GROUPE SU P R. VU B ET A CK
calcaire moellon, et qui est la pierre ordinaire à bâtir dans le midi de la France. Ce sont les couches supérieures qui contiennent en général la plus grande quantité de coquilles. Ces couches, ainsi que celles du milieu , renferment aussi des débris de mammifères , de poissons , de crustacés , d ’annelides et de zoophytes marins. Les mammifères terrestres, sont rares : ce sont principalement des dents isolées et un petit nombre d’ossements qui se rapprochent ordinairement de ceux du Palœotherium et du Lop hindou . Les couches inférieures ne contiennent qu’un petit nombre de coquilles.
4. Marnes argileuses bleues ? bien connues des géologues sous le nom de marnes bleues sub-apennines. Ces marnes varient beaucoup dans leurs caractères minéralogiques -, elles sont plus ou moins calcaires , argileuses ou sableuses , selon les localités. Elles ont presque la meme couleur*, elles ne varient que du gris verdâtre ou bleuâtre au bleu plus ou moins foncé. Leur épaisseur paraît dépendre des inégalités de la surface *, quelquefois elle est très considérable , tandis que dans d’autres endroits elle est très faible. Elles contiennent une grande quantité de débris marins, principalement de coquilles. Les mammifères terrestres et les reptiles y sont extrêmement rares. M. Marcel de Serres cite seulement un bois de Cerf, des ossements d’une Tortue de terre , et des vertèbres d’un Crocodile. Les mammifères marins et les poissons y sont aussi très rares,
ainsi que les débris de zoophytes ' .
Nous croyons devoir rapporter ici , d’après M. Marcel de Serres, la coupe des couches de Banyuls (Pyrénées orientales), à travers lesquelles le Tech a creusé son lit. Elle rappellera aux géologues les coupes des environs de Nice et d’autres localités de l’Italie. Nous commençons par les couches les plus élevées.
1 . Matières de transport , auxquelles l’auteur a donné le nom de diluvium des plaines : ce sont des cailloux roulés de roches primitives , agglutinés par une argile d’un brun rougeâtre chargée de gravier *, de 1 à 3 mètres.
2. Autre dépôt de détritus de transport, que l’auteur appelle diluvium des montagnes : il est distinctement séparé du précédent, et se compose de cailloux roulés, de granit, de micaschiste, de gneiss et de quartz, cimentés par une argile légèrement rouge et plus chargée de graviers que l’argile de la couche, supérieure. La grosseur des fragments roulés est aussi plus considérable j les plus
1 Marcel de Serres, Gèognosie des terrains tertiaires du midi de la France, 1819,
p. 69etsuiv. , R
Les débris organiques des marnes bleues seront indiques dans 1 Appendice m
GROUPE SUPRACRETACÉ. 283
petits sont de la grosseur de la tête. Ce dépôt a deux à trois mètres d'épaisseur,
3. Sables siliceux jaunâtres, présentant des parties solides. Leur puissance varie de quatre à six mètres. La partie inférieure contient des coquilles et des lignites.
4. Marnes argilo-sableuses très micacées, d’un gris bleuâtre, alternant quelquefois avec les sables jaunâtres supérieurs. Les coquilles y sont très abondantes. Leur épaisseur est de six à huit mètres.
5. Marnes argileuses bleuâtres et tenaces. Les coquilles y sont peu nombreuses, et le deviennent encore moins à mesure que l’on descend plus bas dans leur épaisseur, qui est inconnue.
D après la strücture de la chaîne des Albères, au pied de laquelle on trouve des couches de Banyuls dels Aspre, on suppose que ces marnes reposent sur des schistes argileux micacés. Les roches numéros 3 et 4 contiennent des débris de mastodontes , de daims , de lamantins, de tortues de terre et de requins, disséminés au milieu des coquilles marines : mais ils sont rares ‘.
Il y a dans cette partie de la France plusieurs dépôts de lignites, dont les époques de formation n’ont pas été déterminées avec autant de soin qu’on pourrait le désirer. Cependant M. Marcel de Serres montre que quelques-uns d’entre eux sont inférieurs à son calcaire moellon , et se trouvent probablement à la partie inférieure des marnes bleues. Voici une coupe prise à Saint-Paulet , à environ une lieue et demie du pont Saint-Esprit. Nous suivrons l’ordre de haut en bas :
1. Sables jaunâtres , calcaréo-siliceux, avec de nombreux débris de coquilles marines.
2. Bancs puissants de calcaire moellon , contenant un grand nombre de moules, de Cytherea , de Venus et de Cerithium.
3. Sables peu différents de ceux de la première couche avec beaucoup de débris de coquilles marines.
4. Alternatives de couches d’un calcaire compacte grisâtre d’eau douce contenant des Gyrogonites, de lignite terreux altéré et de marnes sableuses \
5. Calcaire compacte à tubulures sinueuses, avec Cerites ou Potamides et Paludines.
6. Marnes argileuses peu puissantes, avec de petites Huîtres .
i Marcel de Serres , Ge'ognosie des terrains tertiaires du midi de la France , Montpellier, 1829, p. 80.
a D’après M. Dufrénov, ees couches reposent, à stratification discordante, sur des rouelles qui sont des équivalents du grès vert. Annales des Mines, 1830, pl. v.