GROUPE S U PR ACR ETAGE
Dans les marnes calcaires avec petites huîtres .
Coquilles. Ostrea cochlearia (Lam.) (Desh. t. 1 . pl. 62. %. 3.)
— cyathula (Lam,) (Desh. t. 1 . pl. 54. fig. 1 . 2.)
— spatulata (Lam.) (Desh. t, 1 . pl, 62. fig. 6. 7. 8 et 9.)
— linguatula (Lam.)
Balanus.
Crustacés. Pattes de crabes.
Sables et grès marins supérieurs . Ils se composent de couches irrégulières de sables et de grès siliceux , dont la partie inférieure ne contient que des restes organiques brisés et en très petit nombre ; de sorte qu’il est impossible de supposer qu’ils aient vécu dans l’endroit où on les trouve ensevelis. Dans quelques localités, où les coquilles brisées sont les plus communes, on trouve des millions de petits corps marins auxquels Lamarck a donné le nom de Discorbites .
Dessables non fossilifères sont, dans plusieurs endroits, recouverts par un calcaire, ou un grès, ou une roche calcaréo-siliceuse remplie de coquilles marines, dont voici la liste :
Ol w a mitreola.
Fusus ? peut-être longoeaus.
Cerithium cristatum.
— lamellosum.
— mutabile.
Solarium.
Melania costellata (Lam.) (Desh. t. 2. pl. 12. fig. 2. 6. 9. I L)
- — indéterminée.
Pectunculus pulvinatus (Lam.) (Desh. t. l.pl. 35. fig. 15. 16.) Crassatella compressa (Lam.) (Desh. t. 1. pl. 5. fig. 3. 4.) Donax retusa (Lam.) (Desh. 1. 1 . pl. 17. fig. 19. 20.)
Cytherea nitidula (Lam.) (Desh. 1. 1 . pl. 21 1 fig. 3 à 6.)
— lœvigata (Lam.) (Desh. t. 1. pl. 20. fig. 12. 13.)
— elegans (Lam.) (Desh. 1. 1 . pl. 20. fig. 8. 9.)
Corbula rugosa (Lam.) (Desh. 1. 1 . pl. 7. fig. 16. 17.)
Ostrea jlabellula (Lam.) (Desh. t. I. pl. 53. fig. 5. 6. 7.)
Formation d’eau douce supérieure. Les caractères minéralogiques de ce dépôt sont extrêmement variables : quelquefois il est composé de marnes blanches, friables et calcaires, et, dans d’autres cas, de différents composés siliceux, parmi lesquels on distingue les pierres meulières , si connues, qui quelquefois sont dépourvues de coquilles, et d’autres fois sont chargées de Lymnées , de Planorbes , de Potamides , S Hélices, de Gyrogonites (graines de chara), et de bois silicifié.
GROUPE SUPRACRÉTACE.
Débris organiques de la formation d'eau douce supérieure.
Coquilles. Cyclostoma elegans antigua (Brong.) (Desh. t. 2. pi. 7. fig. 4. 5.)
P otamides Lamarckii.
Planorbis rotundatus (Brong.) (Desh. t. 2. pl. 9. fig. 7. 8.)
— cornu (Brong.) (Desh. t. 2. pl. 9. fig. 5. 6.)
— Prevostinus (Brong.) (Desh. t. 2. pl. 9. fig. 9. 10.)
Lymnœus corneus (Brong.) (Desh. t. 2. pl, 11. fig. 13. 14.)
— fcibulum (Brong.) (Desh. t. 2. pl. 1 1 . fig. 1 1 . 1 2.)
— ventricosus (Brong.) (Desh. t. 2. pl. 10. fig. 16. 17.)
— inflatus (Brong.) (Desh. t. 2. pl. 11. fig. 17. 18.)
Bulimus pygtnœus (Brong.) (Desh. t. 2. pl. 15. fig. 9. 10.)
— terebra (Brong.) (Desh. t. 2. pl. 16. fig. 5.)
Pupa Francii.
Helix Lemàni (Brong.) (Desh. t. 2. pl. 6. fig. 5. 6.)
— JDesmarestina (Brong.) (Desh. t. 2. pl. 2. 6. fig. 7. 8.)
Végétaux. Muscites squammatus.
Chara medicaginula (Ad. Brong. Descript. géol. des env. de Paris, pl. 11. fig. 7.)
— helicteres (Ad. Brong. ibid. pl. 11. fig. 8.)
Nymphœa aretliusœ (Ad. Brong. ibid. pl. 11. fig. 10.)
Culmites anomalus (Ad. Brong. ibid. pl. 1 1 . fig. 2.)
Carpolithes thalictroides (Ad. Brong. ibid. pl. 11. fig. 4 et 5.)
Les divers débris organiques que l’on trouve ensevelis dans les couches que nous venons de décrire montrent évidemment, ainsi qu’on l’a souvent remarqué, que l’espace compris dans ce qu’on appelle communément le bassin de Paris n’a pas été toujours soumis à l’influence des mêmes circonstances depuis le dépôt de la craie, mais qu’il y a eu, dans ce bassin, une alternative de trois dépôts lacustres ou d’eau douce, et de deux dépôts marins, desquels dépôts les premiers constituent la base et la partie supérieure de toute la masse. Il reste à chercher la cause probable de ces variations. En employant le mot bassin pour désigner cette réunion de dépôts supracrétacés, nous paraissons , ainsi que nous l’avons déjà observé , faire une supposition qui n’est rien moins qu’évidente. Les roches d’eau douce peuvent bien avoir été déposées dans des bassins , et probablement c’est ce qui a eu lieu; mais il n’en est pas de même des couches marines. Il paraît naturel de penser qu’il y a eu ici, ainsi que nous avons montré que cela était arrivé ailleurs, des mouvements du sol qui ont changé son niveau relativement à celui de la mer. Quand on examine la manière dont les divers dépôts sont arrangés entre eux , on voit qu’en les considérant en masse , ils ne reposent pas horizontalement l’un sur l’autre; mais que, d’après MM. Cuvier et Brongniart, leur surface a présenté, à différentes époques, diverses inégalités, à commencer par celle de la craie, où on observe des dépressions et des éminences. Sur ce sol inégal
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de la craie se sont déposés le lignite et l’argile plastique, qui ont ainsi, jusqu’à nn certain point, comblé quelques-unes des dépressions qu’il présentait. L’argile plastique a été recouverte par le calcaire grossier, qui a suivi plus ou moins les inégalités de la surface sur laquelle il s’est déposé. Au calcaire grossier a succédé le dépôt gypseux, qui indique l’absence de la mer et la présence d’eaux douces d’une profondeur variable. Postérieurement, il s’est formé un grand dépôt de sable , qui a recouvert les inégalités préexistantes , de manière à présenter une vaste plaine, et qui contient à sa partie supérieure un grand nombre de débris marins. Ensuite est survenu un nouvel état de choses : la mer a disparu , et des débris d’eau douce ont été de nouveau ensevelis dans les roches qui se formaient
Les circonstances mécaniques et chimiques qui ont accompagné ces dépôts ont présenté aussi des variations remarquables. Nous ne nous arrêterons pas à chercher si les inégalités de la craie ont été produites subitement ou graduellement , car nous n’avons pas encore à ce sujet de preuves bien décisives ; mais le dépôt de l’argile plastique ( proprement dite ) paraît s’être effectué lentement , bien qu’il soit possible que les détritus tenus mécaniquement en suspension dans l’eau aient été le résultat de quelque dégradation' violente des roches inférieures. Les sables qui recouvrent cette argile indiquent que les eaux avaient à cette époque un pouvoir de transport suffisant pour charrier du sable ; ensuite est venu un dépôt qui s’est formé, jusqu’à un certain point, dans des eaux tranquilles, et qui est composé de végétaux et de succin résultant de leur décomposition : la nature des autres débris organiques que l’on trouve dans ce dépôt indique que , dans l’origine , les eaux ne contenaient que des animaux d’eau douce ; mais , dans la suite , il est survenu dans les niveaux relatifs de la mer et du continent un changement qui paraît s’être opéré plutôt graduellement que d’une manière subite , car on n’observe aucune trace de courants d’eau violents 5. et il est résulté de là que des animaux marins qui existaient à cette époque sont vernis se mêler avec plusieurs animaux d’eau douce , qui, peu à peu, se sont accoutumés à vivre dans le même milieu que les premiers. Cet état de choses a cessé , et les eaux ont pris de nouveau une vitesse assez grande pour charrier du sable. A ce transport de sable a succédé la formation d’un dépôt calcaire : le carbonate de chaux provenait probablement en grande partie de la dégradation des roches plus anciennes; il était entraîné par l’eau, qui
1 Cuvier et Brongniart, Descript. géol. des environs de Paris.
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le déposait sur une étendue considérable. Il est évident, d’après la structure des roches qui constituent ce dépôt, que les matériaux dont elles sont composées étaient dans un état de division mécanique tel, qu’ils n’ont pas exigé de courant d’eau rapide pour leur transport 5 il est probable qu’ils se sont déposés pendant une période de tranquillité. Au calcaire grossier ont succédé des roches calcaires , qui sont remarquables par leur structure cellulaire. L’origine de ces cellules est inconnue ; mais il est probable qu’elles résultent de ce que, pendant la formation de la roche, la matière calcaire a enveloppé des substances plus solubles ou plus facilement destructibles qu’elle, qui, postérieurement, ont été entraînées par l’eau. Il est à remarquer que les cavités sont maintenant recouvertes d’un enduit de silex, avec des caractères tels , qu’il est presque impossible de ne pas admettre que la silice a été déposée sur les parois des cellules par un liquide dans lequel elle était auparavant dissoute.
Le gypse ossifère nous présente d’une manière bien prononcée un nouvel état de choses. Il existait quelque part dans la contrée des animaux singuliers, dont les genres sont actuellement pour la plupart perdus , et dont les débris s’empâtaient en quelque sorte dans le sulfate de chaux, dont il se formait alors des dépôts considérables. On est maintenant porté à se demander d’où pouvait provenir une si grande quantité de sulfate de chaux. C’est pour la première fois que cette substance se présente , du moins en assez grande abondance, dans les terrains de la contrée, et rien n’indique qu’elle se soit déposée au fond d’une mer, comme c’était le cas pour le carbonate de chaux du calcaire grossier j au contraire, comme elle ne contient que des débris d’eau douce et terrestres , il paraîtrait qu’elle s’est déposée dans des eaux douces. S’il en a été ainsi, il avait dû s’opérer préalablement un changement dans le niveau relatif de la mer et du continent ; et si le gypse provenait des sources de la contrée , ces sources ont dû produire au lieu de carbonate une grande abondance de sulfate de chaux. Cet état de choses a changé 5 le sulfate de chaux a cessé de se produire ou de se déposer en grande quantité 5 il est survenu de nouveau une variation dans le niveau relatif de la mer et du continent, et de là est résulté la formation de marnes avec coquilles marines. Pendant quelles se déposaient, il se produisait, au moins dans quelques endroits, des cailloux roulés auxquels se sont attachées des huîtres, et dont quelques-uns ont été percés par des coquillages foreurs. Ces dépôts se conforment plus ou moins à la surface sur laquelle ils reposent, et on n’y observe rien qui indique quelque mouvement d’eau
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particulier ; mais ils sont recouverts par une énorme quantité de sable, dans lequel les débris organiques sont brisés, et dont la masse a comblé les dépressions préexistantes de manière à former une surface plane. Ces sables paraissent indiquer l’existence, pendant une longue période, de courants d’eau, dont la vitesse était assez grande pour les transporter sur une étendue considérable. Vers la fin de cette période, les causes, de quelque nature qu’elles fussent, qui s’opposaient à l’enfouissement de restes organiques dans ces sables, ont cessé d’exercer leur influence, et des débris marins y ont été ensevelis en grande abondance. Enfin , pour couronner cette intéressante série de formation , nous trouvons un dépôt dont les caractères minéralogiques sont très variables , et qui contient des restes d’animaux et de végétaux dont les analogues n’existent aujourd’hui que sur les continents, dans des endroits marécageux, ou dans des eaux douces. Cette diversité de caractères minéralogiques est celle que Ton s’attend naturellement à observer dans un dépôt formé au fond d’un lac peu profond, et dans lequel pénètrent, sur différents points, des sources qui tiennent diverses substances en dissolution. Ce sont les restes de Char a, si communs dans ce dépôt , qui ont fait penser à MM. Cuvier et Brongniart que les eaux avaient probablement peu de profondeur, au moins dans une partie de ce lacq et cette opinion est fortement appuyée par les observations de M. Lyell sur les Chara du lac Bakie, en Ecosse. Pour produire des marnes calcaires friables, il 11’est pas nécessaire que les eaux soient chaudes 5 mais , à en juger par les phénomènes que présentent les sources actuelles, cette condition paraît indispensable pour les dépôts siliceux : car nous ne connaissons aujourd’hui aucun dépôt de cette nature qui se forme autre part que dans des sources thermales. Si les meulières et les autres substances siliceuses ont été ainsi produites (et il paraît difficile d’expliquer leur formation d’aucune autre manière qui soit compatible avec les causes existantes ), les eaux thermales qui les ont formées ont disparu, et il ne s’est plus déposé de silice dans la contrée ; circonstance qui semble montrer qu’il peut survenir dans le même pays, à différentes époques, de grands changements dans le pouvoir dissolvant de l’eau et la température des sources. Ainsi, en résumé, nous avons un grand dépôt de carbonate de chaux à l’époque du calcaire grossier, un autre de sulfate de chaux pendant la période des marnes ossifères , et enfin un de silice à l’époque de la formation des meulières.
GROUPE SUPRACR ÉTAGÉ.
Terrains supracrétacés de V Angleterre.
„ Comparons maintenant les terrains supracrétacés de l’Angleterre avec ceux du bassin* de Paris. On les désigne communément sous les noms suivants : Argile plastique ; argile de Londres ( London cia) ) ; sables de Bagshot ; formation d’eau douce de Pile de Wmht * enfin le crag , dont nous avons déjà parlé.
Argile plastique . Ce terrain ne ressemble pas au dépôt qui porte le même nom dans les environs de Paris : bien qu’il contienne çà et là des masses considérables d’argile qui sont exploitées pour différents usages, il présente des couches de cailloux qui alternent irrégulièrement avec dessables et de l’argile; ces couches, comme celles de même nom aux environs de Paris , reposent sur la surface inégale et dégradée du terrain de craie. Les débris organiques sont aussi, pour la plus grande partie, marins, bien qu’ils soient entremêles de débris d’animaux terrestres et d’éau douce.
Voici quelques indications de ces fossiles, d’après M. Conybeare.
UNIVALVES.
Injundibulwn echinatum (Sow. pL 97.) Murex latus (Sow. pl. 35.)
— gradatus (Sow. pl. 199.)
— rugosus (Sow. pl. 199.)
Cerithium Juniculatum (Sow. pl. 147.)
— intermedium (Sow. ibid.)
— melanoides (Sow. ibid.)
Turritella.
Planorbis hemistoma.