‹ Manuel géologiqueChapitre 57 sur 121 · ANCIENNES PLAGES · texte numérisé non relu

ANCIENNES PLAGES

Anciennes plages et dépôts de coquilles soulevés.

A Plymouth , et sur la côte des environs , on observe les restes d’une ancienne plage qui s’abaisse graduellement vers la mer, et dont la plus grande élévation au-dessus des plus hautes eaux est d’environ 30 pieds ' . La figure 20 en représente une coupe prise au Hoe.

Fig. 20.

6, niveau actuel de la mer ; d d, couches du calcaire de la grauwacke , plongeant vers le sud sous un angle considérable; c, amas de cailloux arrondis et de sables entremêlés çà et là de gros fragments anguleux de calcaire. Cet amas, qui recouvre les couches calcaires d d, présente toutes les apparences d’une ancienne plage qui a été soulevée au-dessus du niveau actuel de la mer; la ressemblance est complète quand on observe la manière dont les galets et le sable y sont disposés, et surtout quand on y trouve des coquilles i 2.

Les galets sont composés de calcaire, de schiste, de grès rouge, d’un porphyre rougeâtre , qui se trouve en place dans une autre partie de la rade de Plymouth, et de diverses roches qui proviennent des terrains de grauwacke des environs. La coupe représentée figure 20 a été produite par l’exploitation de la roche calcaire, dont on extrait une très grande quantité. On remarquera que l’ancienne plage c ne s’étend pas jusqu’en /*, où il paraît qu’il y avait autrefois un escarpement, de même qu’aujourd’hui il s’en trouve un, peu élevé, qui borde le rivage actuel. L’ancienne plage et une partie

i Le professeur Sedgwick m’apprend que le révérend R. Hennahluia fait remarquer depuis plusieurs années cette ancienne plage, et qu’il en a parlé dans sa description des calcaires de Plymouth.

a Je n’ai pas eu le bonheur d’en voir autre chose que des fragments, qui probablement appartenaient à des patelles et à de petites né rites. Ces derniers coquillages avaient conservé leurs couleurs, et ressemblaient aux nérites qui vivent maintenant sur la côte ; mais on a trouvé plusieurs centaines de coquilles dans une cavité remplie de sable qui existait dans le calcaire ; malheureusement elles ont été jetées par les carriers. Sous la citadelle, le sable est composé de fragments de coquilles.

ET l)1;1>n|S DE COQUILI.es SOULEVES. 197

de la montagne calcaire sont recouvertes par un gravier ou une rec e peu solide, aa, composée de fragments anguleux de calca.re qui évidemment n’ont pas été roulés par les eaux. Cette cir constance semble devoir nous indiquer l’époque du soulèvement de celte ancienne plage. On doit, en effet, se rappeler qu’en parlant de la degradation de la surface du sol, nous avons observé Ze Toute cette par 1e du Devonshire présentait un détritus superficiel provent de la destruction des roches inférieures. Or, les fragments anguleux de calcaire « dérivent de la partie supérieure de lamôn tagne ; leur poids, aidé par les agents météoriques, les a fait glisser sur la plage c; ils doivent aussi être tombés dans la cavité a' qui

« detsU ma LaU'deSSW ^ ^T'6" r‘Vage C’ ne COntient ni sab*e n’i galets, mais ressemble complètement aux fentes des carrières d’O-

leston, pres Plymouth, dans lesquelles on trouve des débris d’élé-

phants de rhinocéros et d’autres animaux ensevelis sous des frag-

7st élai'iT6 “T-11 d°nC natUrel de conclure cette plage était déjà soulevee pendant l’existence de ces animaux et

avant cette longue période pendant laquelle les montagnes ont été

inhè “T’ mam conslderablement dégradées par l’action de l’atmosphe e. Il semble en outre, résulter de ce qui précède, que la confi-

Ef" du Sol]de cftte Partie de la contrée n’était pas alors très dmei ente de celle qu on voit aujourd’hui.

Un examen détaillé de la côte, depuis le Hoe jusqu’à Tor-Bay

fi! ^ que confirmer cette opinion; on y observe, en une multitude

déveZn^ I01?”8?068 serablables a celles que nous venons de développer : ,1 est evident toutefois que ces circonstances doivent

meTIctueîlenta a qUa’Dt,té de,r0cbers d111 ont «é emportés par la er dctuelle, ainsi qu on peut le voir dans la figure 21.

Fig. 21.

Si a a représente les fragments anguleux provenant de la roche schisteuse dd, qui constitue une haute colline sur le derrière, et h une ancienne plage maintenant élevée au-dessus du niveau’ c f

j£)g ANCIENNES PLAGES

de la mer, et recouvert par le détritus a a , une coupe faite suivant la ligne 1 1 ne mettra à découvert que le détritus ; une autre coupe, faite suivant la ligne 2 2 , pourra ne montrer que le détritus ou le schiste, parce, que le fond de la mer pourra s’élever, comme cela arrive communément sur des plages telles que celle que nous considérons, où l’on voit le rocher saillir au milieu des galets. Si la mer forme un escarpement suivant la ligne 3 3, on obtiendra une coupe telle que celle du Hoe ; mais si elle met à découvert la section faite suivant la ligne 4 4, alors toute l’ancienne plage sera emportée, et il n’en restera plus de traces. On observe précisément toutes ces circonstances particulières sur la côte dont il est question. Au pied du mont Edgecombe, près Plymouth, les cailloux roulés sont recouverts par des fragments de schiste et de grès rouge. A Staddon Point, le sable est recouvert par des fragments de grès rouge compacte. Plus loin , vers le sud , sur la côte orientale du golfe, et presqu’en face du Shag-îtock, on observe la coupe représentée par la figure 22 , qui peut être ou non une ancienne plage recouverte par un détritus»

Fig. 22»

c, terrain fondamental formé de schiste argileux et arénacé ; b, détritus qui n’est en partie qu’une terre sableuse mêlée de petits fragments de schiste d’un diamètre excedant rarement celui d un schelling ou d’une pièce de six pences ; a, détritus composé de fragments anguleux , de schiste et de grès, de la grosseur d un œuf et au-dessus, mêlés avec d’autres d’une dimension plus petite.

D’après l’époque à laquelle la plage de Plymouth paraît avoir été, élevée , ce que nous venons de dire eût été peut-être mieux à sa place dans la section suivante; mais ce sujet est tellement lié à celui des élévations et dépressions alternatives du sol , qu’il m’a paru mieux de le placer immédiatement après les forêts sous-marines.

Ces deux classes de faits paraissent conduire aux conclusions suivantes, qu’on doit toutefois se borner, pour le moment, à regarder comme applicables uniquement aux localités que nous avons citées, et qu’il ne faut pas trop se hâter de généraliser.

1 . A une époque où les éléphants et les rhinocéros existaient

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peut-être dans ce climat , la configuration du sol différait peu de celle qui existe aujourd’hui. ^

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