui donnerait siècles sur siècles 5 mais qu’on y applique la force nécessaire, et la résistance sera aussitôt vaincue.
Ouragans .
Les changements considérables que peuvent produire à la surface de la terre 1 irruption soudaine de vents furieux et de déluges de pluie, donnent aux ouragans une véritable importance en géologie. On a avancé que la vitesse du vent , pendant les ouragans, était de 80 à 100 milles par heure; mais on doit convenir qu’on n’a point fait à ce sujet d’expériences bien satisfaisantes. Quelle que puisse être cette vitesse, il est constant que ces vents ont assez de force pour déraciner les forêts, renverser les édifices, et faire périr une grande partie des êtres vivants qui peuplaient une contrée, transformant ainsi, dans l’espace de quelques heures, de belles et fertiles campagnes en un théâtre de deuil et de désolation. On voit se former
1 Journal of' Science,
tout à coup d’impétueux torrents qui, non-seulement entraînent avec eux les arbres déracinés et les cadavres des nombreux animaux terrestres que le vent a détruits, mais qui, en outre, dans toute leur course à travers les parties basses du sol sur lesquelles ils se précipitent , produisent les plus grandes dévastations dont les eaux courantes sont capables. Dans les pays de montagnes, des éboulements souvent considérables ont lieu pendant les ouragans, et lorsque, pai leur chute, ils viennent à barrer le cours d’un torrent, ils augmentent ses effets destructeurs; car les eaux accumulées pendant un certain temps n’en sont que plus terribles lorsqu’elles ont rompu la digue qui les retenait.
L’ouragan qui ravagea les Antilles au mois d’aout 1831 nous fournit un exemple bien affligeant des effets destructeurs que produisent ces fléaux dans cette partie du monde; non-seulement il renversa les constructions de toute espèce, et ensevelit sous leurs ruines un grand nombre d’habitants, mais encore il fit périr une multitude d’animaux. A la Barbade , les arbres qui ne furent point déracinés par la furie du vent furent dépouillés de leurs feuilles, et beaucoup même de leurs branches, de manière à présenter l’étrange phénomène de forêts sans feuilles sous les tropiques. Le même ouragan ravagea les îles de Saint-Yincent et de Sainte-Lucie , et se fit même sentir à l’extrémité est de la Jamaïque.
La mer est, comme on doit le concevoir, violemment agitée pendant les ouragans, et elle cause de grands ravages, principalement sur les plages peu élevées. C’est ainsi que dans le grand ouragan de la Jamaïque , en 1780, elle fit tout à coup irruption sur la petite ville de Savannah-la-Mar, et balaya complètement ses bâtiments avec tout ce qui s’y trouvait. L’ouragan du mois d’août 1831 eut assez de force , à Saint-Domingue , pour élever les eaux de la mer, aux Cayes, à une hauteur considérable, et la violence de cette tempête jeta à la côte, près de Santiago-de-Cuba , tous les vaisseaux qui se trouvaient en rade.
Les ouragans n’embrassent souvent que des espaces plus resserrés; mais ils n’en exercent pas moins de ravages dans le pays qu’ils traversent. Tel fut l’ouragan qui, en 1815, traversa la Jamaïque du nord au sud. 11 passa à travers la partie occidentale des montagnes Bleues en y faisant d’horribles dégâts. Le vent, des plus violents, fut accompagné d’une pluie qui fut considérée comme sans exemple, même sous les tropiques. Les torrents qui grossirent la rivière d’Yallalis entraînèrent à la mer tous les poissons qui y vivaient; et dix ans après, on pouvait encore y constater l’absence de tout poisson d’eau douce. Des éboulements considérables eurent lieu
à Port-Royal, à Saint-André et dans les montagnes Bleues; et lorsque je visitai ces montagnes, plusieurs années après, un grand nombre d escai pements, encore à nu, m’en offrirent des preuves irrécusables. Dans les endroits où les masses éboulées descendirent jusqu’au fond des ravines, elles arrêtèrent les eaux, qui, bientôt après rompant leurs digues, en entraînèrent au loin une grande partie. Beaucoup d hommes et d’animaux périrent, et nombre d’habitations furent entraînées ou ensevelies sous les débris. Toute communication par terre entre Kingston et la côte orientale de la Jamaïque se trouva interrompue ; et M. Barclay , ainsi forcé de se rendre par mer à Morant, rapporte que « le vaisseau fut obligé de gagner la haute mer pour se préserver de l’énorme quantité d’arbres qui, à la lettre, couvraient la mer jusqu’à une distance considérable du rivage, » Cet ouragan, qui causa tant de ravages sur le milieu de sa course, ne se fit nullement sentir à Santiago-de-la-Yega (Spanish town),' >1116 distante de 40 milles à 1 ouest, ni aux Morant Kevs, qui sont à 50 milles vers l’est.
On doit concevoir que , lors de ces ouragans qui ont lieu sous les tropiques, et surtout dans des îles montagneuses, comme Cuba. Haïti, la Jamaïque et autres, les eaux peuvent charrier à la mer, av ee les détritus du sol, une énorme proportion de végétaux et d animaux terrestres: et ce ne sont point seulement des hommes, des quadrupèdes , des oiseaux et des reptiles terrestres qui peuvent être ainsi transportés : des tortues d’eau douce, des crocodiles, peuvent être aussi surpris et entraînés dans la mer, dont l’extrême agitation, dans ces circonstances, laisse à ces animaux peu de chances de salut. Iis sont probablement en grande partie dévorés par les requins et autres poissons voraces; mais il est possible qu’au retour du calme, ces débris terrestres et fluviatiles se trouvent enveloppés avec aes débris marins par les détritus amenés par les rivières ainsi que pai les sables et la vase qui avaient été mis en mouvement par l’action des vagues, et qui se précipitent lorsque la tranquillité renaît. Un pareil dépôt ressemblerait jusqu’à un certain point à ceux qui se forment à l’embouchure des fleuves, et n’en différerait probablement qu’en ce que les débris qu’il contient présenteraient des traces d un transport violent. Dans le voisinage immédiat de la côte, les brisants rejetteraient sur le rivage une quantité considérable de ces débris.